ETUDE CLINIQUE DE L'ÉPIDIDYMITE
La question de l’orchite interstitielle, comme manifestation de l’hérédité syphilitique, est aujourd'hui bien connue. Celle de l'épididymite l’est beaucoup moins et nous avons l'intention d’en présenter une étude d'ensemble, en voyant d'abord ce que disent les faits cliniques et ensuite ce que nous trouvons comme lésions sur des coupes histologiques.
Au point de vue clinique, les premières observations en date dans lesquelles on puisse noter la participation de l’épididyme aux lésions testiculaires sont celles-ci :
Obs. GG — (M. le D' Wiixs) Medical Times, 1865, I, p. 184. — Hérédo-svphilis. — Orchi-épididymite.
Le D’ Wilks communique à la Société de pathologie le cas d’un enfant
(1) Traité de zootechnie. T. TI.
PCR + DE
de 5 mois, atteint de syphilis congénitale et chez lequel les deux testicules étaient augmentés de volume. Le gauche était le plus gros, très dur, divisé nettement en deux parties; l’épididyme et le corps du testicule étaient atteints d’égale façon. La maladie n’est pas très commune, mais montre clairement que l'affection des testicules est de même nature que celle des organes internes, en tant que maladie chronique dépendant d’une inféction constitutionnelle et non d’une orchite associée à une affection primitive. - M. Holmes a vu plusieurs cas comme celui que vient de rapporter M. Wilks. Dans un d'eux on reconnût que la dureté était due à un dépôt situé en dehors du testicule. Dans un autre cas, du D' Ingram, on trouva les mêmes apparences.
Obs. 67. — (M. le Prof Hexocx) (1) Hérédo-syphilis. — Orchi-épididymite.
Enfant de 5 mois, amené le 16 octobre 1876, avec une roséole, une éruption croûteuse péribuccale, un coryza, des condylômes et des
papules périanales Les deux testicules sont modérément augmentés de volumes, durs, et surtout l’épididyme gauche est noueux.
M. Henoch, à la fin de son mémoire sur le sarcocèle syphilitique héréditaire, dit textuellement : « le processus consiste donc en une orchite interstitielle avec participation de l'épididyme et peut être rapproché de ce qui se passe également dans le foie et l'écorce rénale, comme on le sait depuis longtemps dans la syphilis héréditaire. »
En 1878 M. Hutinel n’a pas trouvé de lésions épididymaires.
En 1883 MM. Bumstead et Taylor, dans leur volume sur les maladies vénériennes, disent, à propos du sarcocèle dans la syphilis héréditaire : « la maladie consiste en une tuméfaction chronique, indolore, d'un ou des deux testicules. Habituellement accompagnée d'hyperhémie du scrotum et d’un léger degré d’hydrocèle, l’affection intéresse quelquefois aussi l'épédidyme et le cordon ».
D’autres observations mentionnent les lésions de l’épididyme.
Obs. 6S. — (communiquée par M. le Prof Fournier) 1884. Hérédo-svphilis. — Orchi-épididymite.
La mère a été soignée (au mercure » il y a trois ans pour des boutons à la figure. — Ulcères à la vulve quelque temps après son mariage. —
(1) Deutsche Zeitsch. fur praktische Medicin, 1877, p. 401 (obs. 5).
ÉSRA re TOR
« Boutons » à la gorge, pour lesquels on a prescrit le mercure. — Douleurs, éruptions aux mains, aux pieds.
1" enfant venu à sept mois, mort-né (1882). — 2°, mort à cinq semaines (de convulsions ?)
Le 3° enfant est âgé de 2 mois; il présente une syphilide érythémateuse grise; de petites taches mal limitées aux pieds, aux fesses, à liseré circonférentiel caractéristique.
Sarcocèle droit. Le testicule est augmenté de volume par rapport à l’autre, avec cime indurée.
Dans une autre observation de syphilis héréditaire tardive (MM. le Prof® Fournier et D' Brocq) chez un adulte de 24 ans, porteur de gomme de la langue et d’un sarcocèle syphilitique, l’épididyme parait également intéressé :
Obs. 69. — (M. le D' Broco. Annales de Det S. 1883, p. 287. — M. le Prof. Fournier; Syphilis héréditaire tardive 1886, p. 435) (Résumée). Syphilis héréditaire tardive. - Orchi-épididymite. — Gommes de la langue.
