‹ Le testament de César, drame en cinq actes et en vers suivi d'un épilogueChapitre 65 sur 95 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LES MÊMES, CLÉOPATRE, voUce. CLÉOPATRE.

César ! César !

CÉSAR , allant a elle.

Eh bien ? pourquoi ce trouble ?

^ , CLÉOPATRE

Octave Est à Rome !

CÉSAR

Vraiiueiit :'

CLlMtPATRE.

J'en suis sure!

a<:ti-: IV, sœnk iv. no

césau.

C/osl grave!

CLÉOPATUE.

C'csl très-inquiétant! Ce voyage lurtit (^ache, à n'en point douter, un sérieux motit.

CÉSAR

Et , selon vous , quel est le motif qui l'entraîne Si loin <rApolionie? Est-ce ma belle reine?

CLÉOPATRE, riant.

Oh ! — N'aviez-vous pas fait d'abord en sa fa\ cui- Un testament?

Eh bien ? par Jupiter sauveur !

Pour qu il accoure ainsi dévorer ma dé})0uille, 1-a Parque a-t-elle usé le fil de ma quenouille ?

CLÉOPATRE

Non ; mais défiez-vous : c'est un cœur ténébreux !

CÉSAR

lîah ! je lis couramment dans les livres hébreux !

CLÉOPATRE

(<o retour m'épouvante enfin... Rien ne l'explicpie.

CÉSAR

(lléopàtre, les soins de la chose publique Absorbent tout mon temps. Octave est fori sulitil ! Veillez sur lui.

CLÉOPATRE

D'accord. Mais où se cache-l -il ? — César, vous me quittez?

CÉSAR , alUtiil ;i Oclave.

Xon , je reviens. — Octave,

420 LE TESTAMEN'l' DE CÉSAR.

Tu dis vrai : Cléopàtre à Rome, c'est fort grave!

OCTAVE

Le péril de César avant tout ma Irappé.

CÉSAR

Oui. Malheureusement je suis fort occupé. Il faut donc qu'à ma place un ami la surveille. T'en chargerais-tu bien ?

OCTAVE

Moi , mon oncle? à merveille !

Mais où la trouver '^ Rome est grande !

CÉSAR

Attends un peu. —

(Allant à Cléopàtie.i

Reine, je vous présente Octave, mon neveu.

(11 la quitte , va prendre Octave par la main , et le conduit vers Cléopàtre.)

Toi, qui de la beauté fus toujours idolâtre,

(Soulevant le voile de Cléopàtre.;

Tu vas souper avec la reine Cléopàtre , Octave.

OCTAVE ET CLÉOPÀTRE , stupéfiés.

Ah'

CÉSAR, a i)art.

L'oiseleur est pris dans ses hlets.

Bas. a Cléopàtre.)

Octave logera près de vous au palais :

(Bas. à Octave. j

Vous êtes son gardien. — Il faut que je la tienne Dans la chambre secrète en face de la tienne, Afin que tes regards la suivent, plus aigus,

ac:tl: i\\ scène v. 1-21

Plus vigilants que ceux du fabuleux Arii;us.

OCTAVE , bas. à César.

Oh! mes yeux la suivront, je puis vous le [noniellre.

Haut, à Cléopàtre.

La déesse du Nil veut-elle me permettre De lui baiser la main, adorateur soumis ^

CLÉOPÀTRE.

Le neveu de César, à qui seul est promis

Un destin que nul autre en ce monde n'efface,

Au banquet près de moi veut-il bien prendre place?

CÉSAR

Un convive nous manque.

CLÉOPÀTRE.

Antoine?...

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