‹ Le testament de M. de ChauvelinChapitre 37 sur 74 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

M. de Chauvelîn de plus en plus triste.

— Il serait donc à ddsirer qu'il réparât tous ses scandales, qu'il fit pénitence...

— Monsieur, reprit vivement M. de Chauvelin , les confesseurs doivent attendre en silence qu'on les fasse appeler.

— La mort n'attend pas , monsieur, et moi depuis longtemps j'attends un mot de vous, et il ne vient point.

— Moi ! Oh! ma confession sera longue, mais elle n'est pas encore mûre.

— La confession est tmit entière dans le repentir, dans le regret d'avoir péché, et le plus grand de tpus les péchés, je viens de vous le dire, c'est le scandale.

— Oh ! le scandale, tout le monde y prête.

Il n'est pas un de nous qui ne fournisse matière à médisance. Le ciel ne pense pas à nous punir de la méchanceté des autres.

— Le ciel punit la désobéissance à ses lois , le ciel punit l'impénitence ; il nous envoie des avertissements; si nous les négligeons, rien ne peut plus nous sauver.

M. de Ghauvelin ne répondit pas et sd mit à réfléchir. La marquise , voyant la conversation engagée, se retira discrètement , priant Dieu de toute son âme qu'elle portât ses fruits. Après

un long moment de siienee, pendant lequel le moine l'observait, M. de Chauvelin se retourna tout i coup vers lui.

— Tenez, mon père, dit-ii, vous avez raison; je me repens d'avoir été trop longtemps jeune, et je veux me confesser k vous , car, je le sens , je le sens, la mort est proche.

— La mort ! vous le croyez? et vous ne prenez aucune disposition à l'égard de votre éme , de votre fortune ! Vous craignez de mourir, et vous ne songez point au testament indispensaUe dans la position que vous avez faite à vos héritiers... Pardon, M. le marquis, mon zèle et mon dévouement à votre illustre maison m'entraînent trop loin peut^tre.

— Non, vous avez encore raison , mon père.

Pourtant, rassurez-vous , ce testament est fait ; je n'ai plus qu'à le signer.

— Vous craignez de mourir, et vous n'êtes pas en état de paraître devant Dieu.

— Puisse-t-il me faire miséricorde ! Je suis né dans la religion chrétienne, et je veux mourir en chrétien. Venez demain, je vous prie; nous continuerons cet entretien, qui me rendra le repos de l'àme.

— Demain! Pourquoi demain? La mort ne recule ni ne s'arrête.

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