LA VÉRITÉ
æ mensonge juif. — La goutte d’eau des tyrans de Padoue. — - Apparence de choses et caricatures d’hommes. — M. de Gavardie. — Laur ou le Compagnon du Tour de France. — A Nohant. — L’accaparement des sardinières. — La ruine d’une industrie française. — L’Anglais chez nous. — Seul de tous les membres de la Gauche, M. de Mahy a un peu de pudeur. — La question du pétrole. — Le Pacte de famine. — Ce qui se passerait au moment de la guerre. — Le monopole Hachette. — Un écrivain honnête. — Le Clergé sous la troisième République. — Ce que préfère la maison Hachette. — Spécimens de la littérature adoptée par une respectable maison bourgeoise du dix-neuvième siècle. — La Vénus de M. Catulle Mendès. — Quelques Zolatries. — Le discours de Maurice Barrés. ■ — La Droite vote pour Guyot, ancien rédacteur de la Lanterne, et acclame Messire Luc. — ■ Le millionnaire M. de Lanjuinais et ses amis abandonnent le pauvre écrivain catholique. — Les petites librairies de province sacrifiées. — Le triomphe du rut. — Rothschild maître absolu de la France. — Le drainage de l’or. — Une affirmation de Chirac. — Dans les autres pays les Juifs exploitent, en France ils trahissent. — Rothschild et l’Italie. — Les emprunts fantastiques.
« Apprenez à lire les journaux, échappez par l’effort e la réflexion libre à la manipulation, à la trituration ue le Juif opère sur vos cervelles ! »
Tel est le conseil que nous ne cesserons jamais 'adresser aux Français.
Ce n’est pas là seulement un conseil philosophique, est encore un conseil pratique.
, Ceux qui nous écouteront, ceux qui auront assez 'énergie pour réagir contre les stupidités qu’on débite )ntre nous, ceux qui mettront les livres ahtisémi tiques
108 LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
à la place où ils doivent être dans toute maison frai çaise, c’est-à-dire à la place d'honneur, non seulemei en seront récompensés moralement, mais encore mati riellement : ils éviteront les pièges dans lesquels ton beront leurs voisins.
L’effort que nous demandons est plus difficile qu’c ne croit.
On ne résiste pas à la parole constamment répéh par le journal.
On montre encore a Padoue, dans une riante vil entourée de verdure, la chambre de torture. L'Ital du seizième siècle avait épuisé là tous les raffmemen de son cruel génie. Il y avait des brodequins et d chevalets perfectionnés, un mannequin merveilleus ment exécuté qui ouvrait ses bras pour vous embrass et qui, soudain, vous pressait entre une triple rangit de pointes de fer... De tous ces supplices, cependant, ! plus horrible était la goutte d’eau... une simple gouh d’eau qui, de minute en minute, jour et nuit, tombai inexorable, à la même place, sur le crâne du patiet enchaîné ; elle perforait ce crâne, le trouait plus sûr ment qu’un vilbrequin.
C’est l’image de la Presse juive et de ce perpétil mensonge qui tombe goutte à goutte, toujours, sur 1; mêmes localités du cerveau.
Je me rappelle un jour l’étonnement de deux jeun: Américaines, deux ravissantes Japhétiques aux ye* clairs et regardant bien en face ; elles avaient lu ir: livres, elles avaient désiré me voir et on avait arran: un dîner.
En causant avec mes voisines, je comprenais bi: qu’elles avaient une arrière-pensée.
— Enfin, mademoiselle, qu’avez-vous ? demandai* à ma voisine de droite...
— Vous voulez que je vous parle franchement?]* répondit-elle avec un rire limpide.
— Certainement.
— Eh bien, voilà... je suis tout étonnée en caus)
vec vous de vous trouver si sensé et si doux... On l’avait dit que vous étiez un énergumène et...
— Vous attendiez un accès, n’est-ce pas? Que voulezous? J’aime le bon Dieu, la France, les pauvres... et i beauté quand elle est rayonnante et pure comme la 5tre ; or, ceux qui écrivent l’histoire aujourd’hui, ceux ai sont les maîtres des journaux ‘sont des Juifs de ambourg ou de Wilna : il n’est pas étonnant qu’ils ous représentent, mes amis et moi, sous de mensonères couleurs.
Il en est de tout ainsi. Vous ne voyez que des appa- ;nces de choses et des caricatures d’hommes. Vous ibissez sans comprendre.
Quelle idée se font les Conservateurs eux-mêmes de [. de Gavardie? C’était un brave homme, mais un grosque; il lui prenait des crises tous les jours vers îatre heures. A force de répéter cette plaisanterie les îifs ont fini par l’imposer. C’est le rire par imitation, rire machinal et simiesque ; c’est un peu ce qu’on îpelle « le rire au professeur ». Un professeur se livre une facétie qui n’a rien de drôle et tous les élèves ent d’un rire imbécile.
J’ai été très surpris moi-même lorsque j’ai vu chez oi M. de Gavardie. C’est un joli type de vieillard Ténéen, solide et svelte encore avec des yeux bleus armants, spirituel et aimable au possible. Quoique ns fortune, il s’est maintenu longtemps dans son arndissement où il avait à lutter contre une candidare officielle formidable ; il était toujours au premier ng pour combattre et il a empêché beaucoup d’iniités... Au moment de la première entrée au minis- ’e de Constans, il voulait proposer au Sénat une enète sur la moralité du nouveau ministre et éclaircir ffaire Puig y Puig ; il avait même obtenu pour son ojet de demande d’enquête la signature de M. Jules aion ; il fut honteusement abandonné par la Droite i refusa de le suivre.
LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
— Ah ! oui... vous répondront les Conservateurs. M. de Gavardie... A quatre heures... Il paraît que ce le prenait... — Et ils riront d’un air hébété...
Vous avez aussi le « Hanneton Laur », « l’interpell teur à jet continu », comme l’appelle la Lanterne q n’aime pas qu’on dérange les sales combinaisons di Youtres...
Élève de l’École des Mines, puis ingénieur en Algér et en Russie, Laur a conslamment vécu avec les ouvrie et nul n’est plus compétent que lui pour parler d« questions du travail.
C’est l’enfant de Nohant; ses parents habitaient . Nivernais ; ils étaient très pauvres ; ils furent heurei lorsqu’on proposa d’envoyer leur plus jeune fils comm secrétaire près de M. Robin Duvernet, un ami inthr de George Sand, qui était devenu aveugle. L’enfai vécut dans l'intimité de George Sand, copiant ses mnuscrits ou classant ses papillons, et souvent je me su amusé à interroger Laur sur ses souvenirs de Nohai et de Sand.
C’était bien la ruminante pour laquelle le travail itellectuel, si dur pour d’autres, était sans fatigue I qui, après avoir terminé un roman à minuit moins ! quart, en recommençait immédiatement un autre po: ne pas perdre le reste de la veillée. C’était Io elmême, la belle génisse du Berry ; quand elle était seu avec le petit secrétaire, elle se plongeait dans sa rêver intérieure, elle remuait les mâchoires, elle rumina, comme les bêtes; elle gniaquait si vous aimez mieu.
— Ce n’est pas joli, madame, lui disait l’enfant.
— Tu crois, mon petit ?
Elle s’interrompait et reprenait son gniaquemel quelques minutes après.
Quand l’enfant eut grandi, George Sand voulut qi fût un savant et elle fit venir de chez Hachette u: caisse énorme de livres de science qu’on lui mit pêmêle entre les mains ; on l’envoya ensuite à l’École d: Mines.
LA PRESSE ET L’ESPRIT PUBLIC lîî
Par bien des côtés, Laur est resté un personnage le George Sand, un ingénieur dans lequel il y a du Yançois le Ciiampi, du compagnon du Tour de France u du meunier d’Angibault. C’est un idéaliste de 48 qui manqué le train et qui arrive un peu en retard parmi 2S jeunes struggle for lifeurs du Palais-Bourbon.
Il est vraiment touchant de voir cet homme d’appaence chétive aborder avec une intrépidité sereine des uestions qui doivent soulever contre lui toute une aile de vendus.
