LIVRE DEUXIÈME
Oq se plaint souvent dans ces temps de ce que nous appelons la condition désorganisée de la Société : tant de forces régularisées de la Société accomplissent mal leur travail ; tant de forces puissantes qu’on voit travailler d'une manière dévastatrice, chaotique, tout à fait irrégularisée. C’est une trop juste plainte comme nous le savons tous. Mais peutêtre, si nous considérons cette question des Livres et des Écrivains, trouveronsnous ici pour ainsi dire le sommaire de toute autre désorganisation; une sorte de cœur , d’où et vers où toute autre confusion circule dans le monde.
Carlyle.
CONSIDÉRATIONS SUR L’ORGANISATION ’ LE FONCTIONNEMENT DU JOURNALISME CONTEMPORAIN
)stac!es apportés au développement de l’Antisémitisme par l’organisation actuelle de la Presse. — Ce que les Maîtres de la Pensée pensent de la vénalité de la Presse. — Pasteur,
LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
Jules Simon, et Mézières au Crédit foncier. — M. Le Trésor la Rocque. — La publicité du Crédit foncier. — L’Associât des journalistes républicains et le Chantage. — La fau monnaie des mots. — Différence entre la Réclame et le Ch, tage. — Une pantomime sociale. — Razzia et contre-razzia. Les députés qui touchent. — Un discours de M. de Lamarze — Les articles littéraires. — Journalisme d’hier et d’aujo d’hui. — Vieux et jeunes. — Quelques portraits de journaliste M. Francis Magnard, Paul de Cassagnac, Sarcey, Henri I chefort. — La fin de Thraséas. — Paul Strauss ou le laïci teur pour les autres. — Séverine et Violette. — Le socialis du Boulevard. — La figure que prendrait la Charité si elle c , cendait sur la terre. — Le rire de Cyp.
Une des causes qui ont le plus contribué à enti ver les Antisémites dans leur œuvre de salut est : résistance qu’ils ont trouvée dans une Presse qui, st des exceptions bien rares, vit des subventions d’Isra Cette question de la Presse revient toujours sc: notre plume, et, par le fait, elle est la question vita Les Français ne pensent plus, n’ont plus le temps : penser, ne savent plus penser ; ils ne pensent que pi leur journal, ils ont un cerveau en papier. Si j hommes qui fournissent ce papier sont vendus, qui : devine le désordre intellectuel et moral qui s’ensuive Quand vous aurez bien compris l’organisation de: Presse, c’est-à-dire le fonctionnement de la Pensée g nérale en France, vous saurez sur votre temps tout : qu’il est nécessaire d’en savoir. Quel remède voule vous donner à un malade qui est pris par la tête?
Pour voir bien ceci, il vous faut faire ]e contraire : ce qui se fait, ne pas vous arrêter tout d’abord as petits cancans, aux racontars , aux négociations me quines des entremetteurs. De quelle importance est! que ce reportercrotté d’hier soit devenu millionnai: en quelques années parce qu’il a couru de journal ] journal distribuer la sportule d’un établissement finecier? Chacun connaît son histoire. Tout jeune et soi- Irant fort de la maladie d impécuniosité, il se promen l
nélancoliquement sur la terrasse de Saint-Germain, orsqu il entendit quelqu’un qui parlait en mauvais ermes d’une parente de M. Christophe ; il provoqua ce [uidam. Christophe apprit la chose et, pour récompener celui qui avait pris la défense de sa famille, il lui onfia la publicité du Crédit foncier ; notre homme ;agna à ce métier deux millions, un château aux envions de Paris, une villa à Trouville et toutes sortes de tiens encore...
Il y a des choses comme cela dans la vie parisienne, /homme chargé depuis quelque temps des rapports es princes d’Israël avec la Presse, à l’époque où, après
i retentissement européen de la réunion de Neuilly, e service fut réorganisé, était au Comptoir d’escompte u moment de la catastrophe. L’écroulement, on le sait, it déterminé par l’ordre envoyé par le gouvernement asse de verser vingt millions provenant du dernier mprunt. Quelque temps après arrivait une dépêche ai donnait contre-ordre ; l’employé malin jugea les vénements tels qu’ils étaient, garda la dépêche, ne révint pas Denfert-Rochereau et le laissa se tuer... es princes d’Israël récompensèrent cet homme intelg’ent en lui créant une magnifique situation.
Parmi les confrères qui se sont acheté des maisons e ville et des maisons de campagne avec les remises
ii leur étaient faites sur l’argent versé aux journaux ir les sociétés financières pour tromper les gogos et ur prendre leurs économies, nous comptons d’excelats camarades avec lesquels nous avons plaisir à aviser et à dîner. Les attaquer serait tomber dans un ivénalisme tout à fait provincial et qui nous couvriit de ridicule.
Ce qu il importe de rechercher, c’est l’attitude qu’ont s Maîtres de la Pensée, les pouvoirs intellectuels visvis de ces vilains trafics... Que pense un grand vant, un philosophe célèbre, un critique éminent de tte vénalité de la Presse?
L allaire du Crédit foncier, qui a fait tant de bruit ii y
LE TESTAMENT d’UN ANTISÉMITE
a quelques mois, nous est une occasion propice de no renseigner sur ce point.
M. Christophe, gouverneur du Crédit foncier, est i de ceux qui ont le plus contribué à avilir la Presse, 1 de ceux qui ont le plus ouvertement, le plus cyniqi ment prodigué de l’argent pour acheter les conscienc< Il n’y a rien à ajouter à ce qui a été constaté à ce su dans le rapport de M. Machard et à la tribune de Chambre.
Qui trouvez vous parmi les collaborateurs de M. Chr tophe, parmi les administrateurs du Crédit foncit parmi ceux qui, conséquemment, ont dû être inforir des procédés de M. Christophe et les approuver pu qu’ils sont restés en fonctions?
Vous trouvez des hommes comme M. Pastei M. Jules Simon, M. Mézières...
Voilà, encore une fois, le point caractéristique.
Considérez, en effet, ce qu’est M. Pasteur. D’adi râbles découvertes lui ont assuré le premier rang ds la science. Il n’a point cherché à exploiter ces décc vertes, c’est possible, mais enfin il en a étérécompens on lui a voté une pension de 12,000 francs ; on a son crit pour l’institut Pasteur ; il a de la fortune perse nelle, une retraite ; sa fille a épousé un de nos confrèri M. Val lery-Radot, qui est un charmant garçon, for son aise.
Franchement la place de M. Pasteur est-elle de ces maisons si équivoques, si obscures, si douteun qu'on est obligé de mettre à la Presse un bâillon pour l'empêcher de parler? Quelles connaissances sj: ciales M. Pasteur peut-il avoir dans les reports auxqu se livre maintenant le Crédit foncier alors que sa se raison d'être serait d’être utile à l’industrie et à l’agi culture en prêtant de l'argent sur des propriétés?
On peut en dire autant de M. Jules Simon et M. Mézières. Quels rapports des livres sur le Dev ■' et des études sur Shakespeare et sur Gœthe ont-ils a" des tripotages de Bourse ?
Voilà donc des académiciens, des hommes qui reprémtent la Pensée en ce qu’elle devrait avoir de plus ésintéressé et de plus élevé qui approuvent qu’on corompe systématiquement cette Presse par laquelle eule une parole de vérité pourrait arriver à cette foule ui n’a plus le temps de lire les livres.
Il ne s’agit pas ici de cette publicité qui, ainsi que ous l’avons toujours fait observer, est parfaitement gitime et qui consiste à annoncer une émission, à in- )rmer le public que des guichets seront ouverts à telle eure, à tel endroit. Il s’agit d’empêcher les journaux e dire ce qu’ils savent et de supprimer toute critique. Il n y a pas d’équivoque à ce sujet. Il y a deux ans, dans le série d’articles fort remarqués, M. Charles Laurent îtreprit dans le Paris une vigoureuse campagne contre Crédit foncier. Que fitM. Christophe? Il acheta puiment et simplement le journal et mit à la tête de Paris 1. Canivet qui, avec M. Batiau, est un des distributeurs 3 la publicité du Crédit foncier. Au moment de la camigne du Matin contre le Crédit foncier, on put voir le avis célébrer sur tous les tons un établissement que aelque temps auparavant il attaquait de la plus vionte manière. Proudhon, Bastiat ou Karl Marx eussent é à la place de M. Charles Laurent qu’on eût agi :actement de même avec eux.
