BRI TUS
Caton , e'était la loi ! .
rÉsAu.
La loi du monde antique:
Elle est morte avec lui dans les remparts d'I^tique! Et si Brutus est gendre et neveu de (ùaton , 11 a trempé sa lèvre aux sources de Platon. Brutus, ce noble esprit , cette âme douce et grave , Où du maître immortel la parole se grave , Doit comprendre aujourd'hui que le temps est venu De jeter un manteau sur l'homme pauvre et nu ! On voit trop de haillons mêlés aux laticlaves ! . . . L'antique liberté n'a fait que des esclaves !
BRLTUS.
Au bandeau des Tarquins tu n'as [)as renoncé!
CÉSAK.
L'homme de l'avenir no veut rien du passé.
Du passé, chose morte, et qui n'est à personne,
Pas même à Jupiter ! — Voyons , ami , raisonne :
( )h ! non , je ne tiens pas à ce titre de roi ;
Mais ce que dit l'oracle universel , j'y croi !
Tu le sais bien, ce titre est nécessaire à l'honnue
Par qui s'accompliront les grands destins de Home ;
Et, pour fonder l'État qui ne doit pas finir.
L'âge qui s'ouvre attend le roi de l'avenir!
Or, (juand j'affirme ici d'une voix pro[)héti({ue
Ouun roi seul jxnil doniplpr l;i lioido asiali(|U(>,
7(> T.l': rKSlViMEN'l' DE CKSAIJ.
Coiniiie fait la protresse au mont Capitoliti.
Je déroule un feuillet du livre sibyllin !
On dit que, profanant sa main pontificale,
Chaque jour, à plaisir, Julius intercale
Une prédiction aux volumes divins.
Mais laissons le mensonge et tous les propos vains
Aux calomniateurs que notre gloire efface !
Quand César et Brutus se parlent face à face.
Les dieux prêtent l'oreille et se penchent sur eux,
Qui vont faire le monde heureux ou malheureux ! /
BRUTUS
La gloire de César est- elle si vulgaire Qu'il faille l'illustrer d'une nouvelle guerre?
* Et devons-nous couvrir sans cesse, o dieux cléments.
* Ces vastes régions de nouveaux ossements ?
* Au fond de ses déserts laisse un peuple barbare : ..
* Te gêne-t-il ? Quelle est la route qu'il te barre?
* Il t'a fallu dix ans pour dompter les Gaulois;
* Dix ans pour revenir plus fort contre les lois !
* N'es-tu donc point dans Rome assez puissant encore ?
* Et quand tu vas soumettre Orodès et Pacore,
* Est-ce pour mieux nous vaincre et nous assujettii?
* Le joug, trop lourd déjà, doit-il s'appesantir?
* D'un si pauvre dessein, quoi ! Brutus me soupçonne *
BRUTUS
* Oui ; car tu ne feras jamais croire à personne
* Que César, le vainqueur des Gaulois, des Germains,
* Prenant au sérieux tous ces jeunes Romains
* Qui font la guerre au Parthe en buvant du Massique,