L’homme est tout frêle. J’ai tâté un jour son bieps, il est en coton; il va tout de même; il arrive la tribune avec son petit carré de papier sur lequel y a quelques notes et dénonce les vols et les acca-
arements.
A côté de cela, vous voyez des députés de la Droite, rands cavaliers et grands chasseurs, habitués à tous :s exercices du corps et taillés pour tenir tête aux îeutes opportunistes et radicales qui sont mainteant accouplées, et qui hurlent ensemble dès qu’on juche à leur os ; il est impossible de rien obtenir des lus honnêtes : « Certainement... Certainement c’est n abus, mais nous n’y pouvons rien. »
Tant il est vrai que le vrai courage, celui qui vient de i noblesse de l’âme, est très différent de la force phvque.
Chirac, un de ceux qui ont le plus énergiquement Dmbattu la Juiverie toute puissante, est tout pâle et îmble n’avoir que le souffle.
Brel, les interpellations de Laur font beaucoup rire ;s journaux républicains. Je trouve, quant à moi, qu’il y a pas de quoi rire. Jugez-en par l’interpellation des
irdines.
Il existe sur nos côtes une population de 25,000 tarins vivant presque exclusivement, eux et leurs -milles, de. la pêche à la sardine. C’est une race vailnte entre toutes et chez laquelle la haine de l’Anglais
est héréditaire. Il s’agit de réduire ces braves gens l’état de serfs travaillant pour l’Anglais qu’ils détester et d’organiser un nouvel accaparement.
Le nombre des usines qu’alimente l’industrie sard nière est, d’après le prospectus de la société financièr dont Laur s’est occupé, de 109 ; sur ce nombre le chi fre des usines acquises par la société est déjà de 10! Ges usines sont situées sur les côtes de la Vendée < de la Bretagne ; elles constituent ainsi entre les maii des Anglais autant de points stratégiques d’une cons dérable importance.
Tenez, messieurs, dit Laur, j’ai sous les yeux une car représentant les 105 usines qui s’étendent depuis Brest jr qu’à Tile de Ré. C’est comme une suite ininterrompue ■: postes maritimes avancés. Ces usines sont établies au Sables-d’Olonne, à l’ile d’Yeu, à l’île de Noirmoutier, à BelJ Isle, dans la presqu’île de Quiberon, à l’île de Groix, et ju qu’à Camaret, à l’entrée de Brest; tous les points importai; de la côte sont occupés par des usines sardinières Càt comme un réseau de postes d’observation tout indique.
Je me retourne alors vers mes collègues et je leur dis : Çi empêchera le personnel de ces usines d’être anglais?
Vous me dites que le personnel des bateaux ne peut pj l’être; mais on cherchera toujours à tourner la loi français: c’est si facile I et alors usines sur la terre ferme, batea: au large seront et pourront être un jour à l’ennemi.
M. Hurard et plusieurs de ses collègues s’écrien: « Qu’est-ce que cela nous fait?» Il y a en effet un certg) nombre de députés, sans compter un ancien ministi, le nègre Hérédia, qui n’ont pas eu honte d’entrer da« le conseil d’administration d’une société anglaise cortituée, comme la société des Magasins des Granboulevards, en violation des lois françaises.
G’est là, en effet, le nouveau système juif, le demi’ cri, une invention de sir Henry Isaacs.
Vous voyez maintenant l’importance de cette qu(tion. Vous évoquez par la pensée toutes ces famillhonnêtes et croyantes qui vivent de la mer depuis d:
liècles et dont les conditions d’existence vont être jouleversées pour enrichir encore davantage quelques fuifs anglais et pour leur permettre de se payer des peites filles de sept ans sur le marché de chair humaine jui se tient à Londres.
Encore, pour comprendre tout à fait la question, audrait-il que je puisse vous donner in extenso la iéance telle qu’elle figure au Journal officiel. Gela serait un peu long et cependant cela vous intéresserait. £n dehors du discours de Laur, vous liriez le discours l’un Républicain moins corrompu que ses camarades, vï. de Mahy.
Ce discours a été prononcé après la clôture de la discussion et vous voyez pourquoi. La Gauche naturellement ivait été payée pour interrompre l’orateur et le rendre •idicule. M. de Mahy, par discipline, n’a pas osé se mêler lu débat, puis il a eu honte de lui-même, il a vu le rime de lèse-patrie qui se commettait et, sous préexte d’expliquer son vote, il est rentré dans la question.
Je crois qa’il est utile que l’opinion publique en France soit aisie de ces questions d’ingérence étrangère dans nos affaires. Très bien! très bien!)
Chacun de nous peut se rappeler qu’avant 1870 on n’adaettait pas que les ingérences d’outre-Rhin pussent, un jour u l’autre, être de nature à constituer un danger national, le qu’il en est advenu, vous le savez tous, messieurs; votre œur saigne, la France a été démembrée, nous avons perdu Alsace et la Lorraine ( Très bien! très bien!), et notre fronière a été rejetée du Rhin à la banlieue de Nancy.
Voilà ce qui s’est passé.
Aujourd’hui on nous dit que des sociétés anglaises colossales ont le droit de se fonder en France avec des immunités ne les Français eux-mêmes ne possèdent pas. Si elles ont ce roit (1), il faut que l’opinion publique s’en préoccupe et
(l) M. de Mahy se trompe. Ces sociétés n’ont pas ce droit du )ut. Seulement les fondateurs versent un pot-de«vin au minis- "e de la Justice en fonctions au moment de la création et on ne oursuit pas plus qu’on n’a poursuivi les administrateurs du ’anama.
LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
qu'elle oblige le Gouvernement à changer la législation à c égard ( Très bien! très bien!), car il n’est pas bon que l’étra gcr, sous un prétexte quelconque, ait un pareil pied en Franc
Messieurs, il est nécessaire que la France se préoccupe < ces choses. Vous le savez bien, on nous ferme nos débouch de tous côtés; nous ne savons plus où placer nos jeunes gen Ici, c’est une société anglaise qui n’accapare pas, mais q achète cent, cent cinquante usines sardinières dans les dépa tements de l’Ouest. Dans Paris, c’est une société anglai qui vient établir un grandissime magasin...
Quant aux députés catholiques, protecteurs nés c ces familles de marins qui ont conservé la foi d< ancêtres, qui font le signe de la croix avant d’alh exposer leur vie sur un fragile bateau pour assurer pain de la mère et des enfants, ils n’ont pas souff mot; ils trouvent que ces Juifs anglais et français, c; Eugène Pereire était dans l’affaire, sont dignes c toutes les sympathies.
.L’interpellation sur les pétroles est plus instructif encore; mais je connais tellement la débilité de cerveE des lecteurs français, leur impuissance à suivre lonj temps une question sérieuse, que je n’insisterai pas.
Une fois de plus a été mise en lumière par la produ tion de documents authentiques, fournis par un d< membres les plus dévoués de la Ligue antisémitiqu l’existence d’un syndicat organisant fictivement . hausse et la baisse, tombant par conséquent sous coup de l’article 419.
Grâce à ce syndicat, le pétrole, qui se vend à BruxelL 15 centimes le litre, se vend à Paris 65 et 70 centime
Depuis 1871, où commence la grande exploitatk juive, ce syndicat a encaissé un bénéfice de 600 million
Ce syndicat, s’écriait Laur, a gagné depuis 1871 sur l’Éta par l’écart du droit de douane, une somme que j’estime 200 millions, car de 1873 jusqu’en 1881, il y avait un dre plus fort que celui qui existe aujourd’hui.
Il a gagné sur le consommateur, par défaut de qualité, ur somme d’environ 200 millions.
IA PRESSE ET L’ESPRIT PUBLIC î 1 5
Il a gagné aussi par fraude. Mais j'indique ce gain pour
némoire.
Il a gagné enfin, par le bénéfice considérable qu’il a réalisé lans le commerce, environ 200 millions.
Par conséquent, ce syndicat, du fait môme de la loi de .873 et de celle de 1881, a prélevé sur la consommation française une somme de 5 à 600 millions, plus d’un demi-milliard, >u 50 à 60 millions par an.
