‹ Le Testicule Dans La Syphilis HéréditaireChapitre 19 sur 43 · PEAU NES · texte numérisé non relu

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n’ont pas subi d’altérations profondes. Dans ces cas, le testicule est souvent rouge ou congestionné, mais il n’est pas notablement hypertrophié. L'hypertrophie se montre surtout quand la lésion se diffuse et pénètre entre les tubes séminifères. Même dans les cas où les altérations sont cantonnées autour des artérioles des cloisons fibreuses, on voit, par places, des trainées de cellules embryonnaires se déposer le long de quelques-uns des ramuscules vaseulaires qui pénètrent dans l'intervalle des tubes ; un degré de plus, et la lésion, au lieu d’être limitée, sera diffuse.

L'organe, dans ce cas, présente une sclérose diffuse dont le résultat est l'atrophie des tubes séminifères. Dans l'intervalle des canaux glandulaires, le long des vaisseaux, on trouve des éléments arrondis ou irréguliers, extrêmement nombreux, qui présentent les caractères des cellules jeunes du tissu conjoncetif et sont disséminés sans ordre dans les mailles délicates d’un tissu réticulaire ; ces éléments agglomérés se colorent fortement en rouge sous l'influence du picrocarmin, et tranchent nettement, par leur coloration foncée, sur la teinte plus claire du tissu fibreux qui entoure les tubes séminifères. Ce tissu péritubulaire qui se confond par ses bords avec le tissu périvasculaire en diffère par les caractères suivants : il est lamelleux, au lieu d’affecter une disposition réticulaire, et les cel- Jules conjonctives placées dans l'intervalle des faisceaux concentriques qui le composent sont allongées et aplaties. Si la sclérose est avancée, les tubes ainsi entourés par une série de zones fibreuses qui les étranglent et rétrécissent leur calibre n’ont plus que le tiers ou le quart de leur diamètre habituel, et dans certains points ils sont presque complètement oblitérés.

Ordinairement, les cellules épithéliales subissent, dans les points où la lésion est très avancée, une altération profonde ; elles deviennent jaunâtres, granuleuses, irrégulières, ou même se transforment en gouttes huileuses ; les plus centrales sont complètement dégénérées, alors que celles de ia périphérie sont encore intactes. Lorsque le calibre des tubes est fortement rétréci, on ne trouve plus au centre des zones concentriques de tissu fibreux qui en marquent la place que deux ou trois cellules graisseuses. Je n'ai pas constaté chez l'enfant l’hypertrophie de la tunique interne ou membrane propre des canalicules,

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Le processus scléreux accomplit donc son évolution en deux temps: dans le premier, c'est au pourtour des vaisseaux que s’accumulent les éléments de nouvelle formation, et cette accumulation parfois énorme nous explique l'hypertrophie de la glande, sa dureté et sa vascularisation exagérée ; dans une seconde phase, ce sont les parois des tubes séminifères qui sont envahies par la selérose : c’est la période de destruction glandulaire. Le testicule peut rester gros, dur et pesant ; il n’en est pas moins une glande atrophiée, transformée en une masse fibreuse au sein de laquelle on ne distingue plus que des rudiments de tubes privés d’épithélium Où tapissés par des débris de cellules épithéliales ; et, si le traitement spécifique intervient et hâte la résorption des éléments cellulaires de nouvelle formation, le testicule s’affaisse et s'atrophie ».

Ge sont là, en somme, des lésions de prolifération conjonctive intertubulaire et périvasculaire avec sclérose péritubulaire dessinée par un anneau fibreux, clair sur les coupes et qui étrangle le contenu épithélial des tubes Tout cela apparait nettement sur la fig. 8, qui contraste avec l’état anatomique du testicule sain (fig. 7). Ces lésions sont diffuses et régulièrement réparties dans tous les points de la glande. Au contraire « dans les orchites interstitielles diffuses de l’adulte (syphilis acquise) la sclérose ne présente ni la régularité ni l’égale diffusion qu’elle affecte dans le testicule de l'enfant. lei, des cordons fibreux traversent le parenchyme de la glande ettirent sur l’albuginée qu’ils dépriment. Là des portions du testicule sont presque saines, et à côté d’elles on trouve des parties fibreuses ou d'aspect charnu au centre desquelles existent parfois des noyaux gommeux ». :

L'albuginée est le plus souvent normale ; elle peut cependant être épaissie, présenter à la coupe « de légères proliférations conjonctives périvasculaires » sous formes de trainées de cellules rondes on de leucocytes dans les couches superficielles, mais surtout dans la couche profonde de l’albuginée, qui est sa zone vasculaire ; de là ces cellules accompagnent les vaisseaux parfois dilatés qui pénètrent ensuite dans les travées conjonctives des lobules. Dans certains cas cette hyperplasie conjonctive gagne le corps d'Highmore où l’on trouve une abondante infiltration de cellules

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embryonnaires. On peut même ne plus trouver de ligne de démarcation nette entre l’albuginée et le tissu interstitiel du testicule devenu fibreux. Plus rarement, comme l’a vu M. le D' Carpenter (voir obs. n° 88), il peut y avoir une véritable albuginite avec nodule induré, constituant une sorte de noyau fibreux pénétrant au dessous de l’albuginée en plein parenchyme testiculaire et où l’on ne trouve plus trace de tube. Ce sont là, à n’en pas douter, des lésions analogues à celles décrites dans la syphilis acquise ; c’est là la véritable albuginite de Ricord. Nous-même avons trouvé chez un enfant de À mois 1/2 plusieurs volumineux amas de cellules rondes périvaseulaires développés sous l’aibuginée et pénétrant comme un coin en plein parenchyme testiculaire (voir obs. n° 86).

Henoch, en 1877, avait déjà noté l'existence d’une hypertrophie conjonetive interstitielle diffuse surtout marquée dans le corps d'Highmore {voir obs. n° 45).

M. le Prof: Cornil, dans le cas de M. le Dr Ohédénare ‘obs. n° 89) a trouvé des lésions analogues portant à la fois sur l’albuginée, le tissu conjonetif interstitiel du testicule, l’épididyme et la vaginale. Mais c’est là, Je pense, un cas de syphilis acquise, fait qui prouverait, en tout cas, que les lésions sont les mêmes dans le sarcocèle infantile, qu'il relève d’une syphilis acquise ou d’une syphilis héréditaire.

Dans un cas de sarcocèle, chez un enfant de onze mois, MM. Darier et Feulard (1891, obs. 113), trouvèrent dans un testicule des lésions de sclérose diffuse avec lésions à la fois péricanaliculaires et interstitielles dans les lobules les moins malades. Dans les régions plus altérées il n’y avait plus trace des lobules qui étaient remplacés par un tissu de sclérose fibro-cellulaire, d'aspect uniforme, au niveau duquel on ne retrouve plus la structure normale de l'organe. Pas d’altération de l’épididyme. Dans l’autre testicule on trouve des foyers gommeux du volume d’une lentille remplis d'une matière diffluente verdâtre et entourés d'une zone seléreuse (v. fig. 1, 2,3).

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