DES FONCTIONS QUI PEUVENT APPARTENIR A L'ÉTAT
Philosophiquement, il semble que toute autorité soit contre nature; un homme qui domine son semblable et lui commande, cela ne se conçoit point ; tout, entre égaux, doit se régler par des contrats, des avis, de libres conventions.
u The necessily of restraint, dit Godwin , grew ont of the errors and perverseness of a few. An acule writer has expressed this idea with peculiar felicity: a Society and government, says he, arc « différent in ihemselves and bave différent oric( gins. Society is produced by our wants, and « government by our wickedness. Society is in
14tj LE TESTAMENT D'UN LATIN.
« every slate a blossing ; goveriimeiit even in its « best slate but a necessary evil \ »
C'est aussi ce que dit M. Jules Simon : « Les droits de l'Etat naissent uniquement de la nécessité sociale et doivent être strictement mesurés sur cette nécessité^ »
Il est peut-être imprudent d'ajouter que l'autorité doit « avoir pour objet d'aider les hommes à faire ce qu'il est de leur intérêt de faire ; » « de les éclairer sur leurs intérêts '. » Je m'engage avec de ces mots-là qui sont, du resle, philanthropiques, à constituer le plus grand despotisme du monde.
«A l'Etat, dit M. Laboulaye*, les intérêts gêné* raux ou politiques, la paix et la justice. »
Mais ici, plus que nulle part, il faut se méfier des pièges du langage. 11 serait dangereux de soutenir que toutes les choses d'intérêt public sont du
* « La nécessité de la contrainte est née des erreurs et de la perversité du petit nombre. Un écrivain clairvoyant a exprimé cette idée avec un bonheui' particulier : « La société et le gouver- « ULinent, dit-il, sont dil'féreiits en eux-mêmes et ont des origines « différentes; la société est produite par nos besoins et le gouver- « nement par notre méchiiuceté ; la société, en tout état, est un « bienfait ; le gouvernement, uiéme en son meilleur état, n'est « qu'un mal nécessaire. » Godwin, Political justice, 1. II, cb. i".
- La liberté, t. I, p. 4.
3 Ibid., t. I, p. 205.
* L'État et nés limites, Préface, vu.