Transportez ces chiffres du terrain aride de l'économe politique ou de la discussion parlementaire dans la rie réelle, et voyez ce qu’ils représentent dans l’existence des pauvres. Pour les ménages d’ouvriers, le pétrole est un objet de première nécessité comme le pain; c’est la lampe à pétrole qui éclaire les veillées d’hiver qui, parfois, aux environs du jour de l’An, se prolongent jusqu’au matin. Quand, au milieu de la semaine, on suppute ce qui reste pour arriver jusqu’à la paye, on compte tant pour le pain et tant pour le pétrole ; car le pétrole, c’est-à-dire la possibilité de finir la tâche commencée, c’est le pain pour la semaine suivante.
C’est sur ces humbles budgets que les accapareurs juifs ont prélevé un tribut de 600 millions, en maintenant à 65 ou à 70 centimes le prix du pétrole, qui pourrait se vendre 15 centimes à Paris comme à Bruxelles. Et ceci par une coalition formelle et dont Laur a fourni les preuves écrites, des traités d’accaparement photographiés que j’ai vus, de mes yeux vus. Ce tribut exorbitant prélevé sur les travailleurs, les prétendus chrétiens de la Droite l’ont jugé légitime et honnête.
Je vous laisse à penser, en effet, si les députés s’en sont donné à cœur-joie d’interrompre cette discussionlà. Kergariou lui-même s’en est mêlé... Vous savez bien, Kergariou qui s’écriait, au moment où Laur dénonçait le syndicat des Cuivres et annonçait un an à l’avance la catastrophe du Comptoir d’escompte : « Nous ne sommes pas ici pour discuter le prix des métaux. »
De quelque côté que vous vous tourniez, vous trouve-
1 J 6 LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
rez un syndicat d’accapareurs qui, pour réaliser d( gains plus élevés, n’hésitent pas à mettre en dangr F existence même de la Patrie.
Dans un substantiel article publié par la Revue socü liste (1), le Pacte de famine , M. Gustave Rouani démontrait, à l’aide de chiffres et de tableaux irréfi tables, qu’à la Fin de juillet 1890, Paris avait enmagasi pour six jours de vivres !
Au 31 juillet, dit M. Gustave Rouanet, les trois millioi d’hommes du camp retranché de Paris avaient, dans les entr pôts du commerce qui alimentent la capitale, 8,000 quintai de blé et74,000 quintaux de farine. Au 31 août zéro quintal de b et trois quintaux de farine ÎEtParis seul metait pas dans cet situation d’approvisionnement. La population urbaine de pn de vingt départements était à la merci du plus insignifiai accident survenu dans les arrivages. Pour les deux régions d Nord, où le déficit total delà production est de 9,500,000 qui] taux, il y avait en tout, dans les entrepôts qui alimentent ! consommation de cette population, 157,000 quintaux de b dans les magasins.
Les chemins de fer, en temps de guerre, étant pr pendant quarante jours par la mobilisation, vous vor figurez quelle aurait été la situation si, à la suite d’u incident imprévu comme l'affaire Schnœbelé, l’armé allemande avait franchi tout à coup les 15 kilomètre qui la séparent de Nancy. Vous devinez comme il sera facile de faire venir du blé d’Amérique, quand les mer seraient surveillées par les flottes de la Triple- Alliance auxquelles se joindrait probablement la flotte anglaise
C’est à ce beau résultat que conduisent ces associa tions de spéculateurs et d’accapareurs, que le gouvei nement entoure de toute sa sollicitude. Tout ce qi touche aux intérêts vitaux, à l’existence même du pay dépend presque exclusivement d’étrangers. L’importa tion du blé en France est entre les mains de onze indi vidus sur lesquels six sont notoirement étrangers.
(1) Revue socialiste (novembre et décembre 1890).
la presse et l’esprit public 117
Voici encore ce qu’écrit à ce sujet M. Rouanet:
On conviendra que l’alimentation de la France est entre
des mains singulières, quand on saura la nationalité de ces importateurs.
Voici en effet leurs noms avec leur nationalité : Ephrussi
2% J TThalmrn JrerGS et °e (^wssfens) ; Dreyfus frères et pe(/?) Louis Dreyfus et O (Français?); Negropontes (Valaque), Ledru et Qe (Français); Waller frères ( Prussiens ); Bemberg et O * (Allemands); Collet (Français); Herkelbont (Belge); Grands Moulins de Corbeil (??).
Nous avons classé sous la rubrique de deux points d’interrogation. ignorants, la nationalité des Moulins de Corbeil parce que naguère, M. Erlanger était à la tête de ces Moulins’ lin y est plus aujourdhui. Mais y a-t-il perdu toute influence?
Lest ce que nous ne savons point et dont nous doutons fort a vrai dire. ?
Sans doute, si Laur voulait porter une question de ce genre à la tribune, droitiers et gauchers seraient d accord pour faire du tapage et l’empêcher de parler. Mais il y a en France, j’en suis convaincu, des hommes pie le point que je viens de signaler intéresse, des oumers intelligents qui s’effraient de voiries destinées de a b rance dépendre absolument d’une opération à la îausse ou a la baisse traitée par onze spéculateurs qui • entendent pour ne pas laisser arriver le blé à Paris
(l) C’est précisément ce qui s’est passé l’été dernier.
« a spéculation, dit M. Rouanet, « calcula », supposa que la ré-
olte, qui s annonçait bien, serait magnifique. L’abondance de
ram amènerait une baisse de prix. Il convenait donc de ne pas
p se découvrir. Séduite par ses propres calculs (du moins c’est
i seule explication plausible que nous trouvions à sa conduite)
ie opéra a la baisse. En conséquence, elle restreignit ses achats
ÆentTn^^fh1 sesrése7es‘ Sur ces entrefaites, des orages
Sir” r‘“C0Up dS grain SUrpied> et Ies calculs des
imatér^ \rnZ 2 1fgerement déran£és par ces circonstances ima ér ques, qu ils n avaient pas songé à faire entrer en ligne de
21! nanS W COmbinaisons* » Mais ces messieurs sont les lanres du marché. A onze importateurs, ils peuvent, en se serin, prévenir les paniques et maintenir les cours; c’est ce qu»iJg.
Cette alliance de la Droite avec la Gauche, toutes 1< fois qu’il s’agit de protéger les monopoles, est vraimei la honte du parti conservateur.
Jamais peut-être cette complicité ne s’est affirma avec plus de cynisme que dans l’interpellation c M. Maurice Barrés, sur le monopole de la maison H chette.
On connaît déjà cette question, et je n’y reviendr pas au long. Je laisserai même de côté tout ce qui n concerne personnellement, pour m’occuper d’un aut homme de lettres.
M. Francis Bournand est un jeune écrivain, digi de toute estime. Au milieu de cruelles difficultés, élève honnêtement une petite famille, qui augmen plus vite que les ressources du ménage ne grandisser M n’est pas sorti d’un collège de Jésuites, il n’a rie reçu jamais du parti clérical, mais il a une profonde s fection pour sa mère ; sa mère est une brave chrétienn Bournand veut que ses enfants soient chrétiens, ; chaque dimanche il conduit sa fillette et son garçon: la messe.
La fortune, jusqu’ici, n’a pas souri aux efforts de : courageux; il a écrit des volumes entiers sur le Salo, pour le prix peu rémunérateur de 250 francs ; il a goureusement collaboré au Dictionnaire des dictionnaires de M&r Guérin, qui a été longtemps pour h écrivains catholiques pauvres ce que fut le Dictionaire Larousse pour Vallès et ses amis. Les homim de lettres malchanceux s’abritent volontiers dans h
ont fait en continuant à espacer méthodiquement leurs ordr, même après avoir diminué leurs stocks jusqu’aux limites de i consommation au jour le jour. »
Si la guerre avait éclaté tout à coup, Paris aurait été obligé 2 capituler au bout de huit jours, mais le syndicat à la baisse nV rait pas fait une mauvaise opération. Demandez à la plupart es députés de la Droite, ils vous répondront que c’est là ce qu’ils <; tendent par ce mot « la conservation sociale» et que ceux J pensent autrement sont les pires ennemis de la société. ..
dictionnaires en construction, comme les pauvres hères dans les maisons en démolition.
