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nient, qui le blasphèment et qui Toutragent, pour ainsi dire^ par leurs crimes et par leurs méchancetés, et
laiU d aiiti t's (|ui rolfensont tous les jours p«ir leur désobéissance^ il ne s inléres^ie seulement pas le moins du monde â la défense de sa propre cause. Ce ne sont que les hommes qui parlent pour lui, encore ne parlent-ils que suivaiil leur imaginalion. Car ce n*esl que de leur imagination qu'ils tirent tout ce qu'ils disent de lui et pour lui: et ils ne s'intéresseroient même guères de nous dire tout ce qu'ils nous en disent, s'ils n'avoienl en vue d'y trouver leur proGt. Nos Déicoles voudroient nous persuader que c'est leur Dieu qui pourvoit par sa divine Providence à tout ce qui regarde les cieutures. Mais comuient pourvou'oitil a ce qui regarde les créatures, puisqu'il ne pourvoit pas lui-même â ce qui le regarde et à ce qui le louche de plus près, qui est la manifestaliuu de sa gloire et l'adoration du coeur, qui lui seroitdùe avec une entière obéissance à ses commandemens?
Voici aussi ce que dit 8. Amhroise touchant cette prétendue inmmlabilité de Dieu: »Dieu, dit-il, ne pense pas de la même manière que les hommes pensent, comme s'il lui venoit quelque nouvelle pensée dans TEsprit, qu il n'avoit pas aup.n.ivaut; il ne se Ache pas non plus de la même manière que les hommes se fâchent, conune s'il étoit sujet à quelque changement; mais on ne laisse pas, dit-il, que de se servir de celte manière de parler^ et de dire que Dieu pense, qu^il se fâche et qu'il se repent, pour exprimer, dit-il, la griéveté de l'offense que le péché fait a Dieu, et qui est telle, dit-il, qu'elle ;»cmbleroii
devoir provoquer Dieu à la colère, quoiqu'il ne puisse, de sa nature, être sujet è aucun mouvement de colère,
ni de ()assioii: Nequc enim, dil-il, nihil cogilal sicut homines ut aliqua ci nova mccedat senientia, neque irascitur qtmi mulabUiSf sed ideo hm kgutUur ut exprimatur peccatorum nmirarum acerbitas qme di* vimm menieril offensam taïKjuam ejusqne pervenerit culpa, ut etiam Deus qui mturaliter non movetur et iraeundia oui pasmne ulla provocalus videaiur ad
iraciuidiLuny
Eocore que Dieu, dit un autre Auteur, ne puisse se couroucer, ni se réjouir, ni désirer, ni compâtir, ni se repentir, si est-ce, dit-il, qu'il fait tout ce que font t tous ceux qui se couroucenl, qui s^atristent, qui se répeutent ou qui se réjouissent etc., car il châtie, dit-il, quoique sans colère, U se cumplait en quelque chose, quoiijue sans aucun niouvemoiiL de joie, il abhorre le mal, quoique sans chagrin et sans tristesse; il veut le bien, quoique sans désir, il donne recours aux affligés, quoique sans compassion. Bréf, dit-il, tout ce que nous luisons par tous ces divers niouvemens de nos apetits et de nos passions. Dieu et les Anges, dit-il, le font par un acte simple de leur volonté, parce(|u'ils sont des esprits purs. Voilà comme nos Dëicoles et nos Christicoles parlent de Timmutabilité de leur Dieu, ainsi, quoiquHls lui attribuent, comme je viens de dire, Tamour et la haine, la douceur et la colère et uièuie la fureur et Tindignation, la tristesse et la joie, le plaisir et la douleur, le désir et la compassion, le regret et la répentance etc., ils ne prétendent cependant pas prendre ces termes-là au
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piè de lit lettre^ comme si Dieu se courouçoit effectivement et comme s'il, se réjouissoit ou s*atristoit