Voilà des actes auxquels se prêtent, auxquels s’asso- 3nt en réalité comme administrateurs du Crédit foncier îs hommes qui sont parvenus déjà à la vieillesse et ii n’ont pas de vices pour justifier leur conduite. Cela * les empêche pas, dans les séances de l’Institut, de re leurs turluts, de parler de l’honneur des écrivains, la dignité des lettres, et patati et patata...
Il suffit, d’ailleurs, de lire le rapport de M. Machard (1)
1 ) Journal officiel, 29 juin 1890.
La réponse de M. Christophe au rapport de M. Machard, est olleurs intéressante.
moment du procès de Numa Gilly à Nîmes, M. Alphonse de )thschild avait déclaré que les Compagnies de chemins de fer
LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
et Fessai de réfutation de M. Christophe pour se cc vaincre du caractère ignominieux de cette publicité c s’est élevée à vingt-deux millions en quelques a nnc et qui va toujours en augmentant.
Les subventions à la presse, dit M. Machard, dépasst 1,600,000 francs en moyenne par an. Elles vont toujours augmentant et ont atteint 2 millions pendant chacune ■: trois dernières années; encore conviendrait-il d’y ajouter . subventions spéciales allouées pour toutes les émissions d< s’est chargé le Crédit foncier (Bons de l’Exposition, Bon lots, etc.). Nous n’avons pas à examiner cette publicité acc soire dont les dépenses n’ont pas été payées au moyen ressources propres de l’établissement.
Sans doute, le Crédit foncier, établissement privé bien < sous la surveillance de l’État, est libre de déterminer même dans quelle mesure il lui convient de recourir à la blicité, pourvu que ces dépenses soient régulièrement aut< sées, exécutées, et qu’elles soient imputées sur les comp qui doivent les supporter.
Au lieu de se faire au guichet, ces payements se f< avec toutes sortes de mystères comme des payemel d’ag-ents secrets. M. Christophe le reconnaît lui-mêi:
n’avaient distribué aucun argent à la Presse au moment des ci ventions, alors qu’il aurait suffi d’ouvrir le livre de comptes < journal pour avoir la preuve du contraire, alors que, dans les sa de rédaction, les directeurs parlaient de cela ouvertement con d’une affaire très ordinaire. La répons e de M. Christophe démor ce que tout le monde sait d’ailleurs, que les Compagnies distribi des subventions aux journaux pour les empêcher de prendre mains l’intérêt du public et d’attirer l’attention sur les abm: toute nature que commettent les administrations de chemin: fer.
«Je ne veux pas terminer sur ce point spécial, dit M. ÇhristO] sans faire une dernière remarque. C’est que les grandes Con: gnies de chemins de fer elles-mêmes, bien qu’elles soient assu d’une garantie d’intérêt, reconnaissent l’utilité du concours con et effectif de la presse et ne cessent d’y recourir. La réparti des allocations , sous les différentes formes qu’elles affectent , est dinairement faite danschaque Compagnie par les soins du secrét général, qui jouit d’un pouvoir très étendu. »
la presse et l’esprit public G3
On aurait pu, il est vrai, comme cela se fait dans beaucoup i e Sociétés, payer cette publicité au guichet ordinaire des ayements. Le payement aurait été constaté dans le livre des épenses, et le reçu aurait été classé, mêlé à toutes les autres ièces de dépenses de la journée. Il m’a semblé qu’il était héférable, pour toutes sortes de relisons de discrétion et de an ordre, de faire effectuer les payements de la publicité au i ibinet du secrétaire général, par un agent placé sous ses *dres et ayant sa confiance. Le secrétaire général reçoit, cet effet, du caissier principal des fonds dont il donne reçu’ son reçu est immédiatement transmis à la comptabilité i ;nérale. L agent placé sous les ordres du secrétaire général i jye aux journaux les sommes mensuelles qui leur sont attriîées, d’après les instructions du secrétaire général et d’après s listes arrêtées entre ce dernier et nos agents de publicité.
Quest-ce que la discrétion vient faire dans une uestion.de publicité ? Le propre de tout ce qui touche la publicité n’est-il pas d’être public ? Quelle honte le recteur d’un journal honnête pourrait-il éprouver à : que 1 on sache que l’on a fait chez lui une annonce de nt de lignes qui, après justification, lui a été payée
I prix? Les actionnaires n ont-ils pas le droit de savoir mment on emploie leur argent ?
Les précautions prises auraient dû démontrer aux iministrateurs qu il se passait dans l’établissement de rue des Capucines des choses ténébreuses et louches | .x quelles on regrette de voir mêlés des noms comme uxde Pasteur, de Jules Simon et même de Mézières.
II en est de même de tous les administrateurs. Voilà, r exemple, M. Le Trésor de la Rocque.
M. Le Trésor de la Rocque, que son nom semblait édestiner à s’occuper des questions de finance, a bliéun livre fort remarquable: Les Finances de la 'publique.
Il est impossible d’éplucher plus consciencieusement budget. L’auteur est implacable pour le moindre virent, pour la plus légère erreur dans l’attribution d’un ''lit- Ie lisant on dit : « C’est Sully lui-même. » Administrateur du Crédit foncier, M. Le Trésor de la
LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
Rocque ne proteste pas lorsqu’on fait figurer les < penses de publicité sur le compte des primes à amor Il est évident, cependant, que factionnaire est tron lorsqu’au lieu d’amortir des primes on emploie son gent à payer la littérature de M. Canivet et de M. Ra
M. Le Trésor de la Rocque a eu incontestablem connaissance comme administrateur des usages sinj liers auxquels on employait les fonds du Crédit fonci S’il avait été le comptable méticuleux qu’il affectait d’ô lorsqu’il s’agissait de disséquer le budget, il aurait ex la publication intégrale du budget de la publicit Publicité... publication... public... tout cela, encore 1 fois, a la môme étymologie ; tout ce qui est publia doit être publié et soumis à l’appréciation du public (
Vous avez vu ce que pensaient de toutes ces n propres opérations des hommes qui occupent les sc mets intellectuels ; demandons maintenant son opim au Journalisme pris dans son ensemble, au Journalis corps constitué.
Je vous ai cité dans la France Juive l’extrait, compte rendu du Journal officiel montrant à l’œui le maître-chanteur juif Eugène Meyer; je reproo
(l) M. Le Trésor de la Rocque, d’ailleurs, a eu sa partdar blâme discret que l’impeccable Rouvier a infligé aux admini:' teurs.
« Sans prétendre déterminer le chiffre des frais de publi que la Société croit utile à ses intérêts, j’estime que les dépe; de cette nature faites dans ces dernières années sont notabler: exagérées et devront être réduites dans une forte proportior pense, d’ailleurs, avec l’inspection des finances, que ces dépe; constituent des frais généraux à imputer au compte des profi pertes, toutes les fois qu’elles ne s’appliquent pas à des émiss’ en cours. En aucun cas, elles ne sauraient grever les empr: clos.
» J’ai la conviction, monsieur le gouverneur, que le conseil u ministration prendra, d’accord avec vous, toutes les mesure: cessaires pour que le Crédit foncier se conforme à ces principe Rouvier a raison. Soyez honnêtes et, après avoir commencé . un sou comme Christophe, vous aurez soixante millions cor 1 lui.
e passage pour qu’il n’y ait pas d’hésitation dans l’esrit du lecteur.
Meyer avait commencé par chercher à intimider par es articles dans la Réforme financière , mais ces arcles n’avaient pas produit le résultat attendu.
Que fait-on ? ditM. Albert Christophe. On réunit ces articles 1 un volume; on met ce volume en vente aux vitrines des araires. Une émotion assez légitime, assez naturelle, s’em- ■ ire de ceux qui avaient la conduite de cet établissement.
• Alors il se passe ceci ; 1 édition est achetée, le prix en est :é; une somme de trente mille francs est versée à l’auteur i livre .
La vente, effectuée par le payement, a été réalisée en ême temps par la remise totale des exemplaires. L’édition tout tière a été livrée, puis elle a été détruite par ceux auxquels e avait été cédée, et il ne reste plus, vraisemblablement, ce livre aucun autre exemplaire que celui que je possède. Un membre à droite . — Il a de la valeur.