L’an dernier, Bournand publia chez Savine un volume fort remarquable, et dont plusieurs évêques le félicitèrent, le Clergé sous la troisième République. Il espérait, ce qui était bien son droit, que la vente dans les gares aiderait au débit de l’ouvrage, et l’éditeur soumit le volume aux Hachette qui, ainsi qu’on le sait, ont rétabli, de leur autorité privée, la censure abolie par la Chambre.
Le censeur était probablement un Juif, un Mayer quelconque, dont le nez, déjà long, s’allongea encore dès qu’il vit qu’il était question de soutanes ; il refusa net l’autorisation.
Nous avons vu ce que refusaient les honnêtes gens qui dirigent la maison Hachette ; nous allons voir ce qu’ils autorisent.
Je vous ai parlé déjà de la Première maîtresse , et n’ai pas besoin d’insister sur l’obscénité d’une œuvre signée Catulle Mendès. L’auteur ne m’en voudra pas, du reste, de ce témoignage rendu à la vérité, car il ne regarde comme criminel que ce qui est mai écrit. La Vénus qu’il célèbre est la Vénus pervertie, la Vénus des paroxysmes, des névroses et des hystéries, la Vénus aux yeux cernés, aux lèvres blêmes, aux mains glacées, qui ne sort des bras du marquis de Sade que pour aller se jeter sur le sein de Sapho.
L'Epuisé , dont YEcho de Paris fut obligé d’interrompre la publication, me paraît rentrer à peu près dans le même ordre d’idées. J’ai eu le plaisir de déjeuner avec l’auteur cet été, chez notre éditeur Curel ; il m’a paru fort aimable, et il s’est efforcé, dans la forêt de Sénart, en cheminant le long des grillages de Cahen d’Anvers, de me démontrer que son œuvre était, au fond, absolument morale, mais je lui ai demandé la permission de conserver ma première impression.
En bourgeois vitelliens, qui pensent que l’argent n’a pas d’odeur, les Hachette, d’ailleurs, mettent dans toutes
LE TESTAMENT ü’UN ANTISEMITE
les gares, à la disposition de jeunes gens et de jeunes filles, qui souvent prennent un volume au hasard, sur le titre, des livres, sinon plus immoraux que ceux de Mendès — je crois qu’il est difficile d’aller plus loin dans cette voie — du moins plus grossiers et plus orduriers dans l’expression.
Voici ce qu’on peut lire dans les livres auxquels la vente dans les gares a été accordée.
— Votre théâtre. . . commença-t-il d'une voix flûtée .
Bordenave l'interrompit tranquillement , d'un moi
cru, en homme qui aime les situations franches.
— Dites mon bordel (1).
— Tiens ! voilà Satin, murmura Fauchery en l'apercevant.
La Faloise le questionna. Oh! une rouleuse dh boulevard, rien du tout. Mais elle était si voyou, qu'on s'amusait à la faire causer. Et le journaliste haussant la voix :
— Que fais-tu donc là , Satin ?
— Je m'emmerde, répondit Satin tranquillement sans bouger (2).
Un murmure grandit , comme un soupir qui Si gonflait. Quelques mains battirent, toutes les jumelles étaient fixées sur Vénus. Peu à peu , Nana avait pris possession du public, et maintenant chaque homme la subissait. Le rut qui montait d'elle , ainsi que d'une bête en folie, s' était épandu toujours davantage , emplissant la salle (3).
. Satin est devenue
le vice de Nana.
Ici nous nous trouvons devant une scène de triba-
(1) Nana , ouvrage autorisé dans les gares, par la vertueuse maison Hachette, page 4.
(2) Ibid., page 30.
(3) Ibid , page 33.
LA PRESSE ET L’ESPRIT PUBLIC 12 i
disme, et iorcément, nous devons supprimer auelau.es descriptions trop scabreuses. 1
Al07 S, Continuellement, le meme tour VCC07Y\<-
mença. A vingt reprises, tragique dans ses fureurs ie femme trompée , Nana courut à la poursuite de vette gueuse , qui s'envolait par toquade, ennuyée du Men-etre de l'hôtel. Elle parlait de souffleter maiarne Robert ; un jour même, elle rêva de duel' il y en a ient une de trop. Maintenant, quand elle dînait zhez Laure, elle mettait ses diamants, emmenant parfois Louise Violaine, Maria Blond, Tatan Néné toutes resplendissantes; et, dans le graillon des trois salles, sous le gaz jaunissant, ces dames encanaillaient leur luxe, heureuses d'épater les petites filles iu quartier , qu'elles levaient au sortir de table. Ces 'ours-là, Laure, sanglée et luisante, baisait tout son monde d un air de maternité plus large. Satin pourtant, au milieu de ces histoires, gardait son pur visage de vierge ; mordue, battue, tiraillée entre les ieux femmes, elle disait simplemeyit que c'était irôle, qu'elles auraient bien mieux fait de s'en endre. Ça n'avançait à rien de la gifler; elle ne pou mit se couper en deux, malgré sa bonne volonté Vetre gentille pour tout le monde. A la fin, ce fut Vana qui l'emporta, tellement elle combla Satin de endresses et de cadeaux; et, pour se venger, ma~ lame Robert écrivit aux amants de sa rivale des ettres anonymes abominables (1).
. Avez-vous entendu cette nuit, l'autre qui se torlüait, avec son mal au ventre?... Était- ce agaçant! îeureusement qu'elle part. J'avais envie de lui ■rier : « Pousse donc et que ça finisse ! » r . fait est que M. Hippolyte a raison, reprit Asa. Rien ne vous porte sur les nerfs, comme une
(1; Nana, pa je 357.
LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
femme qui a toujours des coliques... Dieu merci! v ne sais pas ce que c'est , mais il me semble que „ tâcherais de ravaler ça, pour laisser les gens do\ mir.
Alors, Victoire, voulant rire, retomba sur Adèl — Dis donc, l'enflée, là-haut !... Lorsque t'esacco\ chée de ton premier, c' est-il par devant ou par de riéreque tu l'as fait? (1).
— Oui, oui, continuait la bonne, enragée, tu ne n flanquais pas dehors, quand je cachais tes chemise derrière le dos de ton cocu !... Et le soir ou ton amai a dû remettre ses chaussettes au milieu de mes ca seroles, pendant que j'empêchais ton cocu, d'entre pour te donner le temps de te refroidir !... Salop va! (2)
Pourtant, le travail de préparation s'avançait, . pesanteur descendait dans ses fesses et dans s[ cuisses. Même lorsque son ventre la laissait un pe respirer, elle souffrait là, sans arrêt, d'une sonf rance fixe et têtue. Et, pour se soulager, elle s'étd empoigné les fesses à pleines mains, elle se les soutenait, pendant qu'elle continuait à marcher en J dandinant, les jambes nues, couverte jusqu'aux gnoux de ses gros bas.
Ce n'était doncpas assez de ne jamais manger\ sa faim, d'être le souillon sale et gauche, sur lequl la maison entière tapait: il fallait que les maîtr\ lui fissent un enfant! Ah! les salauds! Elle n'aurd pu dire seulement si c'était du jeune ou du vieu., carie vieux l'avait encore assommée après le mar\ gras. L'un et l'autre, d'ailleurs, s'en fichaient pê mal, maintenant qu'ils avaient eu le plaisir et qu'eù
(1) Pot-Bouille, ouvrage autorisé par la respectable maison lichette, page 343.
(2) Jbid., page 463.
avait la peine 1 Elle devrait aller accoucher sur leur paillasson, pour voir leur tête. Mais sa terreur la reprenait : on la jetterait en prison, il valait mieux tout avaler. La voix étranglée, elle répétait, entre deux crises :
— Salauds!... S'il est permis de vous coller une pareille affaire !... Mon Dieu! je vais mourir! (1)
— Sur elle , oh! non ! faudrait du courage. . . C'est sur Catherine qu'il en prend.
