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INFLUENCE DE LA RACE OBSERVÉE EN FRANCE

Après Marcel viennent des énîeules, celle des maillolins entre autres \ réprimées par le roi; le parti démocratique est exterminé en 1414, la foule ne fait plus que crier : Vivent les Ai-magnacs ! Mort aux Bourguignons ! ou le contraire.

c( Le goût d'une représentation nationale, dit M. Laboulaye'.,., avait régné en France avec autant de vivacité qu'en Angleterre. Il suffit de lire les remontrances des états généraux au seizième siècle pour ressaisir les traces de l'esprit de liberté. Mais chez nous la monarchie absolue, qui commença non pas à Louis XIV, mais aux Valois, élouffa de bonne heure ce germe précieux ; en Angleterre, au contraire, rien n'arrête ses jets vigoureux, » Pourquoi ? dirai~je encore.

« La monarchie des états, dont l'origine remonte au règne de saint Louis, dit Cbateaubriand^, n'est jamais bien entrée dans les mœurs de la France. » Les trois ordres ne s'entendent pas et le tiers état cherche dans la monarchie un appui contre les autres.

La monarchie des états finit sous Louis XIII, la monarchie parlementaire huit avec la Fronde...

1 Ibkl., p. 157.

- Tome I, p. 404.

^ Préface des Études historiques.

238 LE TliSTAMENT DUiN LAT.N.

Avec les Bourbons commence la monarchie absolue. M. Laboulayedil que c'est avec les Valois. La crise du développement de la royauté n'a lieu qu'au douzième et au treizième siècle. Peu importe, a Toutes les libertés meurent à la fois, s'écrie Chateaubriand, la liberté politique dans les états, la liberté religieuse par la prise de la Rochelle. »

« Tout le secret de noire histoire, dit M. Renan', réside dans la lutte de l'esprit gallo-romain contre l'esprit germanique,... le Gaulois ayant en horieur la souveraineté divisée qui constituait la féodalité et voulant sans cesse revenir à l'administration égalitaire de l'empire, non à celle des premiers Césars, empreinte encore d'un certain esprit aristocratique, mais à celle du temps de Dioclélien, qui est toujours restée l'idéal de notre pays. »

(( La raison d'Etat, proclamée pour la première fois, par les légistes de Philippe le Bel, prend le dessus sur le noble principe du moyen âge nadmetlant que le droit des individus. »

Je multiplie à dessein les cita^tions.

Le dernier vole des communes qui demande

* Exsaix (Je momie rf fie nifiqiie, M. fl(> S;uy.

INFLUENCE DE U UACE OIiSE';VÉE EN FMANCE. m

raffranchisseinent des scrls a lieu aux étals do 1614 ^ Elles avaient été appelées aux étals par Philippe le Bel.

Elles étaient bien mortes et, pourtant, cpiels efforts admirables rpieles leurs à partir du onzième siècle! et dans quel temps! De la fin du dixième siècle au commencement du douzième, la famine reparut 15 ou 14 fois et dura 51 ans sur 112^

La royauté cherche à détruire les communes, et elle y réussit sans trop de peine ; la croisade contre les Albigeois (1207-12"29) est moins une guerre religieuse que la destruction des communes du Midi et la prise de possession de la France méridionale par la royauté.

De même, la guerre de Philippe Auguste contre les communes de Flandre, qui se renouvela sous les Valois jusqu'au moment où elles se donnèrent à l'Autriche.

« La royauté qui, dès l'origine, avait travaillé à l'émancipation du tiers état et des communes, pour s'en servir contre la féodalité, tendance qui se manifeste encore d'une manière sensible dans

• Chateaubriand, t^réface des Études.

- Diinoyer, 1, 252. Pendant un siècle environ, vin^H-trois années de famine excessive, dont huit furent souillées par des actes d'anthropophagie. Voy. Dulaure, Hi$t. de Paris, t. 1, p. 468.

la politique de Louis XI, lînit par s'allaquer aux libertés provinciales et communales, lorsqu'elle eul acquis la prépondérance'. »

Plus la royauté intervient dans les affaires des j communes, plus l'esprit de réglementation s'y développe^ Sans doute cet esprit était en harmonie avec la monomanie gouvernementale du peuple français... « Mais le courant du siècle favorisé surtout par les légistes... était dans le sens du pouvoir central, môme exercé par les mains les plus débiles". »

Les légistes, qui « avaient renouvelé... les funestes et ignobles traditions du césarisme\ » contribuent à la destruction des communes en "^ i proclamant que nulle commune ne peut s'établir ^ sans le consentement du roi. C'est une confiscation.

Et, en effet, en 1692 ^ ^ les villes perdent leurs franchises municipales; le roi vend les fonctions municipales dans chaque ville sous le nom d'office. Sept fois en quatre-vingts ans, on vend aux villes le droit de se gouverner, puis on le leur reprend

' M. Bonnier, Gaz. de France du 9 mai 1870.

« Voy. M. Morin, p. 92.

^ M. Bonnier, Ibid.

•* M. Morin, p. 98.

» Voy. Tocqueville, Ane, ny. et rcvol.

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