‹ Le testament d'un antisémiteChapitre 6 sur 32 · LA QUESTION JUIVE A L’ÉTRANGER · texte numérisé non relu

LA QUESTION JUIVE A L’ÉTRANGER

Ignorance des Français sur tout ce qui se passe à 1 étranger Guillaume II. — Les débuts d'un règne. — Israël reprend possession de l’Empereur. — Une déclaration des Archives Israélites. — Assuérus-Guillaume et Mardochée-Singer. “Lu Badhan. — Triomphe de Miquel. — Un Rouvier allemand. Disgrâce de Stœcker. — Une bonne affaire et une mauvaise action. — Grandeur d’âme du Czar. — Les Juifs en Russie. — * La syphilis industrielle. — Un article du Nord. — Dangers qui menacent le Czar. - Le Juif Adler. - Un insulteur de la France décoré par le gouvernement français. — Dédaigneuse réponse de M. de Kotzebue. — La mort d Alexandre II. — Les Nihilistes trahissent leur race. — L’assassinat de Bralystok. — Le meeting d’indignation de sir Henry Isaacs. — Un peuple de cannibales. — L’Angleterre et l’Irlande. — La philanthropie de Jameson. — Les évêques anglicans. — Les exploits de sir Henry Isaacs à Paris. — Le magasin des Grands Boulevards.

Alors qu’il est si difficile aux Français de savoir ce qui se passe chez eux, on s’explique que les événements du dehors ne leur arrivent que déformés, dénatiirés,

tr3.v6stis

En réalité les Français ne savent de ce qui se passe à l’étranger que ce que veut bien leur en apprendre le Juif Rosenthal, le Jacques Sincère du Figaro qui dut jadis quitter l’Allemagne un peu précipitamment et sans y laisser de regrets.

Vous devinez ce que devient sous la plume de cc reptile tout ce qui touche à la question juive en Allemagne et en Russie.

Rien n’est plus intéressant, cependant, à étudier, car c’estune des saisissantes manifestations de la rivalité qui existe entre Guillaume II, l’Empereur allemand el Alexandre III, le Czar de toutes les Russies.

Depuis que notre France, affublée de la loque jaune, a renoncé, momentanément, nous l’espérons, à remplir sa mission, il y a deux puissances en présence. Deux souverains apparaissent au premier rang- sur la scène du monde pour se disputer la suprématie morale plus importante encore que l'hégémonie matérielle, la direction de cette Europe si profondément troublée par les pratiques et les idées juives.

Quel sera le grand Empereur? se demande-t-on. Lorsque l’éphémère souverain que le peuple de Berlin avait surnommé Cahen Ier eut achevé de rendre tous ses mucus et que Guillaume II eut pris possession de ce trône qu’il avait si ardemment convoité, on put croire un instant que ce serait lui le grand homme, l’être d’élection que la Destinée appelle par son nom pour quelque rôle extraordinaire.

Lejeune César surgissait devant tous avec une sorte de grandeur faite de souvenirs du Passé et d’aspirations vers l’Avenir. On citait de lui des paroles qui semblaient le montrer comme un chevalier d’autrefois résolu à mettre la Force au service de la Justice, prêt à couvrir de son épée les déshérités de ce monde, ceux qui travaillent et qui souffrent, ceux qui produisent et que des parasites exploitent sans pitié. Il avait au tour de lui des hommes dont l’amitié l’honorait, Waldersée, Stœcker — un soldat, un sacerdote d’accord pour flétrir les spéculations d’Israël et pour maudire cet art funeste de s’enrichir en faisant des pauvres, qui est le propre du Juif.

Les Juifs, un moment, se regardèrent avec terreur. Ils se dirent : « Après tous ces rois d’opérette dont nous avons fait nos jouets, allons-nous donc trouver en face de nous le Prince qui comprend sa mission, le Prince qui sait que Dieu lui a mis la couronne sur la tête pour défendre le peuple dont il est le chef? »

C’étaient lesjeunes qui parlaient ainsi. Les Juifs blanchis dans toutes les corruptions et qui ont des expériences de vieilles matrones ne croient pas à la Vertu et

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ils se disaient : « Il faudra voir I » Ils virent et ils s’assurèrent bientôt que cet homme, dont l’allure juvénile les avait effrayés, n’était qu’une individualité de reflet ; ils purent se convaincre que les nobles paroles qui avaient frappé l’Europe lui avaient été dictées par les illustres amis qui l’entouraient. C’était un serin qui répétait une leçon apprise ; pour lui apprendre une autre leçon, il suffisait de lui jeter un peu de millet, le mille- 1 de la banale réclame qui avait déjà servi à faire chante] des airs juifs au pauvre archiduc Rodolphe.

C’est l’éternelle histoire : lorsqu’un être de quelqu< valeur apparente se révèle, le Juif rôde autour de lui un peu tremblant d’abord ; puis il se rapproche, fait de: risettes : dès qu’il est persuadé que le personnage n’i rien de terrible, il s’enhardit aux familiarités déshono rantes, il lui tape sur le ventre, l’appelle : « Ma petiti vieille » et finit par lui dire : « Donne-moi ta main, qu je fiente dedans... »

Les Sémites en sont là avec Guillaume et publique ment ils commencent à le comparer à ce Schanababa d’Assyrie qu’on appelle Assuérus.

C’est M . Singer qui a trouvé cette belle idée dans le Archives israélites. Ce M. Singer est un de ces Juii exaspérés qui mettent parfois dans les Archives un note violente qui n’est pas habituelle à cet exceller Isidore Cahen que notre ami Jean Drault s’obstine, je n sais pourquoi, à appeler Cacahen. Il commence par dé clarer qu’il brûlera la cervelle aux Antisémites c3 Vienne qu’il qualifie de Rosche ; il est vrai qu’il écr cela de Paris et que, s’il se trouvait au Prater, devai ces hommes intrépides qu’on nomme Schneider, Ve: gani, Pattaï, Luëger, Cornélius Vetter, il se content* rait probablement de leur brûler la politesse et de d* guerpir au plus vite...

Quoiqu’il en soit, ce Singer interpelle directemei M. de Bismarck et lui dit sans autre préambule :

Je vous prie de relire le magnifique livre d’Esther où vo trouverez l’iiistoire typique de llaman et de Mardochée. H

LA PRESSE ET l’eSPRIT PUBLIC 143

aan, le tom-puissant ministre, c’est vous, monseigneur ; Lssuérus, c est Guillaume et Mardochée, c’est le socialisme llemand inauguré par les Juifs Lassalle et Marx et continué ar mon homonyme et coreligionnaire Singer.

Vous avez voulu abaisser et annihiler Mardochée, et c’est ous le grand chancelier qui êtes devenu sa victime (1).

