‹ Le testament de M. de ChauvelinChapitre 57 sur 74 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

— Oh! je ne vois rien, non, ncm, c*est de la folie, s'écria madame de Chauvelin, et cependant... oh! mais regardez donc, regardez done!

— Où cela?

— Là, là, voyez-vous?

— Je ne vois rien.

— Vous ne voyez rien, là, là?...

— Absolument rien; mais vous, madame, dites, que voyez-vous?

— Oh! Je vois, je vois... Mais non, c'est impossible.

— Dites.

— Je vois M. de Chauvelin en habit de cour, mais pâle et marchant à pas lents ; il a passé là, là.

— Mon Dieu î

— Sans me voir! comprenez-vous? et s'il m'a vue, sans me parler ! ce qui est plus étrange encore.

— Et , dans ce moment-ci , le voyez-vous toujours ?

— Toujours.

Et le doigt et les yeux de la marquise indi^ quaient la direction que suivait le marquis resté invisible aux regard du père Deinr.

— Et ou va-t-il, madame?

Madame de Cliauvelîn se tourna vers Fabbë.

— Madame, dit celui-ci qui compHt son regard interrogateur, je puis vous assurer que ces messieurs se trompent quand ils prétendent avoir vu M. le marquis. J'étais près d'eux, et j'affirme que personne...

— Et moi, monsieur, dit l'alné, je vous dis que je viens de voir papa comme je vous vois.

— Fi ! M. Tabbë, fi ! que c'est laid de mentir ! dit le plus jeune des deux enfants.

— C'est étrange ! fit le père Delar.

La marquise secoua la tête.

— Ils n'ont rien vu, madame, répéta le précepteur; rien, absolument rien. -

— Attendez, fit la marquise.

Puis, s'adressant h ses deux fils avec ce doux accent maternel qui fait sourire Dieu :

— Mes enfants, dit^lle, vous dites que vous avez vu votre père?

— Oui, maman, répondirent ensemble les deux enfants.

— Comment était-il habillé?

— Il avait son habit de cour rouge, soft cordon bleu, une veste blanche brodée d'or, une culotte de velours pareille à l'habit, des bas de soie, des sooliers à boucles et son épée au c6té.

£1 tandis que Tatné détaillait le costume d»

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