M. Humilie. — Il faut le mettre en loterie î M. Albei t Christophe. Or, quels étaient donc, messieurs, les teuis de cette publication? Quels étaient les fabricants de - opuscule, ceux qui le mettaient en vente, ceux qui fuient le trafic honteux que je vous dénonce? Messieurs, ce ît ceux-làmêmes que nous retrouvons dans Je débat actuel ; sont ceux-là mêmes qui ont touché l’argent et qui ont stié cette vente, ce sont ceux-là mêmes qui se sont ensuite vis de cet argent pour vivifier et faire prospérer le journal Lanterne.
éoilà le fait que je livre à votre appréciation sans y aj outer ' un commentaire. Voilà le fait que je puis, sans excès de ?age, appeler un acte de chantage financier (1).
Voilà donc le chanteur pris sur le fait, mettant un urne sur la gorge d’une société financière et se faidonner 30.000 francs pour se taire. Il devient alors défenseur ardent de ce Christophe qu’il attaquait violemment, il en a tiré des sommes énormes 3,000 francs, a dit un journal) et rien n’est plus amut que de voir avec quelle indignation il flétrit
'Journal officiel, 2 juillet 1879 .
Edwards et le Matin pour se permettre à leur t( d’attaquer le Crédit foncier.
Le MATIN et le FONCIER
La campagne de baisse. — Les jours de répit du directe'
du Matin.
M. Edwards continue dans son journal, le Matin, la ci pagne contre le Crédit foncier; le but qu’il poursuit, la 1 terne l’a déjà indiqué, la baisse des titres, afin de pou racheter au plus bas cours possible les actions qui vendues.
Cela est tellement visible que les jours où la Bourse fermée, comme le lundi de la Pentecôte ou le dimam M. Edwards n’a rien à dire, curieuse coïncidence. Samed annonce qu’il donnera deux jours de répit au gouverneu: Crédit foncier.
Cette outrecuidance est vraiment par trop plaisa M. Edwards suspend sa campagne pendant deux jouis p; qu’hier c’était dimanche, et qu’aujourd’hui 16, jour de li dation pour les valeurs de quinzaine, on ne s’occupe beaucoup en Bourse des valeurs qui ne se liquident qu’à h du mois.
On ne dévoile pas plus naïvement le but peu avouable l’on poursuit (1).
Prenons maintenant Y Annuaire de la Presse c autre Meyer : Meyer-Avenel. Ce Meyer-Avenel opéi on le sait, avec Proust dans la fameuse loterie des i décoratifs et il eut à ce sujet un procès qui futfécom étranges révélations. Quant a Proust, il a évité c soin, lui aussi, de fournir les comptes qu’on lui den dait. La loterie avait été autorisée à quatorze millio douze millions de billets à un franc furent placés € total des sommes versées fut de cinq millions huit < mille francs seulement. Un ancien ministre des Bef Arts qui aurait eu le souci de son honneur aurait 1 à donner jusqu’au dernier centime l’emploi détaillé six millions deux cent mille francs qui constituaiei
(l) Lanterne, 17 juin 1890.
iiférence entre les billets placés et les sommes versées, ‘roust s’abstint de tonte explication.
Quoi qu'il en soit, Meyer- Avenel a publié l’an dernier n Annuaire de la Presse qui est utile comme livre ocumentaire.
L’association syndicale de la Presse parisienne figure n tête du volume. « Ce syndicat, nous apprend l’auteur, uvert à toutes les opinions, a pour mandat exclusif de eprésenter la Presse auprès des pouvoirs publics, de eiller à la sauvegarde de ses droits et à la défense des itérêts professionnels des journalistes. »
Voilà la composition du comité pour l’année 1890-91. MM. Adrien Hébrard [Temps), président ; Philippe ourde, président honoraire ; Edouard Hervé [Soleil), ice-président ; J. Reinach [République française), ecrétaire ; Marinoni [Petit Journal), trésorier ; Paul de lassagnac [Autorité], membre; Glémenceau [Justice), aembre ; Guyon [Patrie), membre; F. Magnard Figaro), membre ; Eugène Meyer [Lanterne), aembre ; Portalis [XIXe Siècle ), membre ; Victor iimond [Radical), membre ; P. Véron [Charivari), aembre.
Parmi les membres de ce comité, beaucoup sont une honorabilité absolue ; ils n’en siègent pas moins côté d’Eugène Meyer et ils l’appellent : « Mon cher ollègue. »
Vous voyez donc le Chantage reconnu officiellement ar la Presse française représentée par ce qu’elle a de lus élevé. Vous avez vu Mézières, ancien professeur, vant étudié Goethe toute sa vie, membre de l’Institut, pprouver Christophe lorsqu’il emploie à soudoyer la 'resse des fonds qui lui ont été confiés pour tout autre sage. Vous voyez M. Edouard Hervé, homme digne e toute estime personnelle, fort charmant de manières t se piquant d’une certaine distinction de sentiments, mdre cordialement la main à un maître-chanteur.
\ ous avez donc un document très précieux sur les lées régnantes en matière de Presse.
LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
C’est, d’ailleurs, de cette façon qu’il faut écrire l’h toire sociale. Il semblerait qu’un homme comme Wils fut beaucoup mieux armé que personne avec s 27,000 dossiers, pour montrer telle qu’elle est la socii présente. En réalité cet homme n’écrira jamais ri parce qu’il a l’âme abjecte. Nous autres, nous n’avc pas besoin de tout cela ; nous laissons même de ci nos notes personnelles, nous prenons un Bottin de nant la composition du conseil d’administration Crédit foncier, un Annuaire de la Presse , un numt du Journal officiel et nous écrivons un chapitre ( fait penser. Il y a des gens qui liront cela en provir dans des endroits tranquilles et qui se diront : « commence à comprendre ce que c’est que la Presse
Ceci n’empêche pas un tribunal de condamner temps en temps quelqu’un pour chantage comme le fu malheureux anarchiste auquel le président Toutée qui cette époque, n’était pas aussi connu qu’il l’est aujoi d’hui, reprochait à Morès d’avoir remis quelques su sides.
Si Morès, qui a la douceur dédaigneuse de tous 1 for ts, avait été d’humeur acariâtre, il aurait pu réponc à ce président : « Vous savez bien que cet anarchie est un agneau sans tache à côté des directeurs journaux plus ou moins décorés du signe de l’honne qui exercent cette lucrative industrie aux dépens c Sociétés financières. Si vous vouliez bien prendre peine d’étudier le régime économique actuel, vous vo convaincriez facilement qu’il serait absolument impe sible à ces directeurs de journaux de vivre honorab ment, d’avoir une maison bien tenue et de metl leurs enfants dans de bons pensionnats, s’ils ne livraient pas au chantage. »
Quant au président, s’il avait eu l’aimable franchi qui caractérisait les habitués du Bal des Vaches, aurait du répondre à Morès : « Vous avez parfai terne raison, monsieur, seulement tout est dans la façon faire les choses. »
Le Juif, en effet, a créé pour la société singulière qu'il a fondée un vocabulaire tout spécial, il a dénaturé le dictionnaire comme il dénature tout, il a fait de la fausse monnaie avec les mots comme avec les finances. Le Credo est devenu le Crédit exploité par des escrocs aux dépens des naïfs ; le mot action qui exprime l’effort d’un homme agissant s’applique maintenant à un morceau de papier inerte qui reste entre les mains d’un homme qui compte toucher sans rien faire. Un cheval qui a de « belles actions » est un animal élégant et vigoureux qui relève bien la tête et galope avec grâce ; un homme qui a de « belles actions » est très souvent un impotent dont les moelles sont à moitié vidées et qu’on promène dans une petite voiture.
Les Juifs ont inventé pour leurs vilaines négociations des mots-jetons, des mots à la fois insignifiants comme valeur intrinsèque et brillants comme les fiches nacrées des cercles, des mots qui n’ont qu’une signification conventionnelle et qui ne compromettent personne. 4vec le mot « sympathie », qui est un joli mot, on peut axécuter les opérations les plus sales.
Un Panama quelconque vient de se fonder. Le représentant d un journal arrive chez le secrétaire g'énéral ïhargé de la publicité.
— Je viens causer avec vous et établir un peu nos 'apports avec le journal. Je dois vous dire tout d’abord lue nous vous sommes très sympathiques...
— Croyez bien que c’est réciproque... Vous n’avez >as un tirage considérable...