Il est impossible de mieux faire sentir à Guillaume vec quel vilain monde il a fait alliance. Le Singer de lerlin, celui que le Sing'er de Paris invite Guillaume à lire promener à travers la ville sur un cheval blanc, ersonnifie, dans ce qu’il a de plus méprisable, le ocialisme exploiteur et menteur, le Socialisme juif si ifférent du vrai Socialisme. Ce prétendu ami du Peuple irige une des manufactures les plus importantes de erlin et il est célèbre par l’impitoyable dureté avec iquelle il traite ses ouvrières. G’est lui qui répondit quelqu’un, qui lui faisait observer le contraste de 3s discours et de ses actes, cette effroyable parole : Il est vrai queje paye très mal mes ouvrières, mais les sont libres à huit heures et, à cette heure-là, il y a icore des hommes dans les rues. »

On voit que ce Singer tudesque a tout ce qu’il faut )ur jouer le rôle de Mardochée et que, si Guillaume a îsoin d’une Esther, il se chargera de la lui fournir ins les prix doux...

Assuérus, d’ailleurs, est le nom qu’on prononce puiquement. Entre eux, dans l’intimité, les Juifs alleands, depuis le haut banquier jusqu’au dernier Itzig ! Berlin, désignent tout simplement Guillaume sous nom de Badhan.

Le Badhan est un type dans la vie juive (2). Il fait rtie de l’orchestre de musiciens que le Kahal entrent à ses frais et fournit pour les mariages. G’est, à fois, un factotum, un bouffon, un improvisateur d’in-

1) Archives Israélites, 16 octobre 1890.

2) Voir la Russie juive , de Kalixt de Wolski.

le testament d’un antisémite

terminables discours. Il ne peut rester en place; comm< l’Empereur allemand, il se mêle de tout, il intervien dans tout comme Guillaume ; il amuse la société pa: l’importance exagérée qu’il se donne ; il va cherche lui-même les voitures pour la noce, il assigne à chacui sa place, il surveille les préparatifs de la soupe 0Jo\ que les nouveaux époux doivent manger après la céré monie nommée KadoucMne , la remise de la bague 01 de la pièce d’argent.

Avec leur instinct de parodistes, leur terrible don d saisir le côté grotesque et laid d’une physionomie hu maine, les Juifs ont été frappés chez Guillaume de c besoin de se mettre toujours en évidence, de l’absenc absolue de cette maîtrise de soi-même que le Czar pos sède à un si haut degré, et ils se sont vengés avec c sobriquet du souverain dont ils avaient eu peur un m( ment.

Dans cette voie-là, on ne s’arrête pas et Guillaume e est arrivé a prendre Miquel pour ministre des finance:

Ce Miquel a toujours passé pour être Juif, mais, d( qu’on aborde cette question dans un journal, on reço une lettre de MUe Mina Miquel, cousine du Miqui en question, qui vous raconte longuement les péru grinations de cette famille qui, pour une famille chr tienne, nous paraît avoir autant voyagé que le Jui Errant. Un Miquel aurait été compagnon d’Henri I\ il aurait ensuite passé dans les Pays-Bas où il sere; devenu maître d’escrime dans la compagnie des garde du corps du prince-évêque de Munster. Un de s» descendants aurait exercé la médecine dans le cour de Bentheim et, pour épouser une luthérienne, il aunembrassé le protestantisme.

Quoi qu’il en soit, si ce Miquel n’est pas juif, il et digne de l’être. C’est un des plus affreux forbans de i finance allemande, un d’Erlanger opérant dans s*) pays. Devenu membre du Landtag prussien, il fut u des agents du pacte conclu avant la guerre de 181

Bntre 1 Allemagne et la Juiverie européenne pour cette ïampagne de France qui fut surtout une opération inancière. En échange du concours des Juifs il demanda le vote de cette loi du 27 juin 1870 qui’ affranchissait les sociétés par actions de tout contrôle et de oute surveillance de l’État et qui permit les razzias inancières qui suivirent la guerre.

Une fois la paix signée, il se lança à corps perdu dans es opérations équivoques. L 'Univers, un des rares ournaux de Paris qui disent parfois la vérité sur les tommes et les choses de l’étranger, a raconté le curiculum vitœ de ce flibustier de haut vol.

Après la guerre, la première affaire deM. Miquel fut V Union e Dortmund, espèce de syndicat fondé avec les Juifs Hanîmann de Berlin, Abraham Oppenheim de Cologne et les othschild de Francfort. Cette affaire fut pour le marchl lemand ce que 1 affaire des Cuivres fut pour le marché fran-

Il S •

M. Miquel lança ses actions avec un agio de 10 pour 100

.rentPpnSSa 22n 5 IorSqUe Ies duPes Amandes les

lient en portefeuille, elles descendirent à 12, c’est-à-dire

tcore au-dessus de leur valeur réelle.

Mais l'appétit venait en mangeant. La Dortmunder Union

l! cbros, f à eiHé ?" ComPtoir d’Escompte (. Disconto ■ sellschaft ). Cette « création » fut également, montée par

• 'qt"r f Ju'f Hansemann. Après avoir écume cette aire, ils fondèrent le Sous-Comptoir d’Escompte (Provin-

‘ nmf/tnn fsM\ch^ au caPilal do 10 millions d ecus. pour 100 durent etre versés par chiffre nominal des

-ions, et des leur apparition les actions non-libérées furent adues et poussées à ISO; elles sont ensuite tombées à 70. Nous ne mentionnerons qu’en passant l’affaire du Chemin 1er métropolitain de Berlin, où, grâce à M. Miquel, l’État sien engloutit 7 millions d’écus à fonds perdus ; l’affaire a suppression du Mont-de-Piété, qui ouvrit les portes aux ieuis louches et aux tripotages à réméré , etc. (1).

&près le krach de 1873, dans lequel Miquel avait

0 Univers, 20 mars 1889.

le testament d’un antisémite

le principal rôle, le vieux Guillaume avait ordonné d poursuites contre le financier sans scrupules et si complices, et il allait être conduit dans la prison <1 Moabit, lorsque l’intervention des Rothschild le sam, Quelques jours après, il fut reconnu par ses \ictim: dans Unter der linden , à demi assommé à coups : parapluie et précipité dans la boue.

Voilà l’homme dont Guillaume II rêvait de laire : Grand Chancelier et dont il a fait un ministre Ci Finances en remplacement de M. Scholz, à un morne où toutes les convoitises populaires sont déchaînées, . d’honnêtes gens seraient nécessaires pour inspirer! ceux qui sont en bas le respect de ceux qui sont :

haut.

Vous voyez ce qu’il faut penser de ce souverain qui dépeignait comme ayant une sorte de foi mystic dans sa mission, comme personnifiant un idéal ger

reux et élevé. ■ ,

C’est bien le fils de l’Anglaise, le Tartufe protestai

un général Booth couronné, faisant des prônes évi géliques à tous les corps d’état, aux officiers, aux p. fesseurs, leur recommandant la moralité et la veiti. prenant pour ministres des aigrefins.

Qui ne se rappelle le discours extravagant prono : par l’Empereur à la conférence des maîtres de 1 en. gnement supérieur :

J’aurais été très satisfait, disait Guillaume, si nous n’av i pas dénommé ces examens, ces négociations, du mot f.i çais Schulenquête, mais du nom allemand Schulfrage. F',{ (question) est le vieux mot allemand qui désigne les reei ches. Servons-nous donc simplement du mot de Schulf i (question scolaire).

