‹ Le testament de M. de ChauvelinChapitre 72 sur 74 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

d'extréme-onction. Le curé de Versailles se présenta dans le but de préparer le roi à cette pieuse cérémonie; mais il rencontra le duc de Fronsac qui lui donna sa foi de gentilhomme qu'il le jet> terait par la fenêtre au premier mot qu'il en dirait.

— Si je ne ine tue pas en tombant, répondit le curé, je rentrerai par la porte, car c'est mon droit.

Mais, le 7, à trois heures du matin, ce fut le roi qui demanda impérieusement l'abbé Mandoux, pauvre prêtre sans intrigue, bonhomme d'ecclésiastique qu'on lui avait donné pour confesseur et qui était aveugle.

Sa confession dura dix-sept minutes.

La confession terminée, les ducs de la Vrillière et d'Aiguillon voulurent retarder le viatique ; mais la Martinière, ennemi particulier de madame du Barry qui avait glissé près du roi Lorry et Bordeu, s'approchant du roi :

— Sire, dit-il, j'ai vu Votre Majesté dans des circonstances bien dilSBciles, mais jamais je ne l'ai admirée comme aujourd'hui; si elle me croit, elle achèvera tout de suite ce qu'elle a si bien commencé.

Le roi alors fit rappeler Mandoux, et Mandoux lui donna l'absolution.

Quanl à cette réparation éclatante qui devait anéantir solennellement madame du Barry, il n'en fut pas question. Le grand aumônier et rarchevéque avaient rédigé de concert cette formule, qui fut proclamée en présence du viatique :

Quoique le roi ne doive compte de sa conduite quà Dieu seul, il déclare qu'il se repent d'avoir causé du scandale à ses sujets, et qu'il ne désire vivre encore que pour le soutien de la religion et le bonheur de ses peuples.

La famille royale, augmentée de madame Louise qui était sortie de son couvent pour soigner son père , alla recevoir le saint sacrement au bas de l'escalier.

Pendant que le roi recevait les sacrements, le Dauphin , que Ton tenait éloigné du roi parce qu'il n'avait pas eu la petite vérole , le Dauphin écrivait à l'abbé Terray :

«( M. le contrôleur général,

(( Je vous prie de faire distribuer aux pauvres des paroisses de Paris deux cent mille livres pour prier pour le roi. Si vous trouvez que c'est trop cher, retenez-les sur nos pensions à madame la Dauphine et à moi.

« Signé : Louis-Auguste. »

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