— Est-ce que vous croyez encore au tirage? Nous te tirons pas autant que le Petit Journal , c’est certain, nais nous représentons une force... la force de l’honnêeté.. . C’est quelque chose par le temps qui court. .. Notre tirecteur a eu récemment une très belle attitude...
Enfin, mon cher ami, je suis obligé de me mouvoir îans les limites de mon budget, je ne puis pourtant pas ous traiter sur le pied de journaux comme le Figaro u le Petit Journal.
— Dans ces conditions-là, nous aimons mieux cor server notre indépendance...
Quelques jours après paraît dans le journal une nol vaguement inquiétante. « La nouvelle entreprise r semble pas justifier toutes les sympathies qui l’avaiei accueillie au début. Nos lecteurs nous écrivent de toi les côtés pour nous demander des renseignements à c sujet. Selon notre habitude, nous ne voulons rie affirmer qui ne soit absolument exact... Que nos le< teurs patientent ! Nous leur dirons bientôt la vérit< toute la vérité, rien que la vérité. »
Le directeur de l’entreprise rencontre le directeur d journal.
— Qu’est-ce que vous avez donc contre nous ?
— Mon cher, nous vous étions très sympathique mais votre secrétaire général n’a pas de sympath pour nous.
— Nous arrangerons cela.
Le directeur de l’entreprise dit à son secrétaire g' néral : « Donnez-leur ce qu’ils demandent. »
Le surlendemain le journal publie un interview avi le sympathique secrétaire général.
« Nous avons trouvé le sympathique secrétaire g nal dans ce cabinet de travail qui est un musée, entou de cartes et de plans (suit la description de la pièce), suffit de voir la figure rayonnante de celui qui nous r çoit pour comprendre que tout va bien (suit la descri tion du secrétaire général).
» En prenant congé de celui qui nous avait si cordi lement reçu, nous lui avons fait part des attaques do avait été l’objet l’entreprise à laquelle il donne le co cours de son dévouement... « Ah! s’est-il écrié, si » vous disais tout... Tous les journaux ne sont pas aur » désintéressés que le vôtre... Qu’importe ! le public j » s’y trompe pas. . . Il sait qui nous sommes et, pour no » défendre, nous n’avons qu’à dire la vérité... »
Des deux formes du journalisme actuel, la Réclame t le Chantage, chacune, d’ailleurs, a ses partisans et es théoriciens.
Un directeur de journal, appartenant à une famille ionorable entre toutes, brillant causeur et fort aimé Rns les salons, a fait souvent entre intimes sa profession ie foi à ce sujet. « Il y a deux systèmes, disait-il, la téclame et le Chantage. Je trouve pour ma part abomiable et surtout honteux d’abuser le public à l’aide de éclames mensongères, de tromper et de ruiner de auvres pères de famille qui ont eu confiance en moi, ui ont cru à ce que j’écrivais. Quant au Chantage, il ne l’inspire pas les mêmes répugnances ; je regarde omme parfaitement naturel de forcer des forbans à me onner une part de leurs prisés. »
Notre confrère agit comme il parle. Ce fut lui qui fit ne opération restée légendaire ; il contraignit le Paama à lui verser 160,000 francs d’un seul coup.
Les lâches, les bas intrigants, les lèche-fesses font de t réclame ; les impudents, les hardis, les gens de temérament font du chantage .
En réalité j’incline à admettre que le dernier procédé aut mieux. Notre journaliste aux 160,000 francs n’a as trompé les petits ; il a dit à de Lesseps et à sa ande: « Vous êtes des aigrefins et des chevaliers 'industrie (ce qui était absolument exact). Vous avez olé quatorze cents millions au public, faites-moi ma art ou je tombe sur vous. »
Arthur Meyer, lui, c’est le réclamier. Il savait, à ’en pas douter, la situation du Panama et il annonçait inauguration prochaine; il louait de Lesseps sur tous îs tons ; il engageait les pauvres diables à apporter là iurs économies ! Voilà l’homme que la bonne duchesse îcevait dans son intimité et que de Mun et Martimrey traitaient en ami !...
Les Juifs ont installé chez nous leurs mœurs de Béouins, et, si vous voulez bien voir la situation de la resse actuelle, il faut vous figurer une série de scènes
LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
qui feraient, d’ailleurs, une admirable pantomime s( riale pour le théâtre du Chat-Noir.
Le financier, faiseur de razzias, a surpris les moutor du prochain grâce aux réclamistes qui ont fait tombe les propriétaires dans une embuscade.
Il se met en route avec son butin, mais il n’est pi sans inquiétudes, car il lui faut traverser les gorges c l’Atlas, c’est-à-dire les parages du Boulevard.
Il aperçoit un nuage de poussière qui s’élève àl’hi rizon... Plus de doute ! C’est la contre-razzia...
Au moment où le convoi défile avec les toisons d’a* tionnaires, le journaliste s’avance et dit au financier « Halte-là! Il me semble que vous avez fait un je coup. Il faut faire la part aux amis ou j’attaque... » E parlant, il fait claquer la batterie de son fusil dama quiné et il laisse parfois son chien aboyer un peu. «Es il vrai que...? Qu’y a-t-il de fondé? »
Le faiseur de razzias capitule, on rappelle le chien le convoi continue sa route.
Dans le lointain on entend des clameurs confuse des cris : « Arrêtez-le ! » Ce sont les propriétaires d< moutons qui courent après le voleur...
On finit par arriver jusqu’au cadi.
Le cadi n’opère pas sur les grands boulevards ; vê . de noir ou de rouge et plein de dignité, il est tranqu lement installé sur la rive gauche et il attend les évén ments. Quand les possesseurs de moutons ont fi; irruption dans le prétoire, il interroge sévèrement: ravisseur.
— Vous avez beaucoup de moutons, monsieur?
— Monsieur le président, j’en ai quelques-uns, ma j’en aurais bien davantage si ces coquins de journ listes ne m’en avaient pas enlevé un bon tiers dans : trajet du faubourg Montmartre à la Madeleine... Il en avait notamment un grand, avec des petits yeux <i vrille, qui trouvait que je ne lui donnais jamais assez
— Ce sont des gens qui 'manquent de sens moral Que comptez-vous faire de tous ces moutons ?
•— Lë plus louable usage, monsieur le président; j en ai déjà offert une partie aux corps constitués de notre belle t atrie . a Son Intégrité le garde des sceaux aux Illustrissimes sénateurs, aux Honorables députés! Les plus beaux, ceux dont la toison est la plus souple sous la main qui caresse, sont chez vous, monsieur le président. D’autres, moins gras, mais luisants encore, sont chez vos dignes acolytes...
Ces procédés vous font honneur... Nous vous acquittons avec éloges et je ne doute pas qu’une distinctionhonorifique...
— Merci du fond du cœur, monsieur le président mais c’est ma troisième opération et je suis déjà commandeur.
— Eh bien 1 restez-le ! C’est un grand honneur pour ’Ordre.
L homme a la razzia s en va dans son château ; il vit à dans un luxe seigneurial, chasse à courre, donne les fêtes , un jour il dit a sa femme « Mets notre enant chez les Pères. C’est très distingué... Tu leur poreras un mouton de ma part. »
Le bon religieux, qui est généralement assez bien nformé de ce qui se passe dans le monde, n’est pas ans quelque inquiétude sur l’origine de ce mouton, aais il se dit : « Après tout, je n’étais pas là quand ce aouton a été pris; d’ailleurs il y a un bref papal qui ecommande d’être réservé sur les questions de restitu¬
ée pour ne pas alarmer inutilement les consciences; 'alarmons pas la conscience de cet homme ! Somme Rite, je préfère encore un homme qui m’offre poliment n mouton à ceux qui m’accablent chaque jour d’inires dégoûtantes et imméritées. »
Quand arrive la distribution des prix, le Pcre place ir l’estrade ce financier qui fait très bien avec sa craate de commandeur.
Quant aux volés, ils sont toujours là-bas au Palais de istice. Us ont été trouver un autre cadi ; ils ont fait o la procédure, ils ont dépensé leurs derniers sous
74 LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
pour faire écrire sur du papier qui coûte très cher d choses spécieuses qu’on ne lit jamais ; ils ont payé d hommes en robe pour venir faire devant le tribur des gestes de pantin que les magistrats ne regarde pas ; ils sont ruinés, ils meurent à l’hôpital, leurs fil] se prostituent pour manger... Quelques-uns de ces m heureux, reviennent devant un troisième cadi, m< cette fois entre deux gardes municipaux.
