‹ Le Testicule Dans La Syphilis HéréditaireChapitre 12 sur 43 · PO AL · texte numérisé non relu

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coup plus considérable. M. le D' Hutinel dit, en effet (4), « les lésions sont habituellement doubles. Il est possible qu'une des glandes spermatiques ait subi une hypertrophie notable alors que l'autre a conservé son volume et parait saine ; il n’en est pas moins vrai que je n'ai pas une seule fois rencontré chez l'enfant des lésions unilatérales des testicules ». M. le D Carpenter dit à son tour « la maladie est très fréquente mais pas invariablement bilatérale dans sa distribution, et dans ce cas un côté peut être plus atteint que l’autre ».

Les enfants porteurs d’un sarcocèle syphilitique, au même titre que tous les hérédo-syphilitiques, n’ont pas toujours cette teinte terreuse (Trousseau), cet aspect cachectique, ce facies ridé, vieillot, qui ne relèvent pas tant de l'infection syphilitique que de l’athrepsie, ce trouble profond de la nutrition générale. Ii n’est pas rare de rencontrer des petits syphilitiques qui ont belle apparence. A leur naissance, s'ils viennent à terme, ce sont des enfants de poids moyen, qui se développent souvent bien, s’ils sont nourris au sein maternel {c'est un fait clinique sur lequel insiste M. le Prof' Pinard). Ceux qui sont nourris au biberon sont des sujets cachectiques, amaigris, d'une pâleur remarquable, parfois blancs, presque exsangues ; d’autres, sont des enfants gras, à teinte blafarde. Tous portent à des degrés divers des stigmates spécifiques : coryza, fissures au niveau des lèvres et des plis radiés de l’anus, syphilides cutanées fessières, roséole, onyxis, foie gros, rate grosse, pseudoparalysie de Parot, etc. Presque toujours à l’autopsie, nous avons trouvé des lésions au niveau du foie et des épiphyses osseuses. D’autres, plus âgés, portent les stigmates dystrophiques de l’hérédosyphilis : dystrophies osseuses, crâniennes et dentaires ; kératites, surdité, malformations.

Dans la syphilis héréditaire tardive, la forme d’orchite dont nous avons parlé, où le testicule présente une surface inégale, à nodules indurés, paraît être la plus communément observée. M. le Profr Fournier dit dans ses leçons sur la syphilis héréditaire tardive (4886) : « Le sarcocèle spécifique qui s'observe, vous le savez, dès

(1) Mémoire de 1878 déjà cité, p. 120.

la première enfance, constitue aussi parfois une manifestation tardive de la syphilis héréditaire. Le fait cependant parait assez rare, car je n’en trouve signalés que six cas dans mes notes, sur un total de 212 observations. Il faut dire, à la vérité, qu’en raison de son indolence, l'affection a bien des chances pour passer inaperçue. Dans les six cas dont je dispose, la lésion testiculaire s'est montrée, chez nos malades hérédo-syphilitiques, exactement identique à ce qu’elle est dans la syphilis acquise. Il me suffira d’en énoncer très sommairement les caractères principaux, à savoir :‘ tuméfaction testiculaire, mais tuméfaction toujours modérée et n’aboutissant pas le plus souvent à constituer une tumeur apparente de l'organe, j'entends apparente pour le malade et de nature à éveiller son attention ; — tuméfaction avec conservation de la forme ovoide du testicule, qui reste toujours respectée ; — induration soit générale de la glande, soit plus habituellement partielle, c’est-à-dire se faisant par ilôts, par placards, au niveau desquels l’albuginée parait comme blindée par une coque cartilagineuse très dure et d’une dureté sèche, compacte, chondroïde, qui re se laisse pas déprimer sous le doigt; — çà et là quelquefois, irrégularités et inégalités de surface, constituées par de petits nodules, dits très justement nodules de Ricord, lesquels donnent la sensation de grains de plomb ou de pois secs qui seraient comme enchâssés dans l’albuginée et en dépasseraient légèrement la surface ; — parfois, complication d’un léger degré d’épanchement dans la vaginale ; — intégrité du canal déférent, des vésicules séminales et de la prostate ; — et, comme terminaison, alors que la maladie est abandonnée à son évolution naturelle, dégénérescence seléro-atrophique de l'organe ».

Observations d'orchite dans la syphilis héréditaire précoce.

(Purement cliniques).

Obs. 5. — (M. le D' Norrx). Sarcocèle svphilitique. — Medical Times and Gazette, London 1862, T. I, p. 403.

RANCE âgé de 14 mois, malade, fut apporté au York Dispensary en août dernier. Enfant chétif dont les fesses et le scrotum sont

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couverts de papules foncées et cuivrées. Le testicule gauche était du volume d'un œuf de pigeon environ. La mère m'avoua que tous deux, elle et le père de l'enfant, avaient eu la syphilis; que les taches s'étaient montrées sur l'enfant peu après sa naissance, et que le testicule avait grossi assez rapidement pendant les deux ou trois dernières semaines. En examinant le testicule, il fut trouvé dur, gros, indolore au toucher. Le scrotum était vide et de coloration normale. Je prescrivis de petites doses d’iodure de potassium avec hydrargyre et craie chaque soir. Ce traitement, avec interruption momentanée de mercure, fut continué pendant quatre ou cinq semaines, moment où le testitule reprit sa grosseur et son aspect naturels et où les taches disparurent à peu près, si ce n’est complètement. L'enfant cependant resta encore émacié et d'aspect maladif.

Obs. 6. — (M. le D' Turrce), citée par M. le Prof’ Taylor. — Journal médical de New-York, 18 nov. 1893. — Sarcocèle.

Enf' de 3 à 4 semaines. — Hérédo-syphilis.— Sarcocèle svphilitique.

Obs. ‘7. — (M. le D' Wezzs). — Journal fur Kinderkrank. T. I, p. 249. — Sarcocèle.

L'auteur rapporte le cas d’un enfant de ÿ mois, atteint de syphilis congénitale, dont les deux testicules étaient tuméfiés et durs. [l tient cette affection pour très rare chez les nouveau-nés syphilitiques.

Obs. S. — (M. le Prof’ Pixar»), Thèse de M. le D' Barrault, 1898, — Sarcocèle. Traitement prophylactique du père et de la mère par l’iodhydrargyrate d’iodure de potassium.

Famille L..., syphilis paternelle traitée pendant huit ans. — Mariage.

1® grossesse. — Hydropisie de l’amnios; accouchement à terme. — Enfant petit, vivant aujourd'hui, mais ayant des déformations rachitiques.

2° grossesse. — Hydropisie de l’amnios peu considérable; accouchement. Enfant de 3,100 gr., mort à trois semaines. Orchite et péritonite syphilitiques, traitées par le professeur Parrot.

Traitement prophylactique du mari pendant six mois.

3° grossesse. — Pendant laquelle la mère suit le traitement. — OEuf normal. Accouchement à terme. Enfant vivant de 3,600 gr., bien portant; aucune fare.

Traitement prophylactique du mari.

4° grossesse. — Traitement de la mère. — OEuf normal; accouchement à terme, Enfant vivant, bien portant; aucune tare.

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