‹ Le testament de M. de ChauvelinChapitre 68 sur 74 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

celle jeune fille, elle se maoifesla une seconde fois.

Une fièvre maligne brocha sur le loul el vinl compliquer la silualion.

Le 29 avril , la première irruplion se manifesla, el Tarchevêque de Paris, Christophe de Beatumonl, accourul à Versailles.

Celle fois la silualion élail élrange. L'adminislration des sacremenls, si la nécessilé s'en faisail senlir, ne pouvail avoir lieu qu^après r expulsion de la concubine , el celle concubine, qui apparlenait au parli jésuilique , donl Christophe de Beaumonl élail le chef, celle concubine, au dire même de Tarchevéque, avail rendu, par le renversemenl du minisire Choiseul el par le renversemenl du parlemenl, de si grands services à la religion , qu'il élail impossible de la déshonorer canoniquemenl.

Les chefs de ce parli étaienl, avec M. de Beaumonl el madame du Barry, le duc d'Aiguillon, le duc de Richelieu, le duc de Fronsac, Maupeou el Terray.

Tous élaienl renversés du même coup qui renversail madame du Barry. Ils n'avaienl donc aucun moUf de se déclarer conlre elle.

Le parli de M. de Choiseul, au conlraire , qui élail parloul , jusque dans la ruelle du roi , de-

mandait l'expulsion de la fayorite et une confession prompte ; ce qui était curieux k Toir, puisque c'était le parti des philosophes, des jansénistes et des athées qui poussait le roi h la confession; tandis que c'étaient l'archevêque de Paris, les religieux et les dévots qui désiraient que le roi refusât de se confesser.

Telle était la singulière situation des esprits lorsque, le 1^ mai, à onze heures et demie du matin, l'archevêque se présenta pour voir le roi malade.

A tout hasard, en apprenant que l'archevêque était arrivé la pauvre madame du Barry se sauva.

Ce fut le duc de Richelieu qui vint à la rencontre du prélat, dont il ignorait encore les intentions.

— Monseigneur, dit le duc , je vous conjure de ne pas effrayer le roi par cette proposition théologique qui a fait mourir tant de malades. Mais si vous êtes curieux d'entendre des péchés jolis et mignons, mettez-vous là , je me confesserai à la place du roi , et je vous en dirai de tels que vous n'en avez pas entendu de pareils depuis que vous êtes archevêque de Paris. Maintenant, si ma proposition ne vous agrée point , si vous voulez absolument confesser le roi et renouveler à Versailles les scènes de M. ['évêque

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