X..., âgé de 24 ans, chez qui on ne peut trouver des antécédents de syphilis acquise.
Père alcoolique, tuberculeux, Syphilitique. — Mère ayant eu « de gros boutons aux parties » un mois après la naissance de l'enfant qui présentait alors une éruption généralisée papuleuse et des plaques muqueuses à l'anus et à la bouche. La mère et l'enfant furent traités comme syphilitiques.
L'enfant eut à dix-huit mois une bronchite et un foyer fistuleux au cou. — A seize ans, hydrocèle gauche pour laquelle il fut ponctionné trois fois avec injections iodées à l'hôpital Ste-Eugénie, — Sommet du poumon droit douteux.
Etat actuel : ulcérations gommeuses au voisinage du V lingual et de l’épiglotte, profondes, à bords indurés rouges, saillants, taillés à pie, à fond jaunâtre, - La partie antérieure de l'épiglotte est un peu rouge et épaissie.
Sarcocèle double : le testicule gauche est assez volumineux, très induré, Surtout vers sa partie antéro-inférieure, vers l’épididyme qui est fort difficile à délimiter. — Le testicule droit présente à peu près les mêmes caractères, mais on y sent de plus que la partie antéroinférieure de l’épididyme est bosselée, augmentée de volume, et que la glande elle-même, fort dure, présente quelques bosselures vers la partie qui avoisine le corps d'Highmore. Au-dessus d'elle, et intimement soudée avec elle, se trouve une poche kystique fluctuante, de la grosseur d'un petit œuf de poule. Rien dans les cordons. La prostate
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est volumineuse, assez dure, mais non douloureuse, non bosselée ; les vésicules séminales paraissent saines.
M. le Prof’ Fournier le traite avec des doses quotidiennes de 4 gr. d'iodure de potassium ; les gommes sont touchées à la teinture d’iode. En trois semaines guérison complète des gommes de la langue.
Depuis quand le malade porte-t-il cette lésion testiculaire ? Cela il l'ignorait absolument, pour la bonne raison « qu’il n’en avait jamais souflert ». Il est vraisemblable toutefois que l'affection n’était pas très ancienne (dit M. le Prof’ Fournier), car elle a subi, sous l’influence de l'iodure de potassium, un amendement très rapide et considérable, ce qui n'aurait pas eu lieu si elle eût été déjà en état de dégénérescence fibro-scléreuse.
Obs. 70. — (M. J. MenecauLr) Annales deD. etS., 1887, page 270 (Résumée) Svphilis héréditaire tardive.
J... 48 ans 1/2. Parents probablement syphilitiques : 1°” enfant mort à trois mois; — 2°, mort à deux mois ; — 3°, fausse couche de quatre mois et demi; — 4°, le malade actuel, soigné dans le service de M. le Prof’ Fournier.
Chétif et malingre dans la première année. — Strabisme. — A parlé
tard. — Retard de la dentition. — Maux d’yeux. — A cinq ans othorrhées. — À dix ans gomme ulcérée au niveau de la crête tibiale; — A douze ans, tumeur gommeuse de la région temporale droite ; périostose costale. — A seize ans, gomme nasale. — Perforation de la voûte palatine. — Arthropathies multiples guéries par l’iodure de potassium. Actuellement : gomme du pli du coude, cédant au traitement ioduré. — Dents d'Hutchinson.
Les testicules sont bien développés. — L'épididyme gauche est augmenté de volume.
En 1889, M. le D Comby présente à la réunion hebdomadaire des médecins de l'hôpital Saint-Louis un petit malade hérédo-syphilitique, âgé de six semaines, porteur d’une épididymite isolée sans participation apparente du testicule.
Obs. 71. — (M. ie D' ComBy) Annales de D et S., 1889, p. 706. Svphilis héréditaire. — Epididymite sans orchite.
Enfant de 6 semaines qui présente depuis cinq ou six jours une éruption abondante occupant le front, le pourtour des narines, la région anale, les cuisses et différentes parties du corps. Cette éruption est constituée par des éléments arrondis, papuleux, érodés pour la plupart ; ce sont des plaques muqueuses ou syphilides papulo-érosives