PRÉCAUTIONS CONTRE LA PRESSE
les gouvernements, s'ils avaient le souci de leurs vrais intérêts et surtout le souci de Tintérêt
public.
Tous ont besoin de connaître l'opinion, qui est une puissance supérieure, dont ils relèvent, contre laquelle ils ne pourraient aller; ils se donnent quelquefois beaucoup de peine cl dépensent beaucoup d'argent pour y arriver et pour savoir ce que chacun se hâterait de lenr apprendre gratuitement s'ils laissaient à la presse son indépendance.
Mais la sagesse de la plupart d'entre eux ne s'élève pas à ces hauteurs, et ils ne songent qu'à se prémunir contre l'ennemi; ils le préviennent d'abord et le répriment ensuite.
En matière de presse, la prévention s'appelle censure: il faut voir dans de certains livres du temps de l'empire, la sottise propre à cette institution : des phrases de r Allemagne, de M"^ de Staël avaient été supprimées, qui furent rétablies par la suite. Â propos de Joseph, elle disait : « Après sa mort, il ne resta rien de ce .[u'il avait établi. » Ou bien : « Un homme peut faire marcher ensemble des éléments opposés, mais à sa mort ils se séparent. » On sent que le souverain voulait qu'on criit à son éternité et à celle de son œuvre. Le livre fut en outre mis au pilon. Dieu merci ! il
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subsiste, pour l'édification de l'avenir, des monuments de la bèlise humaine, et en particulier de ses applications à la politique!
La censure peut empêcher le génie de se produire; s, ce moyen réussissait toujours, il épar^nerau au despotisme la honte d'avoir plus taM à persécuter le génie.
Mais le despotisme n'en veut pas seulement au génie, ,1 en veut à quiconque parle; le nombre des lois édictées contre la presse est inlini- en France, il n'j a peut-être pas une pensée, valant I.-. peine d'être exprimée, qui n'ait pu, à un moment donné, tomber sous leurs coups Le caractère de la loi est d'être précise, et
œnime, ici, le délit ne peut être ni défini, ni préeise, on emploie pour le désigner des mots vaones élastiques, snsc..;tihlcs de s'étendre à l'mnocencè la plus précautionneuse; il faut se (aire et tout respecter.
Si la censure est niaise, les lois répressives de i
la presse sont injustes, l'arbitraire seul y rème el ' 'es châtiments qu'il inflige varient, s'ago,avou,
ou s amoindrissent, sans qu'on en puisse trouver «
une raison. :
Toute loi sur la presse est nécessairement contre ia presse; ,1 ne peut y en avoir une qui .soit houne,