DE L INFLUENCE CE LA RACE SUR LA FACULTÉ COLONISATRICE
L'exubérance de vie qui esl chez les nations dont je parle, se manifeste par l'accroissement incessant de leurs populalioiis, lequel, joint à leur audace entreprenante, produit la faculté qu'ils ont de coloniser. Et comme il est peu de phénomènes qui ne soient à la fois cause et effet, la faculté de coloniser favorise la reproduction de l'espèce.
Cetle faculté manque aux autres j)euples ; ou s'ils l'ont, les vices qui sont en eux les empèclient de l'utiliser.
En comparaison avec l'Amérique, les colonies espagnoles, placées dans les conditions les plus favorables, languissent; elles ont, dit M. Labou-
INFLUENCE DE L.\ liAC.E SUR LA COLONISATION. '251
lave c( pris aux Etals-Unis leur constitution ; c'est le tissu de Nessus qui les dévore et qui les lue\ »
A un moment donné, il y avait des chances pour que la race française dominât en Amérique par le Canada et la Louisiane et aux Indes; elle n'y a pas réussi. En Cochinchine, lors de l'établissement colonial, les chefs demandaient aux colons des certificats de moralité et de santé et une attestation qu'ils pourraient résister au climat".
Les insuccès s'expliquent par ces procédés, mais comment exj)liquer ces procédés? Par l'esprit d'administration et de jxouvernementalisme qui fiiit mourir nos colonies de la même mort que nous; mais comment expliquer cet esprit, sinon en remontant à la cause première, qui est l'influence de la race?
Les Anglais, dans leurs colonies, ont eu la sagesse d'appliquer leur système de décentralisation.
Dans les colonies américaines, la convocation de l'assemblée était fixée par la loi; les élections étaient annuelles ; dès que la colonie (de Virginie)
• États-Unis, 1. 1, p. '2lô.
- Le système algérien mine à la fois la mère patrie et la colonie. Le gi'ief principal de celle-ci, qu'elle n'est point représentée au parlement, est le même que celui qui provoqua la séparation de l'Amérique.
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se sentit ^ivre^ il lui fallut les libertés de la terre natale; le libre gouvernement, le jugement par jurés.
Au début môme, la lactifjue de l'Angleterre consista à remetlre la libre administration aux planteurs; instruite par l'expérience, elle a abandonne le système prohibilif qu'elle employait en Amérique et qui a amené la révolte et la séparalion de £('l!e-ci.
Enfin, le secret de l'heureuse fortune des plantations anglaises n'est autre^que la liberté'.
Macao aux Portugais dépéril, Singapore et Hongkong aux Anglais se dévelop])enl ; on sait le prodigieux progrès de l'Australie depuis 4855^.
Lors même que les conquêtes de l'Amérique et de l'Angleterre se fractionneraient, cela importerail peu au point de vue de leur |iros[)éiilé à venir, car ces diverses subdivisions de peuples, dès à présent indépendants, seraient cncoie des branches de la même famille.
Persistez-vous à contester la différence des races?
1 Voy. M. Labouliiye.
- Voy. M. Laboulayc.
^ Voy. le livre du comte de Beauvoir et la comparaison de celle colonie avec noire colonie voisine.