Cette mesquine façon de tout réduire à des quest J de mots ne vous donne-t-elle pas l’idée de l’étroit s de ce cerveau? Ce souverain, flanqué de son an< précepteur Hinzpeter, devenu conseiller aulique, ( vient discuter solennellement de pareilles niaise):

ae vous fait-il pas songer à Chilpéric voulant à tout prix mettre deux lettres de plus dans l’alphabet et condamnant à être écorché vif un maître d’école qui avait arotesté contre cette innovation ? *

Pauvre Pet-de-Loup qui vous arrêtez à ces arguties de grammairiens, ne voyez-vous pas que l’enseignenent qu il faut avant tout à nos générations déséquilibrées, c’est l’enseignement moral, c’est l’exemple de la VTertu honorée, de la Probité récompensée, c’est l’affîrnation dans les gouvernements d’un principe moral ? V quoi servira-t-il aux jeunes gens, pour se guider lans la vie, de savoir faire, comme vous le dites, une bonne composition sur Minna de Êarnhelm du Juif jessing si, en levant les yeux vers le trône, ils aperçoivent un financier véreux choisi par vous comme ministre, investi de votre confiance, décoré par vous de 'Aigle rouge ?

Il faut ajouter que le jeune Empereur n’est qu’à demi esponsable. Il est rare que les infirmes aient la pléniude de leurs facultés et Dumas a bien mis ce point en jniière avec Gambetta, ce Gyclope qui n’entrevoyait u’une moitié de la création, qui, clairvoyant pour tout e qui touchait aux choses matérielles , était aveugle our tout ce qui était l’honneur, la justice, l’honnêteté. Avec sa vanité maladive, son bras estropié, ses refiles toujours obstruées par le pus et l’inévitable ancer qu’il sent grandir en lui, ce pauvre Badhan tait destiné à devenir ce qu’il est, un amusement pour JS Juifs qui, moyennant quelques articles dans ces burnaux, quil fait semblant de mépriser et qu’il lit videment, le mènent par le bout du nez... C’est un îalencontreux, d’ailleurs ; il tombe toujours de cheval ; ans son audience avec le Pape, il laisse rouler son asque à terre ; aux grandes manœuvres, en Russie, se fait prendre ridiculement et le Czar est obligé de ii dire, paternellement et avec une nuance de dédain ^marquée de tous : « Me ttez-vous à côté de moi ; il ne ous arrivera rien... »

On devine le désespoir du groupe des socialisé chrétiens qui entouraient Stœcker en voyant l’Ail magne livrée à des Miquel ; ils avaient rêvé de réfo mes fécondes s’accomplissant par en haut, d’un reto ■ aux idées de moralité et de justice qui font les natio i grandes et les peuples heureux ; et c’était le souverai lui-même qui livrait son pays à tous les écumeui d’Israël...

Une désillusion nouvelle était réservée à ces homnn de cœur.

Guillaume suivit la pente ordinaire des princes ejuivés, il imita l’exemple du prince de Galles qui 2 fait entretenir par Hirsch et de l’archiduc Rodolp: qui devait à tous les banquiers de Vienne. Il en arris à mettre ses amis à l’encan, à faire un marché de: disgrâce de Stœcker! Bleischrœder déposa l’argent si la table et le pacte fut conclu.

L’Empereur, il est vrai, fut un moment furieux con ( Bleischrœder qui avait raconté cette histoire qui biu tôt courut toute l’Allemagne. Les journaux, Y AV meine Zeitung de Munich, notamment, s’efforcèru de démentir ce récit, mais leurs explications embarn sées et contradictoires ne purent convaincre person î Néron, sans doute, avait, lui aussi, éloigné Burrhs mais, du moins, il ne s’était pas fait payer pour ci par les Publicains. Guillaume II, en chassant br-uü2 ment ceux qui avaient été les conseillers et les guic de sa jeunesse honnête, agissait en prince tout à i moderne : il trouvait moyen de faire une bonne affr avec une mauvaise action...

Tandis que Guillaume tourne au don Pedro, le bi lesque empereur qui déchirait sa culotte pour cor: plus vite visiter les synagogues et qui maintenant 1 des lectures dans les académies, le Gzar de toutes é Russies apparaît auguste dans son calme et dans 5 majesté ; il a la grandeur de l’homme qui se recueilb qui se tait.

II semble que ce soit lui décidément que la Provimce ait choisi poui etre le représentant de la civilisa- )n occidentale.

De\ ant lui naturellement se pose la question juive. A Guillaume II, les Juifs ont dit: ce Vous savez, si us voulez avoir ce qu’on appelle en termes de boulerd « une bonne presse », si vous voulez entendre us les reptiles d’Europe siffler des airs en votre hon-

ur, lierez votre peuple à 1 exploitation des amis de iquel. »

Et Guillaume a répondu : « J’y consens ! »

Au Gzar, qui n’est point un jeune homme gonflé vanité sotte comme Guillaume, on a tenu un autre ig’age. On lui a dit :

: -< Si 'vous ne trahissez pas les intérêts sacrés que pu a mis en vos mains, les Juifs vous tueront. Les ifs allemands, les Lavrenius, les Reinstein, les Men- Isohnn, les Bromberg, les Gunzburg, sûrs de la nplicité de 1 Allemag'ne et de l’Angleterre, essayeit de vous assassiner. Ces gens-là sont trop lâches ir s’armer du poignard d’Aristogiton, de Brutus, vrena ou de Milano, du pistolet même d’Alibaud ou I Pianori, mais dans les universités dont vous leur ;z trop généreusement ouvert l’accès, ils ont appris terribles secrets de la chimie et ils s’en serviront ttre vous. »

^.vec la résolution tranquille qui le caractérise, le g’nifique mépris qu’il éprouve pour les agents allends qui conspirent contre lui, le Czar répondit:

Je n’ai pas peur. Mon devoir est d’empêcher qu’une de de Iouddis fasse travailler des millions d’hommes »n profit, pressure pour en tirer de l’or les ouvriers champs et des villes et dépouille par l’usure ceux ont réussi à économiser quelques kopecks... » est à ce moment que furent décidées les mesures ; tre lesquelles les journaux affiliés a la Juiverie ont ié dans 1 Europe entière une si bruyante campagne. ien ne peut donner l’idée de ce que sont les Juifs

150 LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE

de Pologne et de Russie. Ils anéantissent les popule tiens de villages entiers avec de l’eau-de-vie empoisor née. C’est d’un grand seigneur polonais que je tier directement ce propos, qui est le pendant du mot époi

vantable du Singer de Berlin :

Un enfant de huit ans passe sur la route. Le cabar< tier juif l’interpelle du seuil de son cabaret.

— Eh ! petit ! arrête-toi un moment, je vais t’offr

un verre d’eau-de-vie. ?

Et il verse au gamin une énorme rasade d eau-de-v

frelatée... » .

' Le seigneur s’approche du cabar'etier :

Pourquoi corrompre cet enfant ? Tu n’y as aucr

intérêt puisqu’il ne te paye pas. > . .

