CHAPITRE IX
seul avec sept femmes charmantes. M. le prince de Conli chassait; moi, je restais au château, et je leur fis... des vers. Ah! c'était un beau et ton temps, sire.
— Marquis, me prenez-vous pour votre confesseur, et est-ce là votre repentir?
— Mon confesseur, ah ! oui , Votre Majesté a raison, j'avais justement donné rendez-vous pour ce moiin à un cnraaldule de Grosbois.
— Oh ! le pauvre homme , quelle occasion de s'instruire il a manquée là ! Lui eussicz-vous tout ditjChauvelin?
— Tout absolument, sire.
— Alors, la séance eût été longue.
— Eh ! mon Dieu, sire, outre mes péchés à moi, j'ai tant de péchés aux autres sur ma conscience, j'en ai tant surtout à.«»
— A moi , n'est-ce pas? Ceus:-Ià , Chauvelin , je vous dispense de les avouer ; on ne confesse que soi.
— Cependant^ sire, le péché est terriblement épidémique à la cour. Je ne fais que d'arriver , et déjà Ton m'a parlé d'une aventure étrange.
— Une aventure, Chauvelin ! Et sur le compte jcle qui Ta-t-on mise, cette aventure?
— Et sur le compte de qui met-on les bonnes aventures, sire?
— Parbleu ! ce doit être sur le mien.
— Ou bien sur celui de. .•
-^Ou bien sur celui de la comtesse du Barry, n'est-ce pas?
— ^Vous avez devine, sire.
— Comment ! la comtessedu Barry a péché?. . . Peste! dites-moi cela, Chauvelin.
— Je ne dis pas précisément que Taventure soit un péché par elle-même ; je dis qu'elle m'est rêve* nue h l'esprit à propos de péchés.
— Voyons, marquis, quelle est cette aventure? Contez«moi cela tout de suite.
— Tout de suite, sire?
— Oui. Vous savez, les rois n'aiment pas à attendre.
— Peste, sire ! c'est grave.
— Bah ! Aurait-elle eu encore quelque contestation avec ma petite bru ?
— Sire, je ne dis pas non.
— Ah ! la comtesse finira par se brouiller avec la Dauphine; et alors, ma foi...
— Sire, je crois que madame la comtesse est à cette heure toute brouillée.
— Avec la Dauphine?
— Non, mais avec une autre petite bru à vous. —Avec la comtesse de Provence?
-*Jo8tement.