— Ah! écoute donc, est-ce qu'elle n'a pas eu le toupet tout à l'heure de me dire qu'elle étranglerait Catherine si elle y passait!... Comme si le grand Chaval, il y a beau temps, ne l'avait pas mise à cul sur le carin ! (2)
Comme si, brusquement, cette menace se réalisait, Catherine reçut dans le derrière, à toute volée, un coup de pied dont la violence l'étourdit de surprise et de douleur. C'était Chaval, entré d'un bond par la porte ouverte, qui lui allongeait une ruade de bête mauvaise. Depuis une minute , il la guettait du dehors.
— Ah! salope , hurla-t-il, je t'ai suivie, je savais bien que tu revenais ici t'en faire foutre jusqu'au nez! Et c'est toi qui le paies, hein ? Tu l'an oses de café avec mon argent! (3)
Et, comme elle se réfugiait dans un angle, il retomba sur la mère.
— Un joli métier de garder la maison, pendant que ta putain de fille est là-haut, les jambes en l'air!
(1) Pot-Bouille, page 473.
(2) Germinal, ouvrage autorisé par la pudibonde maison Ha^ chette, p. 119.
(3) Ibid., page 259.
LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
Enfin, il tenait le poignet de Catherine, il la se couait , la traînait dehors. A la porte, il se retourne de nouveau vers la Maheude, clouée sur sa chaise Elle en avait oublié de rentrer son sein. Estelli s'était endormie , le nez glissé en avant dans se jupe de laine; et le sein énorme pendait, libre e\ nu, comme une mamelle de vache puissante.
— Quand la fille n'y est pas , c'est la mère qui S( fait tamponner , cria Chaval. Va, montre-lui te viande ! Il n'est pas dégoûté , ton salaud de la geurl (1).
Etourdi , Pierron ne comprenait pas, lorsque le Pierronne, prise de peur en entendant le tumulte des voix , perdit la tête au point d' entre-b ailler le porte pour se rendre compte. On l'aperçut toute rouge, le corsage ouvert, la jupe encore remontée accrochée à la ceinture ; tandis que , dans le fond Dansaert se reculottait éperdument. Le maître porionse sauva , disparut , tremblant qu'une pareille histoire n'arrivât aux oreilles du directeur. Alors ce fut un scandale affreux, des rires, des cris, det huées, des injures (2).
Au premier rang , la Mouquette s'étranglait de fureur , en pensant que des soldats voulaient trouer la peau à des femmes. Elle leur avait craché tout ses gi^os mots, elle ne trouvait pas d'injure assez basse, lorsque, brusquement, n'ayant plus que cette mortelle offense à bombarder au nez de la troupe elle montra son cul. Les deux mains, elle relevaii ses jupes, tendait les reins , élargissait la rondeur énorme.
— Tenez , v'ià pour vous ! et il est encore trop propre , tas de salauds !
(1) Germinal, page 260.
(2) Ibid., page 437.
LA PRESSE ET l’eSPRIT PUBLIC
Elle Rongeait, culbutait , se tournait pour que hacun en eût sa part, s'y reprenait à chaque pousie qu'elle envoyait.
— V'ià pour l'officier ! v'ià pour le sergent ! v'ià our les militaires! (1).
Encore une fois, les directeurs de la maison Hatiette, ceux qui choisissent ces livres puisqu’ils affirîent leur droit de choisir en repoussant des ouvrages •réprochables au point de vue des mœurs, mais qui ont ; tort de ne pas plaire aux maîtres du jour ; — ceux qui, éjà riches à millions, touchent une redevance ignomiieuse sur chacune de ces ordures, sont de parfaits honêtes gens. Fils de notaires, avocats ou élèves de Ecole normale, membres du tribunal de Commerce, résidents du Cercle de la librairie, ils ont toutes les erbes de la Saint-Jean bourgeoise.
Ils corrompent évidemment beaucoup de jeunes indigences car, ainsi que l’écrivait Frédéric Soulié dans îs Mémoires du Diable , « on ne dit pas à tout le monde u'on a été dans un mauvais livre, mais on y va. » Ils e s’en regardent pas moins comme d’une honorabilité bsolue, et, en fait, au point de vue de la morale coumte, ils ont raison. Très influents dans le monde unigrsitaire et academique, MM. L. Hachette, Templier, ouret, représentent même un degré de culture supéeure à la moyenne ordinaire de la Bourgeoisie. I. Breton, mort il y a quelques années, avait publié n livre sur Pindare !
Que voulez-vous que je vous dise de plus? J’aurais le ouvoir de soulever, comme le Diable boiteux, le >it de toutes les maisons et de vous faire pénétrer ans tous les intérieurs de Paris que je ne vous en pprendrais pas davantage sur l’état moral de la Boureoisie; je vous la montre à l’œuvre, en fonctions de ourgeoisisme.
(1) Germinal, page 433.
126 LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
C’est dans ces conditions que, dans la séance c 23 octobre dernier, M. Maurice Barrés interpella ei fin le ministre des Travaux publics à propos de ce m nopole fiscal sur lequel les Hachette avaient enté i droit absolument abusif, le droit de censure sur 1 œuvres littéraires.
M. Maurice Barrés serait, je crois, blessé comn d’un manque de goût, comme d’une dissonance, <; toute louange excessive de ma part. Ce qui prêta, |s effet, une physionomie particulière à ce début à . tribune de l’orateur-écrivain, ce fut la mesure et le ta; exquis. On vit là une chose très simple et très étonnair cependant par le temps qui court, un galant homme qi avait un devoir à accomplir et qui l’accomplissait... h seul éloge qui eût pu être donné à Barres n’aurait ]i lui être donné que par Carlyle qui a parlé si souvent, l en de si admirables termes, du caractère et de la (■ gnité de l’écrivain; s’il eût assisté à cette séance, Celyle aurait dit certainement de Barrés : « Voilà un v ritable homme de lettres. »
Mes idées sont ce qu’elles sont mais, somme tou', mes livres ont eu des millions de lecteurs dans tout: les parties du monde et, lorsqu’une atteinte est portî à mon droit, mon nom peut être prononcé dans ui Chambre française.
Parmi les catholiques dont j’ai été l’ami, aucun n osé faire cela à la Chambre. J’en ai vu qui me prisaient les mains, qui, à la fin des repas, un peu roug: et congestionnés, me disaient, en employant des expre sions que ni Barrés ni moi n’emploierions : « Cotinuez! continuez ! tapez sur ces cochons de Juifs a Quand je leur parlais de défendre mon droit, es gens-là avaient des coliques soudaines et, de tr* bonne foi probablement, ils étaient convaincus quei on faisait allusion à la France juive , au Palais-Boibon, la rente tomberait immédiatement à 40 fran«. Barrés ne s’est pas contenté de faire allusion à J France juive, il en a parlé en termes trop bienve-
ants sans doute, mais dont je le remercie ; il a dit sur- ,out ce qui était à dire : « Pourquoi la maison Hachette se permet-elle d’interdire les livres de M. Drumont, orsqu’elle autorise les livres de M. Zola? »
La rente n’a point chancelé pour cela et, eût-elle shancelé, que Rouvier était là pour la soutenir.
On aurait pu supposer que la Droite protesterait au noins par son vote contre le maintien de ce régime pii autorise toutes les Priapées et qui proscrit les ivres catholiques.
Ce fut la Droite qui, sur cette question de stricte mo- 'alité, assura la majorité au ministre en s’abstenant ou în se prononçant pour l’ordre du jour pur et simple pii fut voté par 231 voix contre 204, c’est-à-dire à 27 /roix de majorité seulement.
Voici les noms des membres de la Droite qui ont voté iour l’ordre du jour pur et simple, c’est-à-dire pour le naintien à la maison Hachette du monopole dont elle ait un si édifiant usage :
Abrial, Bezançon , de Boisboisel, Cazenove de °radines , Fould , Fourtou, baron Gérard, Gref ulhe, comte de Lanjuinais , comte de Lévis-Mirewîx, Loreau, Lorois, baron de Mackau, de Montlaulnin, marquis de Moustier, Muller, baron Reille, 7audière.
