‹ Le Testament d'un LatinChapitre 30 sur 168 · DE LA LIBERTE INDIVIDUELLE · texte numérisé non relu

DE LA LIBERTE INDIVIDUELLE

Le droit, unique dans son principe, est multiple dans ses applications.

L'individu, en effet, se développe de trois façons distinctes et successives : comme homme, comme membre de la cité ou de la commune, comme membre de la patrie ou de TÉtat ; il y a donc trois sortes de droits ou de libertés; les libertés individuelle, privée, civile, industrielle; les libertés communales ; les libertés politiques.

Les libertés, qu'on appelle sociales, qui se résument dans la liberté d'association, rentrentdaiis kl liberté individuelle, la première de toutes, celle dont le nom rappelle ce qui est l'^issence dix la liberté.

Comme individu, l'homme possède des droils qui lui sont conférés par la nature, qui sont éternels comme elle, ([u'il exerce dans chacune des sphères où il se meut et auxquels ne peuvent toucher ni les lois divines, qui sont leurs bases, ni les lois humaines, dont ils sont les bases; ils sont, dit B. Constant \ « indépendants de toute autorité politique. » 11 les résume ainsi : la liberté personnelle, le jugement par jurés, la liberté religieuse, la liberté d'industrie et par suite de s'associer et pour cela la liberté de réunion, l'inviolabilité de la propriété, la liberté de la presse.

Ce point qui est, ce me semble, le point capital de la doctrine de B. Constant, et, peut-être, le résumé de toute la science politique est important à établir, car il va à l'encontre de préjugés qui nous ont égarés souvent et nous égarent encore.

Répétons donc avec le même auteur '^ : « Ce qui n'a de rapport qu'avec l'individu, ne doit être soumis qu'à l'individu. » « La volonté générale n'est pas plus respectable que la volonté particulière, dès qu'elle sort de sa sphère. » Enfin' : a Aucune autorité sur la terre n'est illimitée, ni celle du

' Esquisse d'une consliluliou, Vulil. cuiitslil.. I, "iôi. - Ibid., I, 286.

5 Ibid., l, 280.

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