— Sans doute, répond l’autre avec le sourire sinisL des gens de sa race, il ne me paye pas... mais, voyrvous, il faut les habituer tout jeunes...

Les Juifs ont réussi à svphiliser une partie de la Rrsie. La preuve de ceci, nous la trouvons, non dans d: brochures ou des livres écrits en vue de combatli l’influence juive, mais dans un de ces ouvrages td à fait spéciaux, qu’il faut consulter de préférence si 1 ï veut connaître l’état exact d un pays.

La syphilis, écrit un savant éminent, M. Podolinsky (

(1) Le travail de Podolinsky a été publié dans les camp rendus du Congrès de l’Association française pour l’avancerai des sciences. (Congrès de Montpellier, 1879, p. 863, sons le t 1 suivant : État sanitaire des 'populations du gouvernement de me.

M. Louis Jullien a cité ce passage dans le Traité pratique ; maladies vénériennes. (Paris, 1886.)

M. Jullien ajoute :

« Des doutes ayant été formulés sur l’exactitude de ce récit, « fait prendre au cœur même du pays des renseignements t n’ont fait que le confirmer. Tout au plus peut-on supposer > Podolinsky a quelque peu poétisé les faits, d’ailleurs exacts, fi obligeant correspondant m’apprend que la basse classe des]encore la syphilis sous le nom de maladie française ; il ms tout particulièrement sur ce fait que les auteurs de ces hon embauchages sont des Juifs, qui ne reculent devant aucun me

t le fléau principal des populations rurales ; dans certains liages, le tiers au moins des habitants est contaminé. Le luvernement de Kiew est plus atteint que tout autre, en rai- >n des nombreuses raffineries et des plantations de bettetves, où le travail est organisé d’une façon vicieuse et danereuse pour la salubrité publique. Les entrepreneurs de traîux, pour la plupart Juifs, ne trouvant pas facilement la ■ande quantité d’ouvriers nécessaires à la culture des betiraves, ont imaginé d’attirer la jeune génération des vilges en réunissant l’orgie au travail, en offrant de l'eau-dee et en faisant jouer de la musique plusieurs fois par jour, 1 faisant coucher jeunes gens et jeunes filles ensemble, en i mot en offrant toutes les occasions à la débauche. Ces unes gens des villages quittent par centaines les maisons de urs parents, s’en vont passer deux ou trois mois aux planbons de betteraves, dans un milieu impur et malsain, où s dépensent tout leur salaire et contractent la syphilis. Les unes filles qui ont passé une saison aux betteraves sont ès difficiles à retenir à la maison ; au printemps, dès felles voient arriver les musiciens assis sur des chars dérés, elles se laissent enlever pour ne plus revenir que vers fm de la saison, fatiguées, dépravées, malades.

Quant à l’usure, elle dépasse tout ce qu’on peutimainer. On a cité vingt fois l’histoire de ce malheureux lysan russe qui, en échange d’un billet de cinq roubles, lit par ne rien recevoir du tout.

Notre vaillant confrère, le Lillois , qui par la plume ; le crayon a fait aux Juifs qui étaient en train de raiger Lille une guerre qui lui a valu l’estime de tous s gens de bien, a raconté spirituellement cette anec- )te célèbre en Russie :

Un paysan russe se rend chez un prêteur juif et lui deande à emprunter cinq roubles (20 francs) pour un mois. — Je veux bien te prêter cinq roubles, dit l’Israélite, mais la condition que tu m’en rendras huit dans un mois.

mr piller les paysans et s’enrichir de leurs dépouilles. Sa collision, dont je n’accepte nullement la responsabilité, vaut d’être produite comme document: « Le vrai fléau, c’est le Juif. »

LA. TESTAMENT d’uN ANTISEMITE

Le paysan hésite un peu, puis, pressé par le besoin, i

accepte.

— Mais, reprend l’autre, j’ai l’habitude de prendre l’intérê d’avance ; par conséquent je vais te donner trois roubles, e tu m'en devras encore cinq.

Le pauvre moujik n’est pas content ; cela ne fait pas sor compte ; cependant, plutôt que de ne rien avoir, il consen à la nouvelle combinaison, signe un billet au juif et reçoi trois roubles. Au moment où il va passer la porte, le prêteur le rappelle :

— Écoute, je sais qu’il te sera bien difficile de me rendre cinq roubles à la fin du mois ; donne-m’en deux à présent ei tu m’en remettras trois à l’échéance.

— C’est vrai, dit le paysan. Et il donne deux roubles.

— Ma foi, reprend le Juif, en réfléchissant bien, il me semble que tu n’as pas grand besoin du rouble qui te reste. Remets-le-moi, tu ne m’en devras plus que deux !

Le paysan, ahuri par lous ces comptes, ne comprend rien, donne son dernier rouble et s’en va. Naturellement, le mois écoulé, il doit payer les cinq roubles, montant du billet souscrit au prêteur.

Ceux qui m’accuseraient d'exagération feront hier de lire un article publié dans le Nord au moment or l’Angleterre manifestait l’insolente prétention de se mêler des affaires de la Russie, et qui, écrit dans le bonne langue française du dix-septième siècle, est ur chef-d’œuvre de persiflage dans sa modération volontaire.

La Presse juive, fidèle à la tactique qu’elle emploie contre nous, parle toujours de persécution religieuse, alors qu’il ne s’agit que d’une question économique et sociale.

Il n’y a pas de persécution religieuse en Russie, répond le Nord, voici ce qu’il y a : il y a en Russie, comme partout ailleurs, V envahissement de l'Aryen indigène 'par le Sémite. qui s’est abattu sur le pays dans ses migrations et ses pérégrinations.

Le Sémite de la foule, très-intelligent, très-retors, peu scrupuleux, âpre au gain, ne se gêne pas avec le peuple russe: qu’il exploite avec toute l’ingéniosité de sa race. Fuyant le

>anars d Orient dans les villes, courtier ,! , 1 es

"ZI SaDS eDtrail'eS paHout’ le commun de ses vo!