— Vous vagabondez?...
. — Je n’ai plus rien...
Et la loi du travail, vous la méconnaissez ?
— J’ai travaillé, monsieur le président, et le fruit mon travail m’a été volé par des financiers que vo avez acquittés parce qu’ils vous ont payé.
— Ah î mon gaillard, vous outragez la Magistratui Nous allons vous coller deux ans de prison : quir jours pour vagabondage et deux ans pour outrage. C deux peines ne se confondront pas entre elles.
Tout cela est utile à regarder car on ne comprenc bien la politique de ces dix dernières années que, lo qu’après la débâcle définitive, on aura pu pénétrer di l’intérieur de ces grands établissements qui cachent soigneusement leur comptabilité. Sans ces renseigi ments on ne peut qu’analyser très approximativem* la situation actuelle, et je m’explique que Taine lai écouler tant de temps entre les divers volumes de Origines de la France contemporaine . Pour le Pa il a les Archives et les Mémoires, mais, en ce qui en cerne le Présent, il en est réduit à une percept vague d’un état de choses très particulier sur leque: n’est qu’insuffisamment informé, et il craint d’écrir côté.
Ges établissements, en effet, ne rentrent dans r de ce qu’on a vu jusqu’ici; ils n’ont été prévus d;i aucune constitution, ils ont un caractère gouver: mental, car le gouvernement y puise pour ses enl: prises politiques et ses campagnes électorales et il
serait bien difficile de faire autrement Ce n’est drstvpp 1 800,000 francs de fonds secrets, sur lesquels U v a 800 a 900,000 francs de dépenses absolument administratives, que le gouvernement aurait pu tenir tête aux 8 millions qui ont été mis au jeu de divers côtés pour la campagne boulangiste. p
C’est avec l’argent du Crédit foncier qu’on a com-
Cour i? Bouiangisme et payé les juges de la Haute Cour, et c est cela qui a sauvé Christophe. Au moment
de ConsHn68 q0nds’ U De Se contenta Pas d’une lettre
cetteTet eX'faUne Iettre de Carnot lui-même et cette lettre lui sert aujourd’hui de talisman. Conslans
m fôrh qU<î de Succéder à Camot, n’aurait pas
monde fiHa “h -lnC ent “““ p!us Ioin’ Mais tout le de fit 1b chaîne pour éteindre l’incendie etLevesque
«UJ avait attaché le grelot, ne donna plus signe de vie et, comme Romulus, disparut dans la tem-
Tout le monde effectivement touche là-dedans Les ministres tiennent les députés qui, à leur tour, tiennent les ministres, pendant que les ministres de leur côte
uetiesTour niT’^ mensualités> !e “«yen d’arrêter tron loin ?°nservateurs qui voudraient aller
trop loin. A un certain moment on croit que tout va se
SS ma‘S °°mme t0US CGS Conservateurs
-t Republ cains, sont tous d’accord sur les questions
taut fimt toujours par s’arranger.
de, Lamarzelle s’étant avisé do monter sur ses
>édU foCnreVaUX ? d’atta(luer la Presse à propos du ™ °per' eu.‘ un “ome“t de succès à la Chambre,
es dénntf aSSe m rabattit vite lc caquet et avertit
sur Et' ÏK Prendl'e dCS mmeS aUStèr6S <Iui
L incident, du reste, est intéressant.
>wèi?il’m«°vnn,ieUr le. “iaistre, s’était écrié M. do Laes?aue vT, P°UV,eZ fairû <laelque chose, et la preuve »phc' ctuo il ', vous"“eme> dans votre lettre à M. Chris- P ’ gue Ies dépenses de publicité sont exagérées. Mais
le testament d’un antisémite
celte simple phrase de votre lettre ne me suffit pas! Com menti vos inspecteurs vous disent que le Crédit loncie achète les consciences à vendre, et vous vous contentez d.
répondre qu’on les paye trop cher !
Mais, direz-vous, quel remède puis-je apporter à cette si tuation? Youlez-vous que je vous en indique un? Publiez 1 liste de tous les journaux qui ont émargé. (Vifs applaudisse ments sur plusieurs bancs.)
Oui publiez la liste de tous les journaux qui émargent, ave les sommes en regard, et je défie dorénavant aucun de ce journaux d’attaquer le Crédit foncier. (Nouveaux applaudis
sements.) . , , ,
Je suis heureux de ces applaudissements qui partent d
tous les bancs de la Chambre. Ce n est pas une œuvre de p< litique que je suis venu faire à cette tribune, c est une œuvi d’assainissement à laquelle tous mes collègues doivent s assi cier. (Applaudissements à droite.)
Rouvier se contenta de répondre, avec son sans-gêr habituel, que c’étaient les mœurs du jour; que les jou naux des amis deM. de Lamarzelle touchaient comn les journaux républicains et que tout était pour
mieux. i
Les journaux ne prirent pas la chose aussi bien ,
répliquèrent à M. de Lamarzelle que les membres g Parlement étaient parmi les plus forts participants i ces distributions d’argent clandestines.
On ne me reprochera pas, écrivait le courriériste par.mentaire du Figaro , de glisser sur ce qui concerne les jov naux; mais on reprochera peut-être à M. de Lamarzelle : ne s’être attaqué qu’aux subventions de la Presse. Il y eu d’autres, beaucoup d’autres, et on disait volontiers dans i couloirs, voire dans la salle, que la Presse ne comptait c< pour un tiers dans les libéralités du Crédit foncier. Croy. vous sérieusement que tout l’argent soit allé aux journal N’y a-t-il pas des gens, des abonnés, qui reçoivent sr
écrire?
Pessard, qui a une compétence toute spéciale, prs qu'il fait partie depuis longtemps d’un syndicat de p
blicitô financière, traita les députés en homme qui les connaît.
Ces puritains ont fort approuvé la proposition de publier les noms des journaux qui ont fait de la publicité pour le compte du Crédit foncier. Soit. Mais publication pour publication. Nous dresserons à notre tour la liste des députés et des sénateurs qui émargent dans des Sociétés financières qui les acceptent à titre de paratonnerre contre les foudres légales. Nous rechercherons par quel prodige des hommes qui, le jour où ils captèrent la confiance du suffrage universel, étaient insolvables et hors d’état de payer les frais de leur élection mènent aujourd’hui un fort joli train, encore qu’ils n’exercent ostensiblement d’autre profession que celle de législateurs.
Sous ce titre, Les Parvenus du Parlement , Denis Guibert administra une volée de bois vert à Lamarzelle.
Il faut, en effet, un certain aplomb àM. de Lamarzelle pour oser demander à un mercanti comme Rouvier de faire œuvre de moralité en publiant le nom des journalistes qui touchent dans les sociétés financières. Le fondateur de la Compagnie auxiliaire des Chemins de fer ne sait même pas ce que c’est que la morale ; mais il convient de lui rendre cette justice qu’il n’affiche aucune prétention sous ce rapport.
Un homme était en position d’accomplir cette œuvre de salubrité publique. Celui-là était un monsieur haut sur cravate, posant pour la vertu, vanté par les feuilles conservatrices comme le représentant des principes. C’était un ancien magistrat, un ministre de l’Ordre moral...
Il était le liquidateur judiciaire d’une immense escroquerie qui a ruiné de fond en comble des centaines de petites gens. On pouvait espérer qu’un homme si solennel dirait enfin la vérité : il a donné quitus à des entrepreneurs dans des conditions honteuses; il a arraché cent mille francs aux malheureuses victimes et il est parti là-dessus pour se mettre au lit; il y est
78 LS TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
mort, du reste, peu de temps après et probablement il n’a pas emporté dans son cercueil les cent mille francs pour lesquels il avait vendu sa conscience...
Cet homme était M. Brunet, un amipolitiquedeM.de Lamarzelle. Pourquoi donc n’en a-t-il jamais parlé a la tribune? Pourquoi n’a-t-il pas demandé la publication des noms des hommes politiques et des journalistes qui ont touché des sommes folles pour tromper le public dans l’affaire du Panama?
Il est curieux que, toutes les fois que les députés, de la Droite parlent d’une vilaine opération, ce soit précisément les leurs qui aient joué là-dedans le rôle le moins
honorable.
