CHAPITRE III
Et M. de Villeoave pâlit ea décacbetant la lettre.
Aux premiers mots qu'il lut, ses yeux se remplirent de larmes.
Il prit uoe seconde lettre interrompue à sa quatrième ligne et contenue dans la première.
Il porta cette lettre interrompue à ses lèvres et me présenta l'autre.
— Lisez, dit-il.
Je lus :
<( Monsieur,
t( C'est avec ma douleur personnelle, augmentée de celle que vous allez éprouver, que je vous annonce que madame*** est morte dimanebe dernier, comme sonnait le dernier coup de minuit.
« Elle avait, la surveille, au moment où elle vous écrivait, été prise d'une indisposition que nous crûmes légère d'abord et qui alla s'aggravant toujours jusqu'au moment de sa mort.
u J'ai rbonneur de vous envoyer, tout incomplète qu'elle est, la lettre qu'elle avait commencée pour vous. Cette lettre vous prouvera que, jusqu'au moment de sa mort, les sentiments qu'elle vous avait voués sont restés les mêmes.
« Je suis, monsieur, bien tristement, comme
VOUS pensez, roaisDae disant toujours votre trèshumble servante,
« TnÉRéSE MiRAND. »
M. de Yillenave suivait des yeux mes yeux qui lisaient.
— A minuit! me dit-il, vous voyez; c'est à minuit que le portrait est tombé à terre et s*e$t brisé. Non-seulement il y a coïncidence de jour, mais de minutes.
— Oui, répondis-je, c'est cela.
— Vous croyez donc? s'écria M. de VîUenave.
— Mais sans doute que je. crois.
— Oh ! bien alors, venez un jour, mon ami, un jour que je serai un peu moins troublé, n'est-ce pas, et je vous raconterai quelque chose de bien autrement étrange.
— Une chose qui vous est arrivée à vous?
— Non, mais dont j'ai été le témoin.
— Quand cela?
— Oh! il y a bien longtemps. C'était en 1774, du temps où j'étais précepteur des enfants de M. deChauvelin.
— Et vous dites...?
— Oui , que je vous conterai cela ; en attendant, vous comprenez...
— Je comprends, vous avez besoin d'étreseul.