‹ Le Testament d'un LatinChapitre 81 sur 168 · DE LA MONARCHIE ABSOLUE · texte numérisé non relu

DE LA MONARCHIE ABSOLUE

Aujourd'hui la comparaison du roi à un pasleur et des peuples à un troupeau prêterait à rire ; qu'elle soit venue à un esprit tel que celui de la Bruyère S cela est incroyable; il n'est même pas frappé du vice radical de son image, qui est que les rois et le peuple sont de la même espèce.

Mais voyez aussi celte réfl'\xion- : « Si toute religion est une crainte respectueuse de la Divinité, que penser de ceux qui osent la blesser dans sa plus vive image qui est le prince? »

Et cela montre quels maux profonds engendre le servilisme !

* Du Souverain ou de la républiqM, - Des Esprits forts.

« Les familles véritablement royales sont naturelles et diffèrent des autres comme un arbre d'un arbuste. » « On croit qu'une famille est royale parce qu'elle règne; au contraire, elle règne parce qu'elle est royale^ » Ces paroles sont de de Maistre ; je ne cite pas ses plus précieuses ; on aime à entendre ces cboses dans la bouche d'un homme qui dit rarement un mot qui ne soit justement le contraire du vrai ; mais il avait cette qualité rare, que je salue, d'être un esprit absolu et sincère, irrité des sottises et des niaiseries et jouissant de les insulter.

Heureux pourtant ceux qui ont encore une foi si robuste et si simple! ils ne seront point tourmentés par les problèmes de la politique !

« Partout, dit ailleurs de Maistre^, où le souverain, n'infligeant aucune peine directement, n'est amenable lui-même dans aucun cas et ne répond à personne, il y a assez de puissance et assez de liberté, le reste est de peu d'importance. » Et il ajoute en note : «Le droit de s'imposer ne signifie pas grand'chose. » On ne peut rencontrer un dédain plus superbe! Ici pourtant l'erreur devient trop grave.

* De Maistre, du Pape, ch. v.

- Du Pape, livre III, cli. iv.

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