Ce qu’il est impossible de contester, c’est que la Presse ne traverse en ce moment une phase qui n’esi pas brillante. Comme décomposition cela a été rudement vite. Daudet a parlé des « bateaux » qui transportaient des générations différentes. A nous, qui regardons du haut du quai de débarquement, il semble que ce soit tous les jours dimanche et que l’on multiplie le; voyages ; il y a des arrivées de bateaux toutes les cinc minutes et, ma foi, les derniers qui accostent trans portent parfois de bien singuliers passagers.
Reportez-vous à dix ans : on n’eût pas eu l’idée d( faire payer un article littéraire. La chose commence i se faire couramment aujourd’hui.
Un de mes éditeurs reçoit la visite du directeur dur grand journal. « L’article sur le livre de M. Drumon est prêt, il paraîtra demain ; seulement je viens vou: demander un service en échange... J’ai 2,000 francs c toucher, dans quelques jours, dans telle banque, poui publicité dans l’emprunt serbe ; ayez l’obligeance de m< les avancer. » L’éditeur avait envie d’avoir un article il avance la somme, il va à la banque ; l’autre n’avai absolument rien à toucher...
A un autre éditeur, on demande parfaitement 50( francs pour un article.
Un autre écrivain s est contenté de 300 francs, a coniition qu’on lui donnerait 10 francs toutes les fois qu’il prierait d’un volume de la maison.
t C’est conception du journalisme tout à fait disincte de celle que l’on avait jadis... Pour les Juifs cela )araît tout simple. Un petit Juif, qui n’est pas méchant t qui est riche de quarante millions, prend la direction ffecthe d un journal que je connais ; il s’empresse laturellement de flanquer à la porte, pour les remplacer •ar des Iouddis venus de différents pays, des écrivains ui étaient là depuis de longues années et qui se royaient assurés du lendemain; puis il fait venir le ritique musical, qui s’occupe en même temps des nouelles théâtrales. C’est un musicien de talent, qui a eu e grands succès et quelques chutes et qui, dans un élai très court, sera membre de l’Institut.
— Voyez-vous, mon cher, il faut que les théâtres endent. Vous dites du bien d’une petite actrice, elle 3us donne 200 francs ; une autre lit cela, est alléchée ;vous en donne 500... Vous y avez votre avantage et journal aussi.
Vous devinez 1 effroi que jette dans les bureaux de daction cette soudaine intervention du Capital qui a i névrose et qui tombe brusquement sur le dos de ■inus habentes qui ne s attendent à rien... L’exécution fait toujours à l’orientale, à la sémitique, car le Juif i peut admettre qu’un Chrétien ait un droit quelconque, n des rédacteurs dont je parlais plus haut avait lu, Ion 1 usage, son article devant le conseil assemblé, et 1 1 avait chaleureusement félicité. En allant s’asseoir à
place, il regarde dans sa case et ii y trouve sa lettre ; congé.
C est très gentil pour les jeunes gens qui courent les tés du boulevard, les premières, les courses, les lieux réunion du Tout-Paris ; ils trouvent toujours une ocsion et ils savent tant de choses qu’ils entrent où ils nient. Les vieux, au contraire, sont effrayés à la nsée d’annoncer à leur famille que la place est per-
le testament d’un antisémite
due; aussi sont-ils les plus terribles contre nous. G es le Cimbre qui voulait tuer Marius, le Gimbre vend comme esclave et qui a fini par trouver un emploi d bourreau public. C’est le pélican, si vous aimez mieu* Rien n’est plus cruel que le pélican : avant de se décidé à s’ouvrir le ventre pour nourrir ses enfants, il prêter ouvrir le ventre des autres, et il n’a nulle envie, pou vous faire plaisir, de sacrifier son pain pour servir
question sémitique. .
Pour entre-bâiller une porte de temps en temps, faut vous adresser aux anciens qui ont eu la chant d’arriver. Chez eux vivent encore certains sentimen d’hommes de lettres que la nouvelle génération ne coi naît plus : le respect de l’idée écrite, la notion du dre à la discussion qu’a l’écrivain véritablement digne c
Vous trouverez cela chez Magnard. Nul, a coup su, n’est moins antisémite. C’est l’homme de lettres-propn taire* il a connu les amertumes des débuts en : au’elles ont de plus âpre, et il goûte maintenant h joies de la fortune en ce qu’elles ont de plus comp e
de plus charmant. , .
Sans doute le bon sens qui caractérisé le directe:
du Figaro lui montre clairement que le régime an social au milieu duquel la France agonise ne peut pi subsister tel qu’il est, mais son optimisme d homi; heureux lui prouve, par d’excellentes raisons, que ( état de choses durera autant que lui : c estpréciséme ce lé°'er frisson capitaliste qui prête un attrait par cuber aux courts articles du Figaro. Le rentier se i connaît dans ce petit effroi passager qui apparaît < temps en temps à travers les lignes, et il est d autî plus rassuré qu’il sent que c’est un de ses frères en <i pitalisme qui lui apporte des paroles d’espérance. « Mi Dieu! répète-t-il avec Magnard, le système actuel n 3 pas parfait... il s’écroulera un de ces jours, mais ce sera pas sur nos têtes. »
Malgré tout, ayez besoin de répondre à une calom
un peu trop forte, de vous défendre contre une attaque un peu trop perfide, vous trouverez encore Magnard tel que je le vis vers 1867, camarade obligeant et lettré, curieux des discussions intellectuelles... Il était, en ces temps lointains, secrétaire de la rédaction du Grand Journal , et je publiais là un article sur le Palais-Royal. Il m’emmena rue de Fleurus en omnibus pour corriger mes épreuves et il me paya l’impériale; aujourd’hui il m’emmènerait peut-être dans son coupé, mais il ne me prendrait plus d’article...
Les plus belliqueux jadis sont tous comme cela à l’heure actuelle. Paul de Gassagnac a tenu vaillamment la campagne pendant plus de vingt années ; il a donné pas mal de coups d’épée et il en a reçu quelques-uns. Il a un journal qui va très bien parce qu’il répond exactement au besoin un peu niais qu’éprouvent certains Conservateurs d’entendre tous les matins prédire aux Républicains qu’on les réduira en chair à saucisses. C’est l’absinthe journalistique de gens pacifiques qui, dans la vie ordinaire, ne boivent que de l’orgeat et qui ont filé, sans réclamer leur reste, quand ils ont vu, sous la Commune, déboucher les premiers bataillons de Belleville...
Dans ces conditions, le directeur de Y Autorité ne demande qu’à être tranquille et il n’a nulle envie de se mettre toute la Juiverie à dos en prenant parti pour nous autres. Je n’ai pas à me plaindre de lui : il m’a fort aimablement inséré une longue lettre relative à l’affaire Marcel Desprez, et il me rendrait peut-être un autre office à l’occasion ; mais il est clair que Y Autorité nous est plutôt hostile qu’amie.
Le plus typique là-dedans, c’est cet excellent Sarcey. Il a découvert brusquement qu’il y avait une question sémitique par des lettres que des lecteurs lui ont écrites, et il a manifesté à ce sujet une surprise extrême et qui, d ailleurs, n’était pas feinte. C’est l’histoire d’un brave homme, entré au théâtre à sept heures par un temps superbe, et qui, tout à coup, s’aperçoit qu’il neige à gros
flocons. Pendant vingt ans Sarcey a été exclusivement occupé à voir marier Anatole avec Yictorine, et il est ébahi lorsqu’on lui raconte que pendant ces vingt ans les Juifs ont conquis Paris, accumulé les désastres et les ruines et excité des haines qui n’attendent qu’une occasion pour se manifester de la plus terrible façon.
Cette influence juive exerce ses ravages partout. Même dans un journal qui n’est pas d’esprit juif, vous trouvez le Juif toujours embusqué. Je puis vous citer Y Intransigeant. Nous comptons là quelques bons camarades. J’ai fait de Rochefort un portrait sincère et qui n’avait rien d’hostile ; nous avons des amis communs et il n’avait aucune raison de m’attaquer.
Seulement il y a là le Juif hollandais Yan Oven ou Yanhoven qui veille pour servir les rancunes d’Israël. Un parent de ce Yan Oven exploite la publicité des Semaines religieuses (1), tandis que Yan Oven luimême exploite la publicité judiciaire des feuilles qui n’ont pas de religion. Chargé du compte rendu des tribunaux à Y Intransigeant, sous le nom de Yarennes, ce Van Oven fils a déshonoré la Presse judiciaire, qui s’est maintenue longtemps assez impartiale et asses propre. Quand il vient prendre place au milieu de ses confrères, ceux-ci s’éloignent comme par un mouvement involontaire et font un peu de vide autour de lui.