Voici maintenant les noms des députés de la Droite lui se sont abstenus :
Comte de l’Aigle, d’Aillières, prince d’Aremberg, hgot, marquis de Breteuil, Cibiel,Daynaud, Delahaye, )ron, du Bodan, marquis d’Estourmel, Faure, général le Frescheville, Granier de Cassagnac (Paul), de Guiloutet, comte de Juigné, de Kergariou, Labat, baron le Ladoucette, marquis de La Ferronnays, de La Marîière, de Lamarzelle, de Lareinty, de Largentaye,
Rochefoucauld duc de Doudeauville, marquis de La tochejacqu elin, Le Cerf, Arthur Legrand, prince de ^éon, Le Roux, Maréchal, comte de Mun, de Mon-
LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
téty, Neyrand, Cuneo d’Ornano, Peyrusse, Piou, Louis Passy, Prenat, Roques, Schneider, marquis de Solages.
Parmi les députés-journalistes, toute la bande opportuniste vota naturellement pour le monopole : Arène. Francis Charmes, Deloncle, Antonin Dubost, Granet. Georges Graux, Gustave Izambert, Henri Lavertujon, Mézières, Noël Pariait, Dyonis Ordinaire, Joseph Reinach.
Henri Fouquier, qu’on n’aurait jamais cru capable de cette vilenie, vota également contre les droits de ses confrères.
Il en fut de même de M. le comte de Douville-Mail-
lefeu, auquel j’aurais supposé des sentiments plus élevés et moins de tendresse pour les monopoles. Il paraîl qu’il pense comme les Hachette et qu’il trouve qu’il esl plus moral de montrer des culs que des idées...
Les écrivains, journalistes ou directeurs de jour naux qui s’honorèrent par leur vote pour la liberté et qui se prononcèrent contre l’ordre du jour pur e simple furent : MM. Maurice Barrés, Castelin, Clemenceau , Jules ' Delafosse, Béroulède , Ernest Des jardins, Camille Dreyfus, Hovelacque , Henri de La cretelle, Laguerre , Laisant, Lalou , Laur, Lochroy , Maujan, Miller and, Alfred Naquet, CamilU Pelletan , Pontois, Tony Révillon, Robert Mitchell vicomte de Villebois-Mareuil.
Parmi les abstentionnistes, citons : MM. Delahaye Henry Maret, Cuneo d’Urnano, Sourigues.
Avec la candeur des simples, Bournand, très admi rateur du rôle joué par M. de Cassagnac autrefois avait mis pour épigraphe à son livre une phrase du di recteur de Y Autorité. M. de Cassagnac aurait dû, i me semble, être touché par cet hommage qui lui étai rendu par un naïf convaincu ; il aurait pu donner ai moins l’appui de son vote pour protester contre l’ostra cisme dont ce livre écrit pour la défense du clergé avai été frappé tandis qu’on accueillait dans les gares le: œuvres érotiques de Mendès et les pornographies d<
lola; il s’est abstenu, quoiqu’il assistât à la séance...
Ici, il n’y a nulle équivoque. Le ministre pour lequel îs bons catholiques de la Droite ont voté était M. Yves luyot qui fut le Vieux petit Employé de cette Lanterne ui a versé sur les ensoutanés, les Vot)iscum et les iœurs de Charité de pleines hottées d’immondices.
Sans doute, avec son cynisme habituel, le Diogène de a Lanterne, l’ancien défenseur des petits, le fondaeur de la Ligue contre les at>us, s’était prononcé hauement pour les riches contre les humbles ; il avait détaré qu’à ses yeux les Compagnies de chemins de fer tvaient raison de traiter avec une grande maison comme a maison Hachette plutôt qu’avec de pauvres diables le libraires de province, mais, devant l’évidence, il ivait du déclarer que l’Etat était libre de s’opposer à ce nonopole.
Le droit de la Chambre était donc entier. En supprinant ce monopole, la Droite ne risquait pas non plus le priver l’Etat de ressources nécessaires à l’équilibre le son budget. En effet, d’un article du cahier des iharges que Laur plaça sous les yeux des députés, il résultait que le monopole exclusif sur les chemins de ’er de l’Etat était concédé à la maison Hachette pour la somme dérisoire de 2,370 francs !
C’est dans ces conditions que les membres de la Droite dont je vous ai donné les noms se sont prononcés énergiquement pour la librairie qui proscrivait les livres comme Le Clergé sous la troisième République pour accorder ses faveurs à la littérature de rut st de cul.
Ces mots peut-être paraîtront vifs aux Lévis-Mirepois, aux de Moustiers, aux de Montsaulnin et aux Eteille qui sont probablement des gens très distingués dans leurs propos, mais il est bon qu’on sache la littérature qu’ils protègent. La Mouquette montre son cul, les amoureux de Nana se livrent au rut et les personnages de Pot-Bouille se déculottent devant le public.
J’espère que mes lecteurs n’oublieront pas ceci ; ils
LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
se rappelleront ce brave Bournand refusant d’imite: Zola et de déshonorer son talent à des besognes porno graphiques, mais comptant bien légitimement sur lt produit de son livre pour nourrir sa famille. « Voili l’homme loyal », se diront-ils. Ils se rappelleront auss M. de Lanjuinais, un des grands propriétaires d< France, riche à dix millions, prétend-on, affichant de: sentiments religieux pour se faire nommer et refusan d’iader de son vote l’écrivain chrétien dont le livre a ét( chassé des gares. « Celui-là, diront-ils, c’est l’hypocrite, celui qui joue une indigne comédie. »
Les modestes libraires de province dont l’appui n’es pas toujours à dédaigner en temps d’élections pourron aussi tirer de cette histoire plus d'un utile enseigne ment. Ils ne perdront pas de vue que Maurice Barres e Laur présentaient en leur nom une requête très juste ils demandaient que le droit de vendre à la gare fût mi< en adjudication dans chaque villa. Un libraire avan déjà une petite clientèle aurait pu ainsi agrandir ur peu son commerce, augmenter légèrement ses bénéfices.
Ce sont les membres de la Droite qui se sont unis aux plus méprisables opportunistes pour empêchei cette réforme qui n’avait rien de bien excessif.
Pour rendre le tableau complet, il faudrait énumérei tout ce que ces farceurs-là : mères, femmes, filles, sœurs, tantes ou nièces ont dit sur la nécessité de défendre les principes sociaux : « Où allons-nous? la corruption des mœurs... Les mauvais livres qui circulent partout... Ah ! ma toute belle, c’est la génération nouvelle qui m eilraye... fei vous saviez ce qu’on met maintenant entre les mains de la jeunesse... Des scènes de débauche, chère madame, à faire frémir... Le Père X**‘ m’en parlait l’autre jour... Le cher homme en était tout ému... »
Heureusement qu il y a des hommes qui ne faiblissent pas... Votre mari est de ceux-là...
— Ah ! oui, le vaillant 1
— Toujours sur la brèche ?
— Toujours! Nuit et jour...
Total : quand il s’agit de défendre nos droits au Parment, les députés de la Droite se montrent en riant 3 passages croustillants des livres de Mendès et dp )la et, après avoir voté pour Guyot, ils s’en vont àï ivette en chantonnant.
Le rut 1 le rut ! le rut !
Le rut! 11 n’y a que ça...
Au-dessus de tous ces spéculateurs subalternes, de as ces monopoleurs, de second ordre, plane dans’une 3ire le dieu Rothschild.
De plus en plus s’affirme avec un relief plus accentué t exorbitant pouvoir fonctionnant dans des conditions solument extraordinaires et qui n’ont pas eu de préients dans le passé.
Cet homme n’est ni Empereur, ni Gzar, ni Roi, ni Itan, ni Président de République ; ce n’est pas' un ffète comme a Carthage, un Lucumon comme chez Etrusques, un Yergobret comme chez les Gaulois ; i a aucune des responsabilités de l’autorité et il en a is les avantages ; il dispose de toutes les forces goumementales, de toutes lès ressources de la France ar ses affaires particulières.
TUnion générale gène Je Maître, il la fait briser par ministre comme Léon Say qu’il a déclaré lui-même tre que son employé ; le Comptoir d’Escompte lui de ombrage, il le détruit et, quand la campagne qu’il ienée semble devoir faire peser sur lui une certaine ponsabilité, Rouvier le dégage en forçant la Banque France à une avance de cent quarante millions. Il it risquer les coups les plus hardis puisque, lorsque hasard il a été trop loin, il a le trésor de la France i disposition et que, sur un signe de lui, la Banque France envoie soixante-quinze millions d’or à la ique d Angleterre qui ne nous aurait jamais rendu pareil service.
