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DE LA FORME DE GOUVERNEMENT

Les conslitutions ne créent pas le droit, et il faut qu'il soit déjà reconnu pour qu'elles le consacrent utilement et lui servent de garanties.

Comme elles représentent la volonté du peuple qui les fait, elles doivent être modifiables comme elle et indéfiniment perfectibles.

Tel doit être leur caractère, et quand on se souvient de leur fragilité, on s'étonne de les voir établir, pour préserver leur existence, des corps qu'elles nomment conservateurs.

Ces corps-là seraient excellents dans les sociétés immobilisées comme la Chine, mais ils ne valent

DE LA FORME DE GOUVERNEMEiST. V-'S

rien dans les sociétés progressives, où ils ne servent qu'à retarder la marche générale.

Ceux qu'on a pu juger semblaient, il est vrai, destinés à perpétuer la tradition des lâchetés humaines, et à veiller à ce que l'habitude des trahisons et des bassesses ne se perdît point dans le monde.

La forme du gouvernement suit le sort des constitutions; pas plus qu'elles elle ne peut fonder la liberté là où la liberté n'existe pas.

Nos longues expériences ont fait pei-dre de leur valeur aux théories des politiques; Montesquieu n'aurait plus, de nos jours, l'audace que l'on voit dans les règles qu'il pose.

Dans les démocraties modernes, la question, comme je l'ai dit, est posée entre le despotisme et la liberté considérée comme apanage de l'individu.

Là où la liberté est admise dans son principe avec ses garanties, la représentation, la responsabilité, la séparation des pouvoirs, là où le pouvoir n'est lui-même qu'une de ces garanties, la forme du gouvernement est secondaire.

Elle n'a d'importance que par le })lus ou moins de liberté qu'elle comporte ; ce n'est que jiar ce point-là qu'elle touche au bonheur des peuples ;

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plus les peuples sonl libres, phis, en développant leurs facultés, ils travaillent à leur propre félicité; mais ce n'est pas la forme politique qui engendre cette félicité, elle y préside.

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