Ce fut, on le sait, mon secrétaire, M. Bournand qui,
(l) J’ai déjà parlé à maintes reprises du trafic honteux auquel donne lieu le bulletin des petits journaux religieux, qui est presque partout accaparé par les Juifs. Il y aurait là-dessus des pages véritablement trop tristes à écrire.
« Nous pourrions à ce sujet, dit la Croix , révéler des choses étranges sur l’action des Juifs au sein des journaux qui hantent tant de presbytères. Dans un de ces journaux, un rédacteur nous disait : « Sur vingt rédacteurs, nous sommes sept Juifs ». En un autre journal, très lu en Bretagne, un des me-illeurs journaux conservateurs, du reste, la chronique religieuse est écrite par un Juif, et c’est à un Juif que passe toute la correspondance sacerdotale. »
dans un duel funeste, fut un des témoins de l'infortuné Dupuis. Des que j’appris qu’il était mêlé à ce débat, je lui envoyai un téiégramme dans lequel je lui recommandais d arranger 1 afiaire à tout prix. Ce télégramme qui précéda la rencontre de quatre jours, a été remis au juge d instruction , il était au dossier avec le timbre du bureau des postes et télégraphes qui en certifiait la date.
Que fit le Van Qven? Il osa imprimer que c’était moi qui avais poussé au duel, qui avais été la cause déterminante du duel.
Un Juif n est jamais pris. Van Oven aurait pu prétendre qu il avait rendu compte du procès sans y assister et qu il était à la Bourse à ce moment-la. Pourquoi n’at-il pas rectifié son mensonge lorsque, dans un sentiment de bonne confraternité dont je le remercie, le Figaro a publié les pièces qui prouvaient jusqu’à l’évidence que j’avais tout fait pour empêcher cette fatale rencontre ?
Il en fut de même avec Morès. Ce que Morès a dépensé d’argent pour faire réussir la candidature, à Toulouse, de Susini, l’ami àe Y Intransigeant, est inimaginable. Si un journal avait dû se montrer favorable à la victime des haines de Gonstans, c’est assurément le journal de Rochefort ; or, Y Intransigeant publia de ce procès le plus venimeux et le plus faux des comptes rendus (1).
La chose était tellement écœurante, qu’un des rédacteurs de Y Intransigeant, qui doit être un de nos amis, mit en première page quelques lignes aimables pour ce gentilhomme devenu le défenseur du Peuple et calomlié par un Juif dans un journal qui se dit socialiste.
En lisant ceci, Rochefort éprouvera certainement un mouvement de dégoût ; je tiens d’ailleurs à sa disposiion le numéro du Figaro qui prouve l’infamie de Van
^ (1) Morès m a communiqué Je compte rendu sténographié de >on procès, qui ne ressemble en rien au compte rendu de Van Oven.
84 LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
Qven; il s’écriera : « Qu’on flanque ce youtre à la porte 1 » Mais Vaughan est l’argentier de Rochefort depuis longtemps, il le connaît, il dira à Van Oven: « Laissez passer la tempête. » Rochefort aura envie d’un Van Ostade ou d’un vieux bahut et Vaughan profitera de l’occasion pour insinuer doucement : « Si nous gardions Van Oven, il nous fait faire des affaires... (1) »
En fait d’argent, Rochefort pense comme Eugène Sue. L’auteur des Mystères du Peuple et autres romans socialistes avait ordonné a son domestique de savonner tous les louis qu’on lui présenterait afin de ne pas se salir les mains à leur crasse. Rochefort sait bien que l’argent que lui apporte Vaughan vient généralement d’opérations de publicité assez malpropres sur le Panama et autres sociétés financières ; aussi fait-il laier cet argent avant de le toucher de ses doigts aristocratiques.
Quant aux journaux républicains, vous n’avez rien s en espérer. Le journalisme a revêtu là encore une forme particulière ; il est devenu une annexe de l’étai de choses existant ; il a deux couloirs : l’un communique avec la Banque juive, l’autre donne sur les bureaux du ministère de l’Intérieur.
Ici encore, l’étude est piquante et, pour y prendre plaisir, il faut avoir appartenu à un autre temps, avoii vu la figure que faisaient, il y a vingt-cinq ans, quel ques-uns des hommes qui sont là-dedans. C’est h dédommagement de la fatigue de vivre que cette impression, analogue à celle que Ton ressent en habitan longtemps un même coin de terre. Vous avez admire au printemps un arbre orgueilleux de son panache, s< dressant au milieu de fraîches verdures, et vous le re
(i) Vaughan fait aussi des affaires par lui-même; il avait fai acheter le Petit Lyonnais par Dillon et probablement Rochefor était un peu dans l’affaire, car dans ces cas-là, Rochefort n’hé site jamais; il dit : « Ce n’est pas moi, c’est Vaughan! »
trouvez en décembre tout noir, avec des feuilles souillées par la pluie à ses pieds, sous un ciel de suie, par un jour maussade et migraineux.
Certains hommes comme Ranc vous donnent une sensation identique. Il semble que cette vie soit un fragment retrouvé des livres de Tacite qui ont si fâcheusement disparu : la fin de Thraséas.
Dans ce fragment, on apprend que Thraséas n’est pas mort, comme on l’avait cru, victime de son amour farouche pour la Vertu ; il a été gracié au dernier moment et il a survécu au tyran qui l’avait proscrit ; seuement, en avançant en âge, il est tombé dans les plus Das emplois : le jour, il est attaché à la boutique d’un pœnerator qui a ses tables sur le Forum, entre l’arc le Fabius et le temple de la Fortune, et, le soir, il vide es cuvettes dans le bouge de Suburre où Messaline ivait sa cabine et sa pancarte sur la porte sous le 10m de guerre de Lycisca.
C’est l’histoire de ce malheureux Ranc. Sous l’Em- )ire, il apparaissait à tous comme un austère ; on vous e montrait au café de Madrid et on vous disait : « Teîez, ce gros à gauche qui rallume son cigare, il a bravé lésar et il a été déporté dans les déserts de la Lybie >our avoir regretté en causant avec Labienus les granleurs abolies de la race romaine. »
Aujourd’hui, l’infortuné est voué à toutes les répugnantes besognes. Ce monde du journalisme opportuliste et judaïque est véritablement l’écume du Paris itellectuel. Les uns tiennent des tripots ; les autres oient les fonds versés dans la caisse de l’association ar leurs camarades, et, après un court séjour à Mazas, n les retrouve sur le boulevard plus effrontés et plus ’ingants que jamais ; quelques-uns, comme le conseilîr municipal Strauss, ont été condamnés à deux ans e travaux publics pour désertion (1).
(I) Ce Strauss est naturellement un libre-penseur forcené et n grand laïcisateur. Seulement, il se garde bien de se laïciser ti-même.
85 le testament d’un antisémite
A chaque instant, un scandale se produit. Alors or fait venir Ranc pour essuyer tout cela avec son manteau de stoïcien qui est devenu une espèce de loque fétide. C’est à lui que revient la mission de parler, comme i dit dans un langage qui n’est qu’a lui : « au nom des intérêts moraux de la corporation. »
Pour bien voir l’abaissement de cet homme, il faudrait encore une fois se reporter à vingt-cinq ans eJ arrière, opposer le visage d’aujourd’hui au masqui d’autrefois, mettre en face de cet indulgent sourire di cynique le mouvement de lèvres flétrissant avec leque ces incorruptibles parlaient des corruptions de l’Empire Les fonds secrets ! Imaginez-vous quelqu’un excu sant les fonds secrets au café de la Renaissance 1 Ui
Gomme Crémieux, le député radical, il reste fidèle — et cec est à son honneur — à la religion de ses pères, il ne combat qui la religion de nos pères à nous. En ceci, le conseiller municips du IXe arrondissement est, d’ailleurs, dans la logique juive « Vous êtes, comme l’enseigne le Talmud, de la semence de bé tail, vous n’avez pas besoin de religion, mais moi je suis de 1 race choisie par Jéhovah et j’en ai besoin. Vous naissez, vor vous accouplez, vous crevez comme des bêtes, cela est parfai mais moi je tiens à ce que le représentant de Dieu intervienn dans tous les actes importants de ma vie. »
Les Archives Israélites du 27 novembre 1890 nous renseignent
ce sujet: .