“ S’élèTC

itaire à l'aide de tels procédés et il! ? aU Ser',lce es que la loi est obligée de combattre cettfdés^tfonïrt tive par des mesures spéciales ; enfin, il fournTt au n^hî ae, qui va a 1 encontre de toutes les croyances et de tonte» traditions du peuple russe, un contingent que if™ lue a 80 pour cent. Sur ce fond habituel se9 broden h!! dents tels que l'exploitation monstrueuse de l'armée et

fincroyable^épique ^ de 1877-78' exploit

eNora trouve tout naturel que les Juifs réclament tre ces mesures de « salut public » qui mettent hors eur portée le peuple qu'ils croient étr“ prl une, mais il hausse les épaules à la pensée ctu’un vernement quelconque ait songé une mfnute comme irmaient impudemment lesjournaux juifs, à interve

eu rn Xment,en feVeUr de Ces fflalpropresTexi « é.Di a ’ 1 a,Tertlt charitat>fementlesPhilo-

.tes f; e Londres et d autres lieux, que cette infpr lonn aurait qu’un résultat pour les Juifs de Russie" i de les faire egorger par les paysans qu’ils ont dé-

' voit combien sont urgentes les décisions prises Czar pour protéger les travailleurs de son em Reussira-t-il dans celte lourde tâche devant

ïdoutabTe'ad 6nt ^ GuiUaume II? 11 a affaire redoutable adversaire et qui emploiera toutes les

Pall Mail Gazette a raconté dans quelles condi Gunzburg avait essayé de corrompre le ministre

le testament d’un antisémite

de l’Intérieur, M. Dournowo, avec un chèque du million de roubles endossé par la maison Mendelsohr

de Berlin. ,

M. Dournowo refusa, mais les Juifs ont des mtel

pences parmi les hommes sur lesquels le Gzar aurait:

plus le droit de compter, et dans toutes les capitales i

travaillent à empêcher la conclusion de lalhani

franco-russe. , , 0

M. de Kotzebue, conseiller de 1 ambassade de ■ Bus:

à Paris, est un homme droit ; il déteste les Juils et, aime son prince. Quant au baron de Mohrenheim : est plus douteux ; ce fut grâce à son intervention, on ( l’a pas oublié, que le gouvernement français refusa < reconnaître le caractère d’utilité publique à la Socu des amis de la Russie. Il est inexplicable, en tout ci qu’il ait laissé le Juif Adler, simple employé au eu sulat de Russie, intervenir dans lalevee des scelles 11 sur les papiers du général Séliverstoff alors que le J Mendelshonn était compromis dans l’affaire. U explique la tournure abracadabrante qu a prise c«t affaire Padlewski, dans laquelle le gouvernement rus a été trompé à la fois par l’ambassade et par le gouu nement français qui a fait filer le véritable Padlevl pour complaire aux Juifs protecteurs de Mens

sohnn. i . .. ,

Cet Adler, en effet, joue un rôle parfaitement code tous. Juif polonais, ainsi que nous l’a appris le ) respondant russe de la Lautevyie , il est chargé ci cueillir et de placer tous ses coreligionnaires, les 1 tégés de M. de Rothschild et de Hirsch expulse:» Russie par mesure de salubrité publique.

Cet Adler ne perd aucune occasion d’insulte

France de la plus grossière façon.

Au mois de juillet 1889, un de nos confrères, do ; parole est au-dessus de tout soupçon, se trouva visite chez Adler dont le hasard l’avait fait vois] campagne. La conversation s’étant tournée sur la c tique, Adler s’exprima sur le compte de la Répub ]

et de son gouvernement en termes si inconvenants que notre ami se leva et lui dit :

Monsieur, vous oubliez que je suis chez vous et que je ne puis vous répondre sur le même ton, mais vous aurez ma réponse demain.

Là-dessus notre ami sortit accompagné de son frère. Une heure après toute la famille Adler apportait des excuses, mais notre confrère ayant manifesté l’intention de pousser les choses à bout, le lendemain JVl. Adlei lit la démarche qu’on avait exigée.

Ces écarts de langage étaient, d’ailleurs, si familiers à 1 employé du Consulat de Russie qu’une autre fois, dans un dîner il s’attira une réponse sanglante de Jacques de Riez. Il traînait selon son habitude la France dans la boue, il parlait de la désorganisation générale, du dégoût que nous inspirions à l’Europe... Jacques de Riez est comme moi, il trouve que nos malheurs sont des malheurs de famille et il n’admet pas que les Juifs viennent oratorer sur une crise morale, qui est due à l influence corruptrice de la Juiverie, et qui cesserait immédiatement si les Français redevenaient les maîtres mez eux. Il répondit à l’insulteur :

Monsieur , la vraie plaie de la France ce sont les Btrangers qui l’envahissent, qui abusent de son hospitalité, qui se la partagent comme une province conquise* Vlais le jour est proche où nous leur prouverons que a France n’est pas la Pologne...

Ces perpétuels outrages envers la France devaient laturellement attirer à cet Adler les sympathies d’un gouvernement où les Juifs sont tout-puissants, puisque

est une Juive qui dirige maintenant le ministère des maires étrangères.

Au 1er janvier dernier, Adler fut décoré, et l’on se ouvient de l’mdignation que souleva dans le corps ip omatique cette décoration donnée à un employé de onsulat, alors que M. de Kotzebue, qui est chargé es afîaires de l’ambassade en l’absence de M. de ohrenheim, qui représente le gouvernement du Gzar

LE TESTAMENT d’üN ANTISÉMITE

près de la République française quand l’ambassadeur n’est pas là, n’était même pas chevalier de la Légion d’honneur. Ribot ne pouvait affirmer plus cyniquement que la France était aux mains des Juifs.

La Patrie a raconté de quelle façon M. de Kotzebue reçut Adler lorsqu’il se présenta à l’ambassade.

Avant-hier M. Adler est allé chez M. de Kotzebue pour lui demander si le gouvernement russe ne s’opposerait pas à cette étrange action. Le chargé d’affaires de Russie lui a répondu que le gouvernement français est libre de décorer les gens pour les mérites qu’il est seul à découvrir en eux (1).

Adler était si certain qu’on ne pouvait lui refuser cette distinction qu’il l’avait annoncée d’avance et qu’au Bottin de l’année 1890, il avait ajouté devant son nom une particule, d'Adler , pour essayer de maquiller sa Juiverie qui commence à le gêner.

Je ne sais si Alexandre RI lira jamais ce livre. Trop souvent, hélas ! on monte la garde autour des souverains pour empêcher la vérité de pénétrer jusqu’à eux. Parfois aussi un serviteur modeste, un valet de chambre qui a de l’affection pour son maître, se charge de le prévenir, de l’informer, de lui faire lire ce qui peut l’intéresser.

Alexandre R avait été averti de tous les côtés qu’un attentat se préparait contre lui ; il s’en rapporta à ses ministres et, le 13 mars 1881, il tombait les jambes fracassées par les bombes, la tête ensanglantée et il murmurait en s’appuyant à la balustrade du canal Catherine : Oubüi menia! « C’est fait de moi! » La police n’avait même pas pris la précaution de placer une haie de sergents de ville dans l’endroit où il devait passer ! S’il emploie des agents juifs, Alexandre RI finira comme cela... (2)

(1) Patrie , 26 décembre 1SS0.

(2) Voir dans le Correspondant (10 et 25 décembre 1890), une très remarquable étude de M. Norbert Lallié : La lutte du Tzarisme et du Nihilisme.

L’avis que je donne à l’Empereur est bien désin- ■ressé ; je ne désire absolument rien de lui et l’on vouera qu'il est plus glorieux pour un homme d’être auteur de la France juive que d’avoir le grand coron de Saint- André.