Personne ne proteste et lorsque Laur, infatigable dan son zèle pour le bien public, essaie à la tribune de flétri ceux qui drainent notre or au profit de l’étrange: Floquet l’empêche de parler et Laur est réduit à pi blier, dans son journal, la Guerre aux abus (i), discours qu’il n’a pu prononcer à la Chambre. ^
Ce n’est que deux mois après, quand l’opération porté tous ses fruits, que Laur peut arriver à la ti bune et, cette fois encore, il dit d’excellentes chose il prodigue à son pays les plus salutaires avertiss ments ; il nous montre Rothschild se servant de Banque de France pour ses combinaisons de trésoreri
Dans le conseil de la Banque, qui est appelé à réglement' les opérations de cet établissement national, il existe d; personnages intéressés dans des opérations international dont la mission secrète paraît être d’anémier la France éc nomique en facilitant l’exportation de notre or à l’étrang . Je ne parle pas à la légère.
M. de Rothschild, régent de la Banque de France, est i des plus zélés exportateurs de l’or français. Il a fait ( s envois, que je connais, de 15, 18 et jusqu'à 24 millions d c ; il dispose, avec sa signature et celle de deux ou trois perso nages aussi solvables que lui, |ur un simple trait de plur : des millions d'or de la Banque de France. Il Ta prouvé 1 i du prêt de 75 millions à la Banque d’Angleterre : le len ■ main de cette opération, il a tenu lui-même à s’affirmer c envoyant 24 millions de métal précieux en Angleterre.
Ces millions étaient pris à son compte courant.
Je dis que, dans ces conditions, la fonction de régi cru’exerce M. de Rothschild est incompatible avec le titre 1 chef de Banques internationales. ( Interruptions .)
Oui, j’admets très bien que, comme régents de la Ban : de France, on ait des personnages comme Léon Say, conn M. de Soubeyran, ou d’autres qui sont des banquiers françs Mais que vous ayiez pour cette fonction des Sémites qui i des intérêts cosmopolites, en Allemagne, en Angleterre, c n’ont, pour ainsi dire, pas de patrie, je considère, je le rép £
(i) La Guerre aux abus , 20 novembre 1890
- et le public est avec moi, — que cela est est impossible lus longtemps. {Nouvelles interruptions sur divers bancs (Ij. )
Prétendra-t-on encore que ce sont là les imaginaions qui hantent le cerveau du courageux interpellamr ? Mais ce rôle joué par les Rothschild, cette planée des banquiers de Francfort disposant à leur gré es ressources de notre grand établissement national Dnt des faits que les Anglais reconnaissent eux-mêmes, e n est pas la France qu’ils remercient du concours ai leur a été donné, mais les Rothschild.
Je puis fournir ajoute Laur, à l’appui de cette assertion 1 argument décisif. Savez-vous, messieurs, comment le mverneur de la Banque d’Angleterre lui-même, Williams dderdale, a apprécié le prêt de Tô millions que vous avez it à cet etablissement de crédit? C'est un chef-d'œuvre ingrati tude. Il a dit, en propres termes, dans un discours en ponse à celui de M. Rkotheby-Price, président du stockchange de Londres :
\n!LefSSleUrS*,i aU* moment où vous remerciez la Banque 1 est,e.fentleI de rappeler l’assistance sponnec et cordiale qu elle a reçue de diverses personnes Nous erons, en premier lieu, lord Rothschild, dont l'influence r la Banque de France nous a fait obtenir de cet établisse- •nt des ressources sans lesquelles nous n’aurions pu aopor- , comme nous l’avons fait, un concours utile au pays. » iinsi, Messieurs, le gouverneur de la Banque d’Angleterre •meme déclaré que c’est grâce à l’influence sur la Banque France de M. Rothschild qu’on a pu obtenir le fameux 1 To millions en or.
f MIK,S™E DES ™aNces. - Ce n’est pas le même!
hschild0 un aADR; ~ C eSt eDCOre bien plus «rave lord u un Anglai3’ ait sur son cousin de France, régent
> dan Jnn dr DOtre pays’ Une inllueûce telle qu’on puisse -, dans un discours, que, grâce à un Rothschild étranger,
anque de France a pu débourser 75 millions en or
SanmTd'Anffl S6lÜ pr°Uye deux choses : ■'‘“gratitude de anque d Angleterre pour le prêt de 75 millions que vous
J Journal officiel du 18 janvier 1890.
134 LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
lui avez fait et, en même temps, l’influence prépondérante des Rothschild, associés, coalisés, dans les finances internationales; cette influence avouée, il ne faut pas se lasser de le répéter, impose à M. de Rothschild 1 obligation de donner se démission de régent de la Banque de France.
Oui, messieurs, je le demande avec la dernière énergie parce que je suis convaincu qu’il y a là un danger public.
Quelques voix. — Très bien î très bien 1
M. Francis Laür. — Je suis convaincu que l’opération di drainage de l’or en France a pour chefs, avec M. Bleischrœde| et les principaux banquiers allemands, tous les Rothschib d'Allemagne, d'Angleterre et de France qui sont à la tête d< cette entreprise.
L’Antisémitisme, on en conviendra, se présentai cette fois avec son véritable caractère sur le terraii économique et social. Si la Droite avait eu le senti ment national, elle n’avait qu’à approuver Laur.
Vous ne connaissez pas les Conservateurs. Au milie des ricanements mal étouffés de la Gauche, un homm se lève pour prendre la défense de l’opération exécuté par les Rothschild 1 II félicite la Banque de leur avoi obéi ; il tient, selon son expression, à adresser « se compliments » à Bouvier. Un peu plus, il lui propose rait de mettre ses insignes de député et d’aller fair une promenade avec lui dans la cour des Fontaines.
Cet homme, c’est notre Lanjuinais de tout à l’heure celui qui a voté en faveur du monopole des Hacheth par admiration pour Pot-Bouille et Nana.
Il faut voir toujours le contraste de ces choses, évc quer une des petites églises de ce Morbihan que Lar juinais représente... Elle est bien nue la petite églis< bien invitante au recueillement aussi ; aux voûtes soi attachés des bateaux minuscules que les marins y oi suspendus en guise d'ex-voto. Le matin ou à la tombé du jour, le recteur vient prier là pour ses catholiqut députés, et ces catholiques députés montent à la tr bune pour y défendre Rouvier et Rothschild, les sp( culateurs et les banquiers juifs I
Dans quelles proportions les Juifs, maîtres absolus de a Banque de France, usent-ils de notre grand établissement national pour appuyer leurs tripotages. ? On l’en sait rien. Les avances au Comptoir d’Escompte et i la Banque d’Angleterre sont les manifestations ivouées d’un état de choses que tout le monde soupçonne, mais les Juifs agissant avec la complicité du gouvernement, il est impossible de constater les mouvements de fonds moins importants, faciles à dissimuler )ar de simples jeux d’écriture.
Dans son dernier volume : Où est V argent ? Chirac léclare . « que la Banque de France, en affirmant avoir leux milliards et demi de numéraire en caisse, trompe e public, qu’elle dissimule un déficit de plus d’un nilliard et que ses bilans sont faux. »
Je ne prends pas la responsabilité de ces chiffres, ar l’auteur a plus de compétence que moi dans les restions financières. Ce qui est certain, c’est que le gouernement aurait dû mettre l’écrivain socialiste en demeure de faire la preuve de ce qu’il affirme d’une si nergique façon. Les députés n’ont pu ignorer la publicaon de ce volume, puisque Chirac a pris soin d’en avoyer lui-même un exemplaire au Président de la hambre. (1)
(i) Voici la lettre courageuse et précise qui accompagnait l’envoi i volume :
« Monsieur le président,
« Malgré la déplorable indifférence avec laquelle ont été ^cueillis les avertissements contenus dans ma lettre du 18 nombre 18S5, à vous adressée, lettre qu’accompagnait d’ailleurs invoi de mon ouvrage intitulé Les Rois de la République , et dont s pronostics ont reçu 1a. triste sanction des événements, je croiis manquer à mon devoir de citoyen si, cette fois encore et pour '-lairer la Chambre des députés, je ne vous envoyais pas mon )uveau livre intitulé: Où est l’argent? ,
» Dans ce livre, en effet, je démontre que la Banque de France ssimule un déficit en métal dépassant un milliard.
