ACTE I, SCÈNE VH
HoRTENSE. — ^Raout ? Vous voulez dire ma petite réunion de famille?
Célestin — ^Oui ! oui, votre petit raoïit de famille ! . . . Mais je faisais une bouillotte au cercle, et je ne pouvais plus m'en aller. •
Clémentine. — Ecouter des choses semblables I . . . .
HoRTENSE. — Quoi?.... Célcstiu, vous faites partie d'un cercle ?
Célestin. — Oui, oui, un très-bon cercle, il est très-difiScile d'y entrer.
Clémentine. — ^Et d'en sortir, à ce qu'il pai-aîi
HoRTENSE. — Un cercle vicieux, alors ?
Célestin. — Brava I brava ! . . . .
Clémentine {tirant Célestin de son côfé, bas et vivement)^ — Mais vous ne cesserez donc pas de singer toujours la fortune ?
Célestin. — Mon père et vous, ma mère, passez votre vie à singer la pauvreté j'établis une juste compensation. • •
Clémentine. — Quel enfant ! . . . . {Se rappi^ochant d'Hortense en souriant.) Ne voulez-vous pas vous débarrasser, de l'autre côté, de votre chapeau? Vous avez l'air de faire une visite ; nous sommes ici chez nous, après tout.
Hortense — Allons! (Elle remonte à gauche.)
Clémentine. — Tiens!.... mais vous n'êtes pas en deuil.
Hortense. — Je vous demande pardon.... C'est le deuil d'un oncle et d'un cousin.
CiitBfENTiNE. — Oh ! ce n'est pas un repi'oche moi je
porte du mérinos par économie.
HortÈnse. — A propos, chère cousine, j'ai vu tout à llieure aux Villes de France une charmante robe avec laquelle vous pourriez faire votre demi-deuil ; j ai dit de rapporter chez voua
Clémentine. — ^Ypensez^vous? mais je n'ai pas d'argent.
HoRTENSE. — ^Vous mc permettrez de vous l'offiir.
Clémentine. — Vraiment! Ahl que vous êtes
bonne ! (A part) M'ofSir une robe I quelle
humiliation! {Haut en s* éloignant avec Hortense,) Combien a-t-elle de mètres?
HoRTENSE. — Douze ! grande largeur. . . . Voué
aurez assez pour les volants.
Clémentine. — Oh ! des volants ! dans ma position! .... {En sortant à gauche elle veut faire passer la premih'ê Hortense, qui refuse après un combat de politesse exagérée.)
Célestin {qui allait sortir aussi, reste dans le salon envoyant Félix). — Voici mon oncle I . . . . Justement j'ai à lui parler.