HYDROCÈLE
Jusqu'à présent la coexistence de l’hydrocèle avec le sarcocèle syphilitique héréditaire a été considérée par les auteurs comme une rareté. Dans son mémoire, M. Hutinel dit ne l'avoir observée que deux fois: Parrot (1) n'a constaté qu’une fois un épanchement séreux dans la tunique vaginale. Cette rareté de l'hydrocèle syphilitique infantile peut étonner si l’on songe à sa fréquence relative dans le sarcocèle considéré comme manifestation de la syphilis acquise chez l'adulte. Dans ce cas, en effet, M. Reclus (2) reconnait l'existence de l’hydrocèle dans la moitié des cas environ ; M. le Prof® Fournier (3) « au plus dans le tiers ou le quart des cas. »
En étudiant toutes les observations de sarcocèle hérédo-syphilitique que j'ai pu réunir, je trouve que sur environ 95 cas de sarcocèle, il y avait 95 fois coïncidence d'hydrocèle. Ces chiffres sont faits pour prouver que l'hydrocèle vaginale n'est pas aussi rare qu'on l’a dit dans la syphilis héréditaire, et qu’elle existe associée au sarcocèle dans le quart des cas au moins, statistique qui nous rapproche singulièrement des chiffres donnés pour l’hydrocèle dans l’orchite de la syphilis acquise. Dans les 25 cas que nous rapportons
(1) La syphilis héréditaire et Le rachitisme. 1886. (2) Traité de chirurgie. 1892.
(3) Gazette des hôpitaux. 1892. Syphilis tertiaire qu testicule.
EN
dans cette thèse, einq fois l’épanchement était bilatéral, vingt fois unilatéral dont 13 à droite et 7 à gauche.
D'autre part quelques auteurs étrangers semblent ne pas considérer la coexistence de l'hydrocèle comme une rareté.
MM. Bumstead et Taylor (traité déjà cité) écrivent à propos du sarcocèle dans la syphilis héréditaire : « la maladie est habituellement accompagnée d’hyperhémie du scrotum et d’un léger degré d'hydrocèlie ». :
M. le D: Carpenter, dans son mémoire, rapporte neuf observations de sarcocèle accompagné d’hydrocèle et il conclut, d'après ce qu'il a vu et d’après les observations des auteurs, que « l’hydrocèle de la tunique vaginale n’est pas une manifestation de la maladie aussi rare que quelques auteurs l’ont prétendu, et son apparition peut être, chez le jeune enfant, l'indication la plus précoce d’une lésion testiculaire. Il semble qu'avec le temps le liquide se résorbe et alors l'état de la glande devient appréciable. C’est dans les quatre premiers mois de l'existence que l'hydrocèle est commune. »
M. le Profr Taylor (4) dit aussi que dans la syphilis héréditaire « l'hydrocèle est une complication plus fréquente qu'on ne l'a dit jusqu'ici. Elle peut être légère ou bien abondante. Son existence chez l’enfant devrait toujours attirer l'attention, et l’on établirait ainsi qu’elle dérive de la syphilis ou de la tubereulose. »
Ces faits cadrent bien avec ce que nous avons pu constater nousmême.
Au point de vue symptomatique, l’hydrocèle, par la distension de la vaginale et l'augmentation du volume des bourses du côté correspondant, est souvent la première à attirer l'attention sur les organes qu'elle recouvre. Elle est tantôt légère, le plus souvent moyenne, donnant à la vaginale distendue le volume d’un œuf de pigeon. C’est une tumeur fluctuante et transparente, permettant presque toujcurs de palper le testicule et l'épididyme sous-jacents.
A l’autopsie, l’ouverture de la vaginale laisse écouler en moyenne 10 gr. d’un liquide clair, citrin. La séreuse parait épaissie, opaque, de coloration laiteuse ; dans quelques cas il n’y a pas de liquide ;
(4) Journal médical de New-York. 1893,