‹ Le testament de l'illustre Brizacier, publié en son entier pour la première fois. Préf. de M. Ernest d'Hervilly. Notice et documents de M. Robert de La Villehervé. CorrigésChapitre 5 sur 8 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

De l'illustre Théâtre.

Voici les gais aventuriers ,

A qui la poulpre est familière, /{J

0 fronts couronnés de lauriers, / De pampres, de festons, de lierre, Salut, compagnons de Molière Buvant aux sources de cristal !

Mais quel oiseau dans la volière i f * / — J & vu Sosthène Ducantal ! '#^1

0 doux héros injuriés, Quelle fortune singulière Fait de vous des gens mariés A quelque tâche journalière?

Jadis, la lyre en bandoulière Vous marchiez vers le ciel natal,

Suivaoi l'étoile hospitalière.

— Sfâ, vu Sosthènc Ducantal !

C'est vous, lutteurs ! c'est vous guerriers •

L'an n'est plus qu'un auxiliaire

Des accessoires variés !

Ça ! quelle est cette fourmillière

De nains mettant la muselière

Au chant joyeux, libre et brutal ? v /

Bohême oji ton nobiliaire? 40/

— J'ai vu Sosthènc Ducantal. /

Envoi.

Muse autrefois irrégulière

A l'embonpoint oriental, j /

Dans ta maigreur point ^ salière . tcj\

— J'ai vu Sosthène Ducantal. /

Cûufcsi

Et cependant je l'aime encore

Ce métier de libre •penseur

Par les bois qu'éveille l'aurore !

-fkémméi'c, Scapifi, Empereur, es* * ° te\«s *»

Sur mon corps de saule pleureur, ^

J'aime ces oripaux fantasques, /

Et je m'enivre avec fureur ^y

En la société des masques.

xyin

Seul, peut-être, j'ai conservé L'amour de l'ardente chimère , Et je bats encor le pavé Eu étudiant la grammaire Que Thespis au pa}'S d'Homère Apprenait en se promenant.

C© feu qu'on disait éphémère Me brûle encore maintenant.

0 cabotins que l'on bafoue , Je suis des îvôtres ! oui , j'en suis ! Oui , votre Touge sur ma joua Cache la pâleur des ennuis.

Je vous suivrai dans les réduits Mystérieux, où l'Espérance Illumine l'horreur des nuits Et vient apaiser la souffrance.

Frères que je voudrais meilleurs , J'irai , cœur débordant de joie , Hautain et raillant.les railleurs Jusqu'au bout sombre de la voie, Malgré J'averse que m'envoie Le nuage hostile aux passants, Pourvu que, pat instants, je voje Passer mes rêves frémissants !

L'Idéal est en moi. Qu'impôt Le reste ? 0 désillusion , Tu ne seras pas la plus Forte !

L'espoir fait toujours faction , Le songe devient action !

Le renoncement lâche et blême N'est pour rien dans ma passion , Ê j

L'âge y^at : je reste aJ-mêma. ^J

Et cependant , vous le savez , Vous étoiles qui m'endormîtes , Que de chemins non retrouvés , sfjfcf Que d'horizons**^ de limites ! / / Que de projets , que de marmites Renversés misérablement !

Manteaux augustes dont les mite»

Ont rongé la pourpre qui ment !

J'ai rempli jusqu'au bout mon roîa De jocrisse aux airs hébétés , Dans cette farce toujours drôle Des premiers rêves avortés , Et mes chants d'espoir répétés Par des échos à la voix fausse Ressemblent aux chants sanglotes Le jour des morts près d'une fosse.

Page 1