« Un de nos confrères les plus en vue delà presse répub licaim disent-elles, M. Paul Strauss, membre du Conseil municipal t Paris, vient d’épouser Mlle Bernard. Le mariage religieux a e lieu dans la plus stricte intimité. C’est le grand rabbin Lehmani directeur du Séminaire israélite, cousin du marié, qui a donné domicile la bénédiction nuptiale. »
C’est toujours le mot d’Aurélien Scholl, quand il était antis mite: « Les Juifs sont libres-penseurs... dans la religion d autres. »
Vous voyez un candidat dans le IX% marié par le directeur ( Séminaire de Saint-Sulpice. « C’est un clérical, dirait la Lantern il reçoit des ensoutanés, des Vobiscum , des Pères omnia . » M. grand rabbin Lehmann vient bénir le mariage de son cousi c'est très bien !.. .
Faut-il que les Français de ce quartier soient vils pour en ôtarrivés à faire un tel choix !
3classé de beaucoup d’esprit et de peu de chance, Parles de Bussy, fut accusé d’avoir reçu quelques ibsides pour un petit journal de deux liards imprimé 'ec des têtes de clous sur du papier à chandelle. Banc ses amis donnèrent à cette occasion un joli concert. Remarquez que Charles de Bussy est mort à l’hôtal — ce qui démontre qu’il n’avait pas dû recevoir aucoup et qu on n a pas trouvé trace de son nom ns les innombrables petits papiers qui ont été publiés rès la chute de l’Empire — ce qui tendrait à prouver ’il n’avait rien reçu du tout.
Il y a quelque temps, ô dhraséas 1 vous avez eu aussi ug-er un des vôtres coupable de ce crime. Cette fois, l’y avait pas l’ombre d’un doute. Nous avons tous eu ns les mains, par les soins d’un ancien fonctionnaire ministère de l’Intérieur, les pièces autographiées et fac simile meme des reçus. Il n’y a pas de contation possible, puisque la décision même du comité •econnu le fait.
)r, c’est vous, Thraséas, qui avez pris la défense de icusé devant le comité de l’Association des journa- 6s républicains, c’est vous qui vous êtes énergiquent prononcé contre toute mesure d’exclusion, c’est ice a vous que cette exclusion n’a pas été prononcée, ns avez bien fait, d’ailleurs, puisqu’on aurait pu vous ondre que la plupart des journaux dans lesquels ;s avez écrit vivaient de cette manne ministérielle îotez que je ne jette en aucune façon la pierre à cet ivain qui continue à occuper dans la Presse une lante situation ; il a du talent, il a publié même à pos d’un de mes livres un article impartial et presbienveillant, et je l’en ai remercié chaleureuse» d. Il est évident que les journalistes qui défendent ouvernement ne peuvent pas vivre en se suçant le ce, et il me paraît infiniment plus honorable de ivoir de 1 argent d’un ministre de l’Intérieur pour ;enir sa politique, que d’en recevoir du Panama r ruiner le pauvre monde.
Ce que je me suis proposé, en crayonnant cet figure qui eut un certain relief à la fin de 1 Empir c’est de montrer l’incommensurable hypocrisie de tn ces Jacobins, leur côté coquin et menteur la fausseté i < leurs attitudes, c’est de dire à mes lecteurs. « Vo comme ces gens-là finissent ! » (1)
Parmi les écrivains nouvellement nés à la celebni ceux même qu’une certaine commisération pour Peuple semblerait devoir décider a combattre av nous contre la Ploutocratie juive ont peur de se v fermer la porte des journaux et prennent en toute oc sion la défense de la bande judéo-germaine.
Le nom de Mmt Séverine est de ceux que le put a appris depuis quelque temps. 11 y a vraiment df. le développement de cette individualité littéraire phénomène des plus curieux : la transmission a i élève par son maître d'un style, d’un accent très p
sonnel, d’un tempérament original.
Séverine, c’est Vallès lui-même, avec ce don de t duire directement une vision dans une page rapi. d’une puissance parfois saisissante, d’une intensité vie toute spéciale, sans avoir recours a ces tours force, à ces explorations pénibles dans le dictionnai à ces exercices d’équilibriste auxquels se livrent ; décadents. Chez Séverine, comme chez Va les, i
mots, quelque vieux qu’ils soient, sonnent toujo
ro Au moment où Ranc fut élu sénateur, ce fut Eugène M; qui organisa un banquet en son honneur! Ranc y vint et y
n°Ce trait tous donne une idée du sens moral de la généra républicaine qui posait pour l’austérité à la fin de EjnP're. ; n’empêche pas les journaux conservateurs, le Gaulois , le * de publier des articles dans lesquels Ranc est représente coi-
un homme de bronze, , ,
Ces petits côtés de la vie parisienne sont amusants a ob.ei.
Sans avoir un caractère définitif, notre œuvre est un préo essai de classement et de triage qui aidera les historien l’avenir à voir chacun déjà mis en sa place.
LA PRESSE ET l’eSPRIT PUBLIC
omme des mots tout neufs, des mots frappés d’hier, ant l’écrivain les rajeunit et leur restitue toute leur aleur par l’emploi qu’il en sait faire.
La femme, en ce qu’elle a toujours de félin, de diploaatique et de rusé, se retrouve dans l’art infini avec 3quel Séverine, Jacqueline ou Renée excelle à parler es humbles et des souffrants sans désigner jamais les éritables auteurs du mal social, ces financiers juifs ui prélèvent des milliards sur le labeur des travailîurs, qui ont exploité sans pitié ceux qui n'avaient rien, t dépouillé, à l’aide de coups de Bourse ou de sociétés éreuses, ceux qui avaient réussi à économiser quelque hose. Comme à Venise, Portia cache encore sa taille légante sous la robe d’avocat, mais ce n’est plus pour rendre la défense du malheureux Bassanio, c’est our faire l’éloge de Shylock...
Mme Séverine est aussi instruite que nous sur les îonstrueuses exactions d’Israël, mais elle est visilement hypnotisée par la fortune des Rothschild ; elle st comme ces filles d’Ève que l’on aperçoit parfois au alais-Royal ou rue de la Paix immobilisées et comme n extase devant ces vitrines de joailliers où les penants d’oreilles et les colliers de diamant flamboient t scintillent de mille feux.
Dans les tableaux de misères populaires que Sévère réussit si bien, les baronnes juives apparaissent nijours comme des Providences terrestres, comme es aumonières infatigables vidant des bourses pleines ’or dans la main de petits enfants qui sanglotent attendrissement.
G est le Socialisme du Boulevard. Vous faites une izzia, vous raflez cent ou cent cinquante millions, armi les victimes, les unes se pendent, les autres se oyent. Le lendemain, vous envoyez bruyamment uelques louis à une souscription, et tous les jouraux vous couvrent de fleurs.
C’est le cri de Violette, une autre femme de lettres. L’hôtel des Rothschild, s’il n’était le palais du Bien-
LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
fait, serait le palais de l’Art lai-même et je sais que, la Charité descendait sur la terre, elle prendrait lei figure » (i).
Il n’y a pas à en douter, Violette le sait... Encore i sujet de féerie sociale pour le théâtre de Salis. Au fi marnent bleu, on aperçoit la divine Charité qui s’apprê à descendre sur la terre ; elle se cache un moment de rière un nuage pour quitter ses ailes ; tout à coup el apparaît avec des favoris sales, des yeux chassieux un museau de rat... Ce que Violette avait prédit e arrivé : la Charité a pris la figure de Rothschild...
Je reconnais que Mm# Séverine, qui est fine, m nie l’encensoir d’une main plus légère et que l’encei qu’elle brûle est d’un grain plus délicat. Il est probabl d’ailleurs, que si j’avais le plaisir de causer avec ell elle m’expliquerait que si elle ne donnait pas cette not ses articles seraient arrêtés au passage et que noi n’aurions pas le plaisir de les lire, — ce qui, en vérit, serait dommage.
C’est égal, quand on a lu Séverine et Violette, o aime entendre le rire joyeux de notre bonne Gauloii de Gyp, qui, sans flatter le Peuple à tout propos, i vraiment l’âme moins servile et le cœur un peu plu français...
(I) Echo de Paris , 14 novembre 1890.