Je ne suis pas même l’ennemi des Nihilistes. J’admire ur froide intrépidité, leur abnégation, l’héroïque paence avec laquelle beaucoup supportent d’horribles rivations. J’ai eu l’occasion de causer avec quelquesns d’entre eux et je leur ai dit : « Gomment, vous qui présentez l’âme aryenne en ce qu’elle a de plus imirable : l’esprit de sacrifice, pouvez-vous servir la mse d’une race sordide et cupide qui, pour amasser 3s millions, exploitera jusqu’au sang le peuple dont dus vous prétendez l’ami ! »

Ils me comprennent bien, mais ils ne sont pas libres ; >mme les révolutionnaires français ils obéissent à des îefs qui ne les valent pas», et ces chefs sont tous à la )lde des grands banquiers juifs de Russie, d’Angle- :rre ou d’Allemagne.

Si le Gzar veut se rendre compte des forces dont dis- Dse encore laJuiverie, et aussi du terrain qu’elle a 3rdu, il n’a qu’à se faire expliquer les moyens grâce ixquels fut préparé le mouvement de protestation orinisé partout contre les oukases libérateurs. En constant le peu d’écho que ce mouvement a trouvé en urope, il verra le travail qui s’est accompli dans les ’prits depuis que la campagme antisémitique a comencé sérieusement. Jadis tout le monde aurait pris irti pour ces prétendus opprimés qui sont en réalité } si cruels oppresseurs; tout le monde aujourd’hui sait quoi s’en tenir, et dans tous les pays, l’Angleterre -ceptée, on cria : « Bravo ! Le Gzar a bien fait de traiter s gens-là comme ils le méritent. »

Dès que furent annoncées les mesures que le Gzar lait prendre en faveur de son peuple, toute la Presse ive fit entendre sa musique accoutumée. Elle débuta al, d’ailleurs, et elle s’attendrit sur le sort d’un en

LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE

fant juif auquel on aurait fait subir un traitemen odieux ; il se trouva malheureusement que, cette foi: encore, c’étaient les Juifs qui, à Bralystock, avaien commis un monstrueux assassinat et lapidé la fille d’ui médecin, en souvenir probablement des anciens sup plices de la Judée.

Ce qui fut beau là-dedans, c’est la protestation d< l’Angleterre, au nom de V humanité.

Au point de vue de la gaieté superlative qui jaillit d« certains contrastes, je ne sais rien qui m’ait procun une satisfaction plus intense.

C’est tellement beau que les images et les idées s pressent pêle-mêle et que la pensée reste quelqu temps informulée et confuse.

Donc, il faut que vous sachiez que ce peuple de proie que la Nature fit cannibale et que le Protestantism rendit hypocrite, était plein de compassion pour le Juifs de Russie et qu’il avait résolu de donner en leu faveur une représentation d’une pièce qui se serait appe lée : Le Requin sentimental ou Le Caïman philan thrope.

Sir Henry Aaron Isaacs fut sollicité d’organiser u: meeting d’indignation auquel toutes les notabilités d l’Angleterre prendraient part.

A cette simple annonce, il semble qu’on voit appa raître tout à coup les spectres des milliers et des millier de victimes de la cruauté anglaise. Ici, ce sont les mal heureux Indous auxquels l’Anglais vendait de force le couvertures de soldats morts du choléra ; là, ce sont le Birmans, que l’on fusillait au mépris des droits de 1 guerre, tandis que des misérables portant l’uniform d’officiers anglais s’amusaient à photographier ceu qu’on assassinait, guettaient, avec le doigt sur le décli de Yinstantané, les moindres mouvements et les der nières convulsions des mourants.

Arrêtez-vous pour contempler l’horreur dans l’hor reur. Un homme a acheté, moyennant six mouchoirs une enfant de dix ans, une créature de Dieu, et ce

homme en fait cadeau à des nèg’res afin qu’ils lui fassent voir une scène de cannibalisme : on saigne l’enfant et on la mange...

Pendant ce temps cet homme, ou du moins cet être à face humaine s’installe commodément et, le crayon à la main, il prend des croquis de la scène, puis il fait un peu d’aquarelle, de la peinture à l’eau, water colours. De temps en temps il pousse de joyeux : « Wery beateful ! » Il voulait voir, il a vu, il est content...

• — Qu’est le monstre? D’où vient-il?

— Qui voulez- vous que ce soit, si ce n’est un Anglais?

Vous avez lu, du reste, le récit complet de l'interprète, Assed-Ferrhan, sur les faits reprochés par Stanley à son lieutenant Jameson et qui eurent pour théâtre le camp de Yambuya.

Qu’est ceci à côté de ce qui s’est passé, de ce qui se passe encore dans cette Irlande-martyre sur laquelle les Anglais se sont acharnés pendant des siècles ! De 1845 à 1849, ils ont fait mourir là trois millions d’hommes de faim et ce sont eux qui l’ont raconté.

Les Irlandais, disait lord Derby au Parlement, étaient réduits à manger des pommes de terre pourries qui les empoisonnaient, et ils mouraient comme des mouches. Ceux qui n’avaient même plus de pommes de terre mangeaient de la terre pour essayer d’apaiser leur faim ; on retourna même au cannibalisme et l’on mangea de la chair humaine. Le désespoir était tel qu’on n’enterrait même plus les morts ; morts et vivants croupissaient ensemble dans d’étroites cabanes...

Les land-lords profitaient de la circonstance pour opérer sur leurs domaines de vastes balayures, des clearences ; ils expulsaient leurs tenanciers et les jetaient sur la grande route.

Dans un article du New-York Herald , O’Brien constatait que, depuis 1845, il y avait eu trois millions d’évictions de fermiers.

Ces évictions, bien entendu, continuent toujours.

Il y a parfois, parmi ces gens qu’on chasse de chez

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eux, des vieillards paralysés qui ont travaillé soixante ans sur ce coin de terre ; ils refusent de s’en aller ; ils se cramponnent aux murailles de leur indigente chaumière... Alors, comme dans le comté Carlow, les policemen enlèvent le toit. La pluie entre, la neige tombe sur le grabat et les vieux crèvent...

Dans le comté Kerry, pour obliger à fuir ces paysans si obstinément attachés à leurs pauvres demeures, on les enfumait comme des renards. On enduisait les murs de pétrole, on y mettait le feu et on attendait que les tenanciers éperdus lussent forcés de se sauver dans la la lande !

A l’heure même où les journaux anglais annonçaient le meeting humanitaire en faveur des Juifs de Russie, on aurait pu voir une centaine de gens armés et de policemen cheminer vers Falcarragh, dans le comté Donnegal, district montagneux qui est peut-être le plus triste et le plus désolé de l’Irlande (1).

C’était une nouvelle expédition organisée pour expulser encore d’infortunés fermiers qui avaient été oubliés. Sur la route se tenait le Dr O’Donnel, évêque de Ra- Phoë, qui donnait sa bénédiction aux victimes et qui les exhortait à prendre patience. Parfois il essayait d’intervenir et d’obtenir un arrangement, mais les propriétaires anglais ou leurs représentants le repoussaient durement et criaient : « Pas de pitié ! »

On en expulsa ainsi 500, puis une épouvantable tempeR survint, aveuglés par des rafales de neige et de pluie, les policemen refusèrent de marcher et l’on accorda un sursis d’un jour.