» J’ai l’espoir que vous voudrez bien faire connaître ce nouvel
LE TESTAMENT d’UN ANTISÉMITE
A l’étranger, tout le monde est au courant de cett situation. A la réunion antisémitique de Vienne du moi de décembre dernier, M. Lueger, le vaillant déput catholique qui lutte avec tant d’intrépidité contre le Juifs et dont l’attitude contraste avec celle de Lanju nais et de ses tristes amis de la Droite, exprimait 1 e: poir de voir la France représentée au prochain coi
grès.
Il se peut, disait-il, qu’à nos prochaines assises, noi voyions aussi des Français ; nous les saluerons de tout not: coeur, car la France aussi souffre, et elle souffre encore pli que nous, car de nom elle est gouvernée par des valets de Juif et de fait par le Juif Rothschild. Même les Anglais, ces sp culateurs par excellence, le peuple le plus trafiquant parmH peuples aryens, ont dû apprendre à leurs dépens ce que c’e que de se trouver sous le joug des Rothschild.
M. Lueger est dans la vérité en constatant que France souffre encore plus que l’Autriche. En Ailmagne et en Autriche les gouvernements sont sau doute à la merci des Juifs, mais ils ont encore assez o force pour les empêcher de conspirer ouvertemei contre les pays dont ils sont nominalement citoyens t de ruiner leur nation d’origine au profit des natio» ennemies. M. Gustave Rouanet, qui se défend cepe* dant d’être antisémite, a bien mis ce point en lumièi.
Sans doute, écrit-il, l'organisation française ne diffère p sensiblement de celle des pays voisins étreints, comme noi, par les tentacules de la même pieuvre capitaliste qui les cserre de toutes parts. Mais aucun pays n’a vu se dévelopR
envoi à la Chambre des députés qui, à l’heure actuelle et plus (0 jamais, doit éprouver le besoin de s’enquérir et de s’instruire^ elle ne veut pas pousser plus avant le pays dans les horreurs e la famine.
» Je suis, monsieur le président, votre humble et dév<é citoyen.
» Signé : Auguste Chirac. »
Paris, le 5 décembre 1890.
u même degré l’anarchie économique que les pratiques du bérahsme ont introduite dans le nôtre. Aucun gouvernelent n’a abdiqué, comme celui de la République française 3s pouvons d autorité et les devoirs de prévoyance sociale ont l’absence nous livre à la discrétion d’une poignée de arasites et d’accapareurs, devenus les arbitres de notre exisrnce nationale elle-même.
L’Angleterre, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie ont leur lasse capitaliste dont la rapacité ne le cède en rien à l'avidité e la nôtre : aucune de ces nations, cependant, n'a consenti, omme nous, à fermer les yeux systématiquement sur les lanœmres du capitalisme international. Au contraire, par- Dut, les gouvernements, soucieux des intérêts vitaux de* leurs euples respectifs, se sont efforcés de faire servir le capitasme à la défense de leurs intérêts nationaux, et, si les pro - Hariats formulent d’ardentes revendications 'politiques et soiales contre leurs gouvernements, du moins ne sauraient-ils les ccuser de livrer le pays à l’ennemi. Qu on étudie l’action de lu nance anglaise, allemande ou austro-hongroise , on ne la verra as, à l’instar de la finance française, travailler à ruiner l’inuence du pays dont elle draine l’épargne et gaspille la ri -
•Wbb G \ A J •
Rien n est plus exact. En Allemagne et en Autriclielongrie, les Juifs de la Haute Banque opèrent sur l’inigène ; en France ils opèrent contre lui en faveur de ennemi; ailleurs ils se contentent de spéculer et d’exloiter, en France ils trahissent...
Ce n’est qu’en France que les Juifs osent négocier des flaires comme cette vente des actions de Suez traitée ans le cabinet de Rothschild et qui livrait pour toujours 1 Angleterre cette Egypte qui devait sa renaissance à os capitaux et où l’intluence de la France était iusu’alors dominante.
Ce n’est que chez nous que l’on peut trouver un gouernement assez corrompu et des députés assez vils our permettre à Rothschild de soutenir, en haine de i France, avec des capitaux français, cette insolente
(i) Revue socialiste, novembre 1890.
138 LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE
Italie qui serait en banqueroute immédiatement si 1< banquier de la Triple- Alliance ne maintenait pas artifi ciellement le cours de la rente italienne. L’armée des tinée à nous envahir, les flottes qui doivent bombarde nos ports, les chemins de fer stratégiques nécessaire pour transporter les soldats qui tueront les nôtres, tou est payé avec de l’argent français ! Connaissez-vous dan l’histoire un exemple, un seul, d’une pareille démence d’un semblable affaiblissement intellectuel chez u
peuple?
A la fin comme au début de ce livre, nous retrouveror comme symptôme caractéristique la débilité mental* l’atrophie du cerveau. Parmi les Français d’aujoui d’hui, beaucoup, hélas ! correspondent à ce qu’on appel en médecine les Dégénérés; ils sont incapables c l’effort qu’il faut faire pour fixer son attention sur u point, impuissants à comparer deux idées, à suivre v raisonnement, à se former une opinion personnelle. I sont dressés au travail, ainsi que certains animai auxquels on arrive à faire faire des exercices surpr nants, mais ils n’ont pas la notion de la valeur de l’a gent que leur rapporte ce travail ; ils sont comme 1 enfants auxquels on a fait cadeau d’un louis et quiso* enchantés de l’échanger contre une image.
Sur les milliers de Français qui ont échangé di louis contre des images portant ces mots : « Empru; de la République Argentine, emprunts du Guatemal, de l’Uruguay, de Costa-Rica ou du Honduras », il n’y a a pas dix qui auraient été en état de vous dire où sot exactement situés ces pays bizarres dans lesquels éclsî une insurrection tous les quinze jours.
— Connaissez-vous la province de Gorrientes ?
— Non.
— Et la province de Mendoza?
— Pas davantage.
— Et la province de Catemarca?
— Pas plus...
— Et sur l’appel d'un prospectus vous prêtez aux habitants de ces provinces un argent que vous refuseriez certainement à votre meilleur ami ?
— Parfaitement.
Tous ces emprunts en effet ont été souscrits. Les Juifs ont donné quelques fonds à ces Républiques singulières, ils ont gardé le reste pour eux et ils ont acheté les hôtels magnifiques dans lesquels vous les voyez trôner aujourd’hui. Nous le répéterons toujours; puisqu’ils n’avaient rien quand ils sont venus chez nous, il a bien fallu qu’ils prennent quelque part l’argent qu’ils ont (1)...
(l) Sur les 37 milliards que doit la France, M. Camille Pelletan prétend que 8 millions seulement ont été pris comme courtage par la Haute Banque cosmopolite. Ce chiffre est bien inférieur à la réalité.
Chaque jour les Juifs font des coups énormes en ce genre. Les Ephrussi, avec la complicité de la famille d’Orléans qui a mis toute son influence là-bas à leur disposition, sont en train de ruiner le Portugal.
Les Français qui ont été assez naïfs pour prendre du dernier emprunt portugais ont souscrit à 67 francs.
Les Portugais ont reçu 42 francs.
Il y a donc 24 points d’écart entre la somme reçue et la somme versée, 33 pour 100, un tiers d’usure pour la commission.
Notez que le Portugal est dans l’impossibilité absolue de faire face à ces emprunts. Le revenu qui n’est susceptible d’aucun accroissement est de 220 millions à peine et chaque année il y a un déficit de 50 millions; il ne reste à ce pays qu’à imiter l’exemple de la Turquie et à faire faillite.
LE TESTAMENT D’UN ANTISÉxMITE