etc., ou comme s'il <3loil vérilahlernonl, sujèt ;'i quelques-uns de ces mouvemens^ que nous sentons en nous mémes; quand nous aimons ou que nous baissons^ quand nous nous niollens en colère, ou (jue nous nous réjouissons, quand nous nous utrislons ou que nous nous répentons elc.> non ce n'est point du tout cela, qoHis entendent par les termes que je viens démarquer; c'est lotit antre chose (ju ils entendent etquils ne sauroient néanmoins expliquer, ni taire distinctement entendre aux autres, parce qu'iis ne sauroient cux-niêmos couiprenilre, ni concevoiiv, ce qu'ils prétendent entendre par leur manière de parler. Mais on voit bien, que c'est comme s'ils disoient, que Dieu aimé sans amour, c'est-à-dire qu'il aime sans aimer, qu'il hait sans haine, c'esl-à-dire qu'il hait sans haïr, qu^il se met en colère sans colère, qu'il se fâche sans se lâcher, qu'il se réjouit sans joîè, qu'il s'atriste sans tristesse et qu'il se répcnl sans regret et sans repenlance, c'est-à-dire sans se repentir etc. Pareillement, suivant leur manière de parler, quand ils disent qu'il est bon sans qualité et qu'il est i^frand et Immense sans «^landeur et sans étendue, c'est comme s'ils disent qu'il est bon sans bonté et qu'il est bon sans être bon; qu'il est grand sans grandeur, e'està-dire grand sans être grand, et ainsi, suivant cette belle doctrine de nos Déicoles, ces termes même de faire et de vouloir quelque chose, qu'ils attribuent à leur Dieu, ne se doivent et ne se peuvent prendre à la lettre, non plus que ces autres termes d'aimer, de
luifr^ de se facber ou de se repentir etc. Cnr de ffléme^
dans leur sens, que Dieu ai iiieioil sans aucun seutimeat d^amour^ qu'il baîroit saos aueun mouvement de haine^ qu'il se complairoit en quelque chose sans aucun sentiment de joie et que cl nulres choses lui déplairoient sans aucun sentimeul de tiiittesse, ou qu'il se repen* . tiroit sans aucun sentiment de regrét et de repentance etc., de nièuie aussi il l'aiil qu'ils diseiU qu'il t'ait tout sans aucun mouvement (faciiony sans :»'âgiter, sans se mouvoir, et qu'il veut ce qu'il veut sans former aucun acte de volonté, ce qui est^ertainement comme s'ils disoient, qu'il lail tout sans taire, qu'il agit sans agir et qu'il veut sans vouloir et sans volonté;, et suivant cette manière de parler, il faut donc qu'ils disent encore qu'il est sans être et qu'il existe sans existence, puisqu'il u'a aucune manière particulière d'agir, comme il n'a aucune manière particulière de l'aire, ni aucune manière [)arliculière d'exister; car faire n'est pas sans action, ni vouloir sans acte de volonté, non plus qu'être sans essence ou qu'exister sans existence.
Or nos Déicoles reconiioissent et conviennent (|ue leur Dieu veut toutes choses sans aucun mouveuicnt de sa volonté et qu'il fait toutes choses sans aucun mouvement d'action, qui est, comme s*ils disoient, qu'il veut tout sans voiilon, qu'il aj^it sans agir r»l qu'il liait tout sans faire, suivant quoi il faut donc qu'ils reçonnoissent et qu'ils disent aussi qu'il est sans être et qu'il existe sans existence, c'est-à-dire qu'il n'est point du tout, puisqu'il n'a aucune manière partioulîére d'être, ni aucune manière particulière d'exister; car ce qui n'a aucune manière particulière d'être,
ni aucune manière particulière d'exister^ n'existe certainemenl point du tout. Voilà jusqii^où nos superstitieux Di'icoles se Irouvent réduits ji;ir leur belle doctrine de la prétendue existence de leur Dieu; à force de vouloir le rendre parfait et de vouloir le faiie pnroitre i^rand et admirable et iîicoinpréhensible en toutes cliose.s et en toutes ma n km es, ils le dclrui-, sent, et à force de vouloir le dépouiller et le dégager de toutes imperfections on de toute qualité réelle et imaginable, ils le réduisent véritablement à l ien. Que ne recounoissenl-ils donc et que n'avouent-ils ingénuement aussi qull n'est point et (]u'il n'est rien^ puisqu'il n'est efiectiveincnl point et qu'il n'est effectivement rien.