C est la politique du journal juif de Londres : The Banner o f Israël, le journal de Goschen, dont j’ai cité un extrait dans Dernier e bataille. « Les Irlandais ne sont bons qu’à tuer, et c’est une faiblesse coupable chez les Juifs de ne pas les avoir exterminés tous... (2). »

(1) Courrier de Bruxelles , 24 novembre 1890.

(2) Banuer of Israël , 17 juillet 1889.

G est devant de tels tableaux, je le répète, qu’on sent en 1 impuissance de l’écriture et la lourdeur de la ume à traduire tout ce qu’on ressent, et c’est ainsi l’on s’explique que des hommes de très grande vaur auxquels les pensées et les images venaient à flots op pressés, aient beaucoup parlé et n’aient pas écrit. Pour rendre ce qu’on éprouve, il faudrait pouvoir oauire un changement à vue, comme au théâtre.

Ici un paysage d Irlande noyé dans un brouillard acial, des malheureux assis au bord du chemin, dans boue, à quelques pas de la chaumière où ils sont nés femme s’efforçant de réchauffer dans sa jupe trouée enfant qui a faim et qui pleure...

Le land-lord le privilégié du sort auquel Dieu avait nlie le som de veiller sur ces pauvres hères qui sont 5 frères, a des millions de livres sterling ; il possède s châteaux partout, des équipages de chasse, des lenes pleines d’œuvres d’art, il ne pourrait en huit îrs faire le tour de son domaine... Et ce drôle ce ludit. cet infâme, a donné froidement l’ordre de jeter s désespérés hors de chez eux. J

- Où donc est-il, ce Caïn ?

- Où il est?... Tenez... là-bas... à Guidhall. Sous le des lustres, il y a une assemblée de philanthropes • âmes sensibles protestent, au nom de V humanité, 'ce que le Gzar veut empêcher les Juifs d’empoison- ' et de voler les paysans russes... Regardez parmi tes les Grâces, les Honneurs et les Révérences qui tla, et vous y trouverez votre land-lord impitoyable...

3t un digne fils de la déloyale Angleterre, il est mau-

’ mais il est menteur, il est cruel mais il est hypoe, et de cette main qui, d’un trait de plume, a voué mort ses infortunés tenanciers d’Irlande, il a siffné equête à sir Isaacs...

-s soussignés sont d avis qu'il y a lieu d’exprimer publi nen une opinion au sujet des persécutions renouvelée îuelles des millions d’Israélites sont en butte dans h >ie, sous le coup d’édits exceptionnels et de mesures res

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trictives. Ils demandent, en conséquence, à Y. S. de vouloir bien convoquer un meeting à Guidhall et d'en accepter la pré sidence.

J’ai étudié cette liste avec un vieux prêtre irlandais qui me donnait des détails sur les quatre-vingt-trois signataires. On ferait l’histoire du crime social et lt. procès des hautes classes au dix-neuvième siècle riei qu’avec la vie de ces gens-là.

Le duc d’Argyll, qui vient en tête, est le père dp marquis de Lorne, qui a épousé une des filles de 1; Reine. Le père et le fils se valent. Tous deux sont vil j et sans entrailles. Les crafters d’Ecosse où d’Argy] a ses terres tuent les cerfs et les daims de leur sei gneur pour se venger de tout ce qu’il leur fait endurer

Aberconn est un des plus féroces land-lords d’Ir lande. « Aberconn l’implacable », dit-on là-bas.

Les tenanciers du Tr. lion, comte de Meath, un autr lord irlandais, sont morts de misère par centaines ai: tour de son domaine de Bray (1). Milord est atroci Milady est pire. Milady a, d’ailleurs, signé la requêh en même temps que son mari, et versé une larme alcoc lique sur les Juifs de R,ussie.

Le duc de Westminster est,, lui aussi, du bois dop on fait les damnés. C’est le plus riche propriétaire te:

vi) C’est ce peu recommandable personnage qui devait ail porter au Czar les vœux adoptés au meeting de Guidhall, en cor pagnie de M. Joseph Pease.

Le comte de Meath renonça à son voyage, parce que l’amba sadeur d’Angleterre en Russie le prévint que la première questi que daignerait lui adresser le Czar serait celle-ci : « Monsieur philanthrope, combien avez-vous fait mourir de vos tenanciers h faim ? »

Cela rappelle la réponse de Frédérick Lemaître à la reine Y:toria. Frédérick avait été jouer à Londres le Chiffonnier de Par : la reine l’avait fait venir dans sa loge, et la vieille ogresse a: dents jaunes avait feint l’attendrissement.

— Comment, vous avez de pareilles misères à Paris?

— Madame, répondit Frédérick avec sa voix tonnante et si grand geste, ce sont nos Irlandais...

•ien du Royaume-Uni (1). Il a vingt millions de rente; 1 possède tout un quartier de Londres ; à l’expiration le ses baux à long terme, il verra ses revenus doubler, it il se vante lui-même de n’avoir jamais donné un ■chelling à personne. Il arrivera devant Dieu sans avoir me bonne action à lui raconter.

Par avarice, Sa Grâce voyage en deuxième classe ; m lui fit un jour la plaisanterie de faire entrer dans on compartiment une troupe de petits ramoneurs ; il >aya le supplément pour faire monter les ramoneurs in première, et resta en seconde... C’est le seul trait de générosité qu’on connaisse de lui...

Il fut longtemps le caudataire et le flagorneur de jladstone, qui l’avait patronné dans la vie publique. )uand Gladstone eut pris parti pour les Irlandais oppriüés, le duc de Westminster, l’ami des Juifs persécutés, it enlever de son salon le portrait du vieil homme l’État et déclara qu’il ne connaissait plus son ancien imi.

A côté de cela, il faudrait pénétrer dans l’intérieur les évêques qui figurent dans cette liste.

Les filles font de l’aquarelle, loater colours , touours. Elles copient justement un dessin qu’un Jameson fuelconque a offert à leur père...

— C’est bien gentil cela, père ; c’est une scène de annibalisme, n’est-ce pas?

— Oui, chère petite, d’après nature...

Pendant ce temps-là le père se fait, de ses mains épisopales, des beurrées énormes qu’il arrose d’un généeux scherry ; il pense au discours qu’il prononcera au oeeting ; il relit l’article de la Banner of Israël , dans Bquel on déclare que les Irlandais sont faits pour être xterminés ; il trouve cela très bien parce que les Irlan-

(1) Le duc de Westminster vient le sixième sur la liste des lus riches personnes du monde, publiée par M. de Yarignydans on volume : Les grandes fortunes aux Etats-Unis et en Angle-

?rre.

dais sont des Chrétiens, mais il est plein de pitié pou les Juifs qui tiennent des maisons de tolérance en Rus sie (1) ; à la fin, il a tellement bu de scherry qu’il si met à pleurer sur sa beurrée, en pensant à sir Isaac et à la civilisation...

