‹ Le Testament de la comtesseChapitre 3 sur 8 · DP. LA CO MT PS S P · texte numérisé non relu

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Le lendemain matin, le soleil était à peiné levé, lorsqu'un domestique de l'hôtel vint prévenir M. de Rervarec qu’un hohime demandait à lui parler pour affaire pressante.

— Qu’il entre, répondit le chevalier. Reste, Raoul, ajouta-t-il en retenant le jeline homme, qui allait se retirer. Tu sais bien que je n’ai pas de secret pour toi, mon ami. Je ne sais quel pressentiment me dit que la visite qui nous arrive se rapporte à toi.

Au même instant, un homme d’un certain âge, enveloppé dans un large manteau, entra dans la chambre.

Il attendit que le domestique qui l’avait introduit se fût éloigné, pour ôter le manteau, qui lui

montait jusqu’aux yeux, et pour s’avancer vers le chevalier.

C’était un homme d’une soixantaine d’années.

Malgré ses cheveux blancs et les rides profondément tracées qui sillonnaient en tout sens son visage, il devait être encore alerte et robuste. Quoique sombre et morose, sa figure avait quelque chose de franc et de loyal.

Il adressa d’abord la parole au chevalier d° Kervarec, qqe le domestique lui avait désigné en l’introduisant; mais à peine eut-il aperçu Raoul qu’il s’arrêta court. Ses yeux fixés sur le jeune homme semblaient ne plus pouvoir s’en détacher.

— Monsieur, dit-il en remettant à Haoul un billet sans suscription, voici une lettre que l’on m’a chargé de vous remettre.

Et, s’inclinant respectueusement devant le jeune homme, il sortit rapidement. Raoul ouvrit le billet qui contenait les lignes suivantes :

« Ce soir, à neuf heures, trouvez-vous devant la petite porte du jardin qui est placée à l’angle

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de la rue du Val-de-Grâce et du couvent des Bénédictines; dès que la cloche aura sonné les neuf coups, frappez trois fois à la porte du jardin. D’ici là, ne quittez pas votre chambre et montrez-vous le moins possible; il y va de votre fortune et de votre vie. Au nom de votre père, soyez prudent et surtout soyez discret. »

Comme le mystérieux messager traversait le corridor, Périnon, qui le guettait, s’approcha de lui.

— Eh bien ? demanda-t-il.

— Eh bien, répondit le vieillard, ce sont bien les personnes qu’on attendait. Une du moins.

Veille bien à leur sûreté, Périnon. Si Dieu favorise les projets de ma noble maîtresse, je te jure que tu auras gagné plus d’argent dans ta journée d’aujourd’hui qu’en dix ans d’hôtellerie.

— Que le ciel vous fasse réussir ! murmura Périnon tout joyeux.

— Mais s’il arrivait malheur à les hôtes, à ce beau jeune homme surtout, je le le dis, Périnon, tu n’aurais qu’à mettre ordre à tes affaires;

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Si

car, par le ciel ! je t'étranglerais do riies propres mains.

— Merci bien , grommela l’aubergiste dont cette perspective assombrit soudain la joyeuse physionomie. Allons! bon, qu’est-ce qui nous drrive encore.

Un homme vêtu de noir, étayant cette physionomie impénétrable ël cë regard sournoisement inquisiteur qui sentent d’une lieue l’exeitipt de police, venait d’entrer dans la cuisine dd Cheval Blanc.

— N’ayez-vous pas ici le cbèvaliëi’ de Kervarec? demanda-t-il à l’hôtelier.

— En effet, répondit Périnoü.

— J’ai une lettre à lui remettre.

— Je vais vous conduire, dit l’hôtcliëb.

Il entra le premier, et, tout eii annonçant le messager, il trouva moyen de regarde b si fixement le chevalier et la porté de 1.1 deuxième ohambbe, que le éhevalier, cortiprelldiu celle pantomime, fit signe à ttaoiil de passer de l’autre côté.

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Le messager entra, remit 1:1 lettre et s'éloigna aussitôt en disant qu’il n’y avait pas de réponse.

— Raoul, Raoul, vois donc! s’écria lechevalier qui ouvrit la porte de la seconde chambre, une lettre de monseigneur le comte de Maurepas , me .mandant à son cabinet aujourd’hui même, à midi.

— Vous lui avez donedemande uneaudience?

— Pas du tout.

— Comment sait-il que Vous êtes ici?

— Je l’ignot’e.

— Que peut-il avoir à vous demander?

— Je ne sais.

— Irëz-vous à cette audience?

— Mais sans doute.

Après maintes réflexions et maintes conjectures, Raolil et le chevalier en arrivèrent à se dire qu’ils Feraient peut-être bien de consulter M. de Rüssy.

Le chevalier prit son chapeau et son épée et se dirigea vers l’ hôtellerie du marquis.

— Singulière coïncidence ! dit Bussy après

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avoir vu la lettre que lui apportait M. de Kervarec. Ce matin même , moi aussi , j'ai reçu ordre de M. de Maurepas pour venir le trouver à une heure.

— Et moi à midi, fit observer le chevalier.

— Peut-être s’agit-il pour vous de quelque mission dans l’Inde.

— Peut-être.

Le chevalier raconta ensuite à M. de Bussy ce qui s’était passé dans la matinée et le message qu’un serviteur mystérieux était venu apporter à Raoul.

Puis vint le chapitre des duels.

— J’ai déjà vu ce matin les témoins de votre adversaire, dit Bussy. M. de Novère vous prie de remettre votre rencontre à deux jours, attendu qu’aujourd’hui et demain il était retenu pour une affaire extrêmement importanle. Bien que j’estime fort peu ce gentilhomme, je sais qu’il ne manque point de bravoure et que ce désir ne peut être par conséquent un prétexte pour cacher sa couardise. J’ai donc consenti pour

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vous à ce que celle rencontre n’eùl lieu qti’après-demain.

— Très-bien , monsieur de Bussy , je vous suis très-reconnaissant...

— Je vous avoue, chevalier, que je ne ferais pas pour tout le monde ce que je fais aujourd’hui pour vous. Il parait qu’on ce moment la justice se montre fort sévère pour les duels, cl j’ai grand’peur que tout ceci ne vous attire une mauvaise affaire.

— A la grâce de Dieu ! répondit simplement le chevalier. Tout ce que je demande au ciel, c’est de me laisser le temps d’assurer l’avenir de Raoul et de le protéger contre ses ennemis.

— Quel aimable jeune homme! dit Bussy, qui avait été séduit par la physionomie ouverte et résolue de Raoul. Je ne sais ce que l’avenir nous réserve à tous trois, chevalier, mais si jamais il avait besoin de moi, vous pouvez lui répéter que je l'accueillerai toujours avec plaisir.

— Je vous remercie de grand cœur, répondit Kervarec. A propos de cela, permeltez-moi de

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