DE LA MONARCHIE ABSOLUE
L'arbitraire de sa nature est changeant, flottant, mobile, parce qu'il est humain et personnel ; il a quelques moments d'oubli ou de bonhomie ; il agit ici et non là et se tempère lui-même.
11 serait donc préférable peut-être au despotisme de l'Etat qui s'exerce par la loi, est par conséquent implacable, et ne peut être tempéré par rien, le caractère de la loi étant de ne jamais faiblir.
Le livre de La Boëtie et celui de Rabelais ont paru dans le beau temps de l'arbitraire; certaines lois que nous avons connues eussent étouffé le Contre-un et proscrit Gargantua.
Mais l'arbitraire non responsable n'en est pas moins un mal et un dangereux mal.
«Si ce prince, dit Duclos en parlant du duc de Bourgogne^ eût régné, c'eût été le règne de la justice, de l'ordre et des mœurs. »
Je n'imagine point comment un prince aurait créé des mœurs là où il n'y en avait pas ; mais je l'cmarque que ce que dit Duclos de celui-ci, les historiens se plaisent à le dire hardiment de tous ceux qui sont morts avant d'être montés sur le trône ; en sorte qu'on peut les regretter à son aise