DE LA SÉCURITÉ
Les sociétés modernes seront industrielles et travailleuses; pour que leur travail soit fructueux et qu'elles puissent cquitablement en répartir les fruits, encore faut-il qu'elles soient sûres de jouir de ces fruits.
La sûreté est le plus grand des biens immédiats auxquels elles aspirent, l'arbitraire le plus grand des maux qu'elles redoutent,
II faut qu'elles soient maîtresses de leurs affaires et de leurs destinées, qu'elles les dirigent à leur guise et vers le but qu'elles se proposent.
La liberté est la condition première et la seule garantie de la sûreté. c< Sans la sûreté, dit Hum
bolclt', riiomme ne peut ni développer ses facultés ni jouir de leurs fruits; et sans sûreté il n'est point de liberté. » Mais il aurait pu ajouter : Sans liberté, il n'est point de sûreté.
« Quiconque tient à sa sûreté, dit M, flunoyer-, quiconque regarde la propriété et l'égalité comnne des choses importantes doit,- par cela même, attacher le plus grand prix à la liberté. Toutes ces choses, en effet, ne peuvent exister qu'au lieu où la liberté règne. Il y a sûreté là où aucun homme ne songe à faire violence à aucun autre. »
« Le commerce, dit B. Constant% ne vit que par la liberté. »
C'est pourquoi, dans tous les temps, il n'a prospéré que là où régnait la liberté. « Je ne sais, dit Tocqueville*, si l'on peut citer un seul exemple de peuple manufacturier et commerçant, depuis les Syriens jusqu'aux Florentins et aux Anglais, qui n'ait été un peuple libre. 11 y a donc un lien étroit et un rapport nécessaire entre ces deux choses : liberté et industrie, w
Les républiques Hanséatiques et les républiques
' Ci. (te Iluiiiljoldl, (les Limites de racHoii dr I Elaf, p. 02. - De la Liberté du travail, I, 59.
5 Pol. (\,\\, 514.
■* Dêmocr. en Amer.
DE I.A SECl'RITÉ. 41
d'Italie fondent lo commerce en Europe, pendant que trône ailleurs cette féodalité enthousiaste, pesante et imbécile. De ces exemples du passé nous lirons un enseignement sur ce que doit être l'avenir.