Ce qu’il y a de merveilleux, c’est l’imperturbable gra vité avec laquelle les Anglais accomplissent ces acte de suprême hypocrisie. En toutes choses ils sont ainsi Ces Tartufes, d’une si impassible scélératesse, se li vrent aux monstrueuses débauches qu’a décrites li Pall Mail Gazette sans perdre une minute leu masque de puritanisme ; ils lisent leur Bible avant après, et probablement pendant.

Pour ces êtres, que le prince de Ligne appelait dei « Jacques Roasbeef inamusables », la débauche elle même est moins un entraînement des sens qu’un besoii de faire du mal, un des aspects du cannibalisme euro péen. Ils éventrent des petites filles de huit à dix ans ils brisent ces tissus à peine formés, moins pour cher cher dans ces exercices un ignoble plaisir que poui éprouver la joie de faire souffrir.

Les malheureux télégraphistes de Cleveland-squari perforés par les membres des grands Cercles de Londres, qui leur entraient dans le corps, poussaient, dit on, des hurlements de douleur. Et c’étaient précisémen les cris de ces boys, qu’on mutilait pour quelques pennys, qui ravissaient les grands seigneurs et les alliés de la famille royale, mêlés à ces scènes sans nom sui lesquelles le prince de Galles a empêché qu’on ne fit la lumière; ils goûtaient là la sensation que Jameson alla chercher en Afrique, la sensation violente et âpre que les plus élégantes ladys demandent à l’ivresse du whisky.

Cela ne les empêche pas, comme vous l’avez vu, d’être

(1) On sait qu’en Angleterre certaines fonctions comme celles de lord chancelier et de vice-roi d’Irlande, sont interdites aux Catholiques et accessibles aux Juifs. Voilà ce que les Anglais entendent par l’égalité et la tolérance en matière religieuse !

de parfaits philanthropes... lorsqu’il s’agit des Juifs de Russie... : English tartufery !

Le plus intéressant là-dedans c’est encore sir Henry Isaacs. Ce lord-maire pratique profita de tous ces événements poffr venir faire à Paris un jjouf gigantesque.

Un beau jour on apprit, par de magnifiques affiches, que les petits commerçants de Paris n’étaient pas encore suffisamment ruinés par la concurrence des grands magasins et qu un nouveau bazar allait s’ouvrir pour achever de les réduire à la misère. Cette fois on devait vendre à la fois des comestibles et des étoffes, de la margarine et des soieries.

Le président du conseil d’administration, disaient les réclames, n était rien moins que sir Isaacs, le lord-maire de Londres en personne.

Le grand attrait de la société nouvelle consistait en ceci qu elle était organisée en violation des lois françaises

Vous retrouvez là le sans-gêne de l’Anglais greffé sur 1 impudence du Juif... : « La légalité, le respect des Anglais pour la légalité, le bâton du constable, emblème de la loi... » Bref, le premier soin de ce lordmaire, qui occupait une des plus hautes fonctions d’Angleterre, de ce Juif plein de scrupules qui refusait de traverser la Cité en voiture le jour de son entrée à Mansion-House, parce que ce jour était un jour de sabbat, était de faire un pied de nez aux lois françaises...

Naturellement les journaux juifs, avec le patriotisme tui les distingue, se roulèrent aux genoux de ce monsieur sans façons. Arthur Meyer, l’ami du Roi, et Eugène Meyer, l’ami du Peuple, acclamèrent, en de oompeux articles, le Youtre étranger qui venait faire concurrence aux petits marchands parisiens.

Les magasins des Grands Boulevards, écrivait la Lanterne en deuxième page (1), jouissent, du reste, d’une situation ex¬

il) Lanterne , 7 juillet 1890.

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ceptionnelle. En façade sur le boulevard Poissonnière, il donnent aussi sur la rue du Sentier et sur la rue Poissonnière Ils sont donc situés au centre d’un des quartiers les plu populeux de Paris, à proximité des grandes artères condui sant à toutes les gares importantes.

La création de cette maison va sans doute etre un nouvea sujet de plainte pour les petits commerçants et plus qu jamais ils vont demander qu’on écrase d’impôts leurs puis sants concurrents. Qu importent ces récriminations?

Trois mois après, on apercevait un rassemblemeri énorme rue de Provence et 1 on entendait sortir de groupes des exclamations furibondes... G étaient le actionnaires de sir Isaacs, le défenseur des Juifs d Russie, qui exhalaient leur douleur.

Pour ne pas être encore traité de pamphlétaire, j préfère laisser le Petit Journal (1) vous raconter cett navrante mystification.

Hier, à deux heures, une foule considérable se pressait de vant la porte du no 51 de la rue de Provence. De vives pr< testations et des réclamations énergiques sortaient de tout<

les bouches :

— Nous sommes volés! s’écriait l’un.

— Ah ! les misérables ! disaient les autres.

Voici la cause de ce rassemblement qui a ému pendai une grande partie de la journée les habitants de ce quartier Il y a trois mois, une souscription publique était ouver pour la création d’une maison anglaise : « Aux Grands Bo

levards. »

Cette affaire était patronnée, d’après le prospectus, par ( hauts personnages de Londres et de Paris. Il s’agissait ( créer un grand établissement qui vendrait, en même temp que des nouveautés, des produits alimentaires.

Les souscripteurs furent très nombreux et, en quelqu jours, le montant des sommes versées s’éleva à plus < 600,000 francs.

M. Henry Petit, promoteur de la société anglaise dissout adressa alors de nouvelles circulaires pour annoncer que

(l) Petit Journal , 2 octobre 1890.

•etrait des fonds serait effectué hier à son bureau, 51, rue de ’rovence.

Les intéressés se sont présentés, mais en vain. M. Petit eur a répondu que les fonds n'étaient pas là et qu'il ne les ecevrait que dans une dizaine de jours.

De nombreux plaignants allèrent trouver le commissaire le police de la rue de Provence, qui manda le sieur Petit et ai fit subir un interrogatoire à la suite duquel il l’a maintenu n état d’arrestation

J’ai eu beau lire les Archives Israélites depuis la «remièPe ligne jusqu’à la dernière, je n’y ai jamais rouvé aucun renseignement sur cette histoire...

En revanche, j’ai eu la satisfaction de lire dans les ournaux anglais quelques lignes qui m’ont fait plaisir :

Le lord-maire de Londres vient de recevoir du Foreign fffice la communication suivante signée par le secrétaire articulier de lord Salisbury :

« L’ambassadeur de Russie a prié le marquis de Salisbury e vous faire retourner la lettre que vous avez adressée à . M. l’Empereur de Russie en date du 24 janvier, ainsi que î mémorandum joint à cette lettre, concernant la situation es Juifs en Russie.

« Je suis chargé par lord Salisbury de vous transmettre es papiers. »

En un temps de don Pedro, de Guillaume, de prince e Galles et d’archiduc Rodolphe, on aime à rencontrer afin un souverain qui sache garder un peu de dignité is-à-vis des J uifs et qui refuse de prendre « leurs paiers », même avec des pincettes.

? En recevant ces « papiers » qu’ils avaient été obligés envoyer par la poste et que personne en Russie n’ant daigné regarder, Westminster, Argyll, Aberconn d les autres ont dû faire une jolie tête .

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