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OE LA DIFFÉRENCE DES RACES OBSERVÉE DANS LES MŒURS

Les différences qui existaient enire les races ont la faculté d'ôlre libres et celles qui ne l'ont pas, se trahissent par les faits connus de leur histoire; elles se montrent aussi dans leurs moeurs et dans ces phénomènes qui sont à la base des institutions.

Les peuples qui ont la faculté d'être libres présentent les signes d'une vitalité profonde; ils ont ce qui développe la vie, la conserve et la forlifie.

Le despotisme a toujours intéi et ta la dépravation, qui, en tunnt l'énergie des âmes, anéantit leurs résistances. Le relâchement universel qu'il favorise a une apparence agréable qui séduit d'abord et que les espiits superliciels prennent volontiers pour la liberté. Les réglementations en ce

qui louche à la conduite de l'existence sont moins sévères que les mœurs de la liberté qui se font d'elles-mêmes, n'ont d'autre sanction qu'ellesmêmes et qui, se senlant destinées à inspirer la loi, sinon à la remplacer tout à fait, restent à la hauteur de leur mission et de leur responsabilité.

C'est la tendance des peuples latins de ne tenir aucun compte des lois naturelles, qu'ils méprisent ou qu'ils ignorent et qu'ils sacriiient, à leurs lois factices. De là vient la facilité qu'ils ont à faire des lois, rien ne les gène, et cela explique aussi les troubles qui naissent de ces lois et les oppositions qu'elles rencontrent.

Ils jugent toutes choses d'après leurs conceptions personnelles, non d'après la réalité ni la possibilité. Ils prennent pour objectif un rêve de leur esprit, un désir de leur vanité, ils le poursuivent et tombent dans des abîmes qu'ils n'ont pas vus bien qu'ils fussent creusés à leurs pieds. Ils vivent sur des phrases qui leur tiennent lieu de tout*. Cette disposition féminine à la subjectivité est leur caractère principal ; c'est grâce à elle qu'ils font de la politique une chose d'imagination et veulent y appliquer les principes absolus de leur

' Ainsi : Le mot impossible n'est pas français.

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esprit; elle les distingue des Saxons, qui sont objeetivistes et font de la politique une chose de tempérament, de compromis et d'expérience. C'est elle qui produit les rêves socialistes, auxquels les premiers s'abandonnent; elle apparaît également dans l'art tel qu'ils le praliquent et jusque dans la sphère du sentiment; ils ont une conception fausse de la femme et de son rôle, ils font aussi de l'amour ce qu'il ne doit pas être; il en résulte d'effroyables désordres.

Ils ne saisissent pas mieux les vrais rapporis de la famille. Les pères et les mères ne comprennent pas que leur fils, à un moment donné, est un homme qui doit se constituera l'élat d'individualité libre et maîtresse d'elle-même et èlre son centre à lui-même. Pour relarder ce moment au lieu de le hâter, comme ils devraient, ils s'efforcent d'anéantir l'individualité de l'enfant dans ses germes.

Chez les peuples ayant les mœurs de la liberté, je dirai pour plus de concision les peuples libres, la famille est constituée logiquement, d'autant plus respectée qu'elle respecte l'indépendance de ses membres, d'autant plus vivace que le mariage est logique lui-même ; les deux êtres qui s'unissent se connaissent.

a Cliijz les peuples qui oui des mœurs, dit Rousseau, les filles sont faciles et les femmes sévères ; c'est le contraire chez ceux qui n'en ont pas. » Ce qui caraclérise par-dessus tout les peuples libres, c'est qu'ils ont une morale'; chez eux la religion se rapproche toujours plus de la morale pure, chez les autres, de la superstition;

Ils ont l'intelligence de sentir que, dans les transactions, l'honnêteté est le meilleur guide de l'intérêt^; ils sont graves : «Sous le despotisme, dit Tocquevillc% les peuples se livrent de temps en temps aux éclats d'une folle joie ; mais, en général, ils sont mornes et concentrés parce qu'ils ont peur... mais tous les peuples libres sont graves, parce que leur esprit est habituellement absorbé dans la vue de quelque objet dangereux ou difficile. »

Les puritains anglais sont les pères des démocraties et des idées républicaines modernes ; ce n'était pas sans rai'-on que Cromwoll voulait faire revenir les planteurs purilains d'Amérique pour

' A Loiiflres, 1 enfant illégitime sur 24; à Paris, 1 sur 5.

- Des camnierçanls français (Saint-Etienne, Grenoble, pour les ganis] jierflirenl l.i clientèle de TAmérique, pour avoir tiompé sur la nature et la quan'ité'desprodiiils. JjAmérique recouru! à l'Angleterre, avec qui elle était en guerre. Voy. Diinoyer.

^ Df'mnrr. on Amôr.

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les établir en Irlande, d'où il voulait chasser tonle la population celtique. Ainsi Cromwell croyait à l'influence de la race.

S'ils ont une morale, ils ont aussi une foi, et surtout la foi en eux-mêmes; c'est là ce qui leur donne l'initiative qui enfante, chez eux, les grandes œuvresj, et qui fait si absolument défaut aux peuples habitués à compter sur l'Etat.

On a ingénieusement observé' que le livre de Robinson, ce monument élevé à la personnalité humaine, bien que l'auteur ne semble pas avoir aperçu toute son importance à ce point de vue non plus qu'à celui de la psychologie intime, ne pouvait être écrit que par un Saxon.

Avec l'esprit d'initiative, ils ont l'esprit de justice, l'idée de droit; ils disent : Un fonctionnaire est un homme, donc il peut se tromper ; ailleurs on raisonne autrement et on dit : Un fonctionnaire ne peut se tromper puisqu'il est fonctionnaire; et on rédige les lois en conséquence.

Mais, chez eux, tout est dans les mœurs, les usages; ils n'ont point de constitution, point de lois écrites, point de règlements pour les chambres, à peine une grammaire et ils se passent de tout cela.

* Voy.M.Bossolet. de la Liberté et du Gouvernement. Viir\s,\SbS.

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En Amérique, on voit déjà, par .|uelqiies exemples, que les mœurs remplacent les formes légales en matière même d'union conjugale; la cohabitation suffit pour que le juge prononce qu'il y a mariage.

De ces mœurs découlent des conséquences qui influent sur les caractères et sur les rapports de la vie. Voyez l'attitude des gens de bureau et d'administration : ailleurs la roideur, la rigueur des maîtres; ici la bonhomie, la simplicité, la confiance et le laisser-faire des égaux. Les citoyens n'ayant jamais été froissés ni accoutumés à se considérer entre eux comme ennemis, arrivent à la tolérance et à la l)on(é, qui sont les deux fruils les meilleurs de la liberté.

Je veux continuer le parallèle et le poursuivre jusqu'au bout.

Les peuples libres aiment le confort, ils sont commerçants et travailleurs, courageux d'un courage calme, industrieux et ne se reposent point; les autres aiment le luxe, les dépenses improductives, ils sont guerriers, artistes, leur courage est un élan héroïque et rapide; le nombre des oisifs s'accroît chez eux déplus en plus; ceux qui ont réalisé leur fortune s'arrêtent là; c'est à mesure qu'elles s'élèvent que les sociétés comprennent

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