‹ Le Testicule Dans La Syphilis HéréditaireChapitre 42 sur 43 · AN · texte numérisé non relu

AN

Obs. 15%. — (Communiquée par M. le Prof Monconvo).

Bern..., âgé de 5 ans 1/2, hérédo-syphilitique, — taille de 0"85 — On dirait un enfant de 3 ans, au plus — Crâne asymétrique — Front et occiput bombés — Voüte palatine ogivale — Thorax en carène — Chapelet chondro-costal — Saillie des condyles internes des fémurs — Nouûre des épiphyses inférieures des tibias, dont les diaphyses sont recourbées. — Canines supérieures cuspidiennes — Développement cérébral arriéré — Vocabulaire réduit à trois ou quatre mots dissyllabiques, articulés, dureste, d’une façon très vicieuse — Hallucinations nocturnes — Crises d'irritabilité — Adénopathies périphériques multiples.

Les testicules, notoirement sclérosés, extrêmement durs au toucher, sont fixés dans le canal inguinal — Bourses peu développées et raccourcies. La verge a les dimensions de celle d’un enfant d’un an environ, avec prépuce considérablement exubérant,

Obs. 153%. — (PERSONNELLE).

Marius B..., dgé de 8 ans 1/2, — Père et mère paraissant sains. — Grand’mère paternelle ayant eu neuf enfants, dont cinq morts en basâge. — L'enfant est petit, grêle de forme. — Dolychocéphale avec

exagération du diamètre antéro-postérieur du crâne, front et occiput bombés — Dystrophies dentaires : caries multiples, pousse vicieuse, arrêt de développement de plusieurs dents.

Ectopie abdominale du testicule droit.

Obs. 156.— (Communiquée par M. le Prof Moncorvo).

Garçon de 9 ans. — Père syphilitique — frères et sœurs hérédosyphilitiques — alopécie à la naissance - coryza — gommes du cuir chevelu — éruptions papuleuses à plusieurs reprises - dentition au neuvième mois.

Actuellement, dystrophie dentaire : macrodontisme des incisives supérieures, criblées de cupules, taillées en scie — amorphisme des canines — voûte palatine excavée — chapelet chondro-costal — nouûres des épiphyses inférieures des fémurs et des tibias — Ganglions préépitrochléens et inguinaux hypertrophiés — retard intellectuel.

Organes sexuels externes extrêmement rudimentaires — prépuce assez exubérent — Bourses de dimensions médiocres et absolument vides.

Ectopie abdominale double.

Obs. 4 5'7 (communiquée par M. le Prof’ FourNien).

Enfant de 10 ans. — Père syphilitique — mère non vue — petitesse

très notable de la taille — enfant grêle de forme — teint grisâtre --

Dystrophies dentaires multiples. — Malformation du crâne (dolycho-

céphalie très accentuée).

Enfant monorchide.

Obs. 155$. — (PERSONNELLE).

Père syphilitique — mère saine — dix grossesses dont quatre fausses couches, trois enfants morts en bas âge et trois vivants.

Le premier, âgé de 11 ans 1/2, de taille moyenne (1"30), assez bien développé, ayant parlé à 15 mois, et eu ses premières dents à 11 mois. Intelligent. Pas de dystrophies dentaires ; absence de plusieurs molaires et d'une canine. — Ancienne kératite double, ayant laissé un leucôme cornéen avec adhérences à l'iris.

Ectopie abdominale double.

Deuxième enfant, fille de 7 ans 1/2. - Traces de kératite ancienne. — Dystrophies dentaires.

Troisième enfant, garçon de 4 ans 1/2. — Bel enfant. — 1" dent à 15 mois. — Ectopie abdominale gauche, intermittente, — Une fois

couché, le testicule réapparaît pour disparaître dans la station verticale.

Chez ces trois malades que nous avons pu examiner grâce à l’obligeance de M. le D' Antonelli (1), ce dernier trouva des stigmates ophthalmoscopiques caractéristiques pour lui de l’hérédo-syphilis.

Obs. 159 (M. le D' BARTHÉLEMY). — Annales de D. et S. 1897, p. 883. Chez trois frères ,hérédo-syphilitiques, j'ai observé une rétention testiculaire.

Obs. 160. — (M. le D' Enmonn Fournier) Société de D. et S. 4 mai 1899. Résumée.

Père syphilitique et alcoolique invétéré — Mère petite, présentant des stigmates de syphilis héréditaire — Neuf grossesses dont quatre gémellaires. Sur ces treize enfants, huit sont morts en bas âge; six étaient nés avant terme.

L'aîné des vivants a 9 ans. — Petitesse de la taille (110) — rachitisme — Hernie inguinale congénitale — Otorrhée avec cicatrices des deux tympans. — Stigmates oculaires.

Monorchide avec un testicule dur et gros comme un pois.

Les deux enfants suivants sont jumeaux, âgés de 6 ans 1/2. --- Le garçon est un véritable nain (0",83). — Rachitique avec genu valeum. — Foie très voiumineux. — Les dents venues tardivement sont cariées. — Cicatrices des deux tympans. — Stigmates oculaires.

(1) France médicale, 22 juillet 1898.

Eciopie inguinale double ; les testicules sont très durs, à peine gros comme des pois.

Les trois autres enfants présentent également dut stigmates d’hérédosyphilis.

M:.le D' Edmond, Fournier, signale, à ce propos, :« la /fréquence extraordinaire des grossesses gémellaires, confirmant l'opinion d'après: laquelle la gemmiparité constitue souvent une sorte de modalité héréditaire monstrueuse » (1).

Gbs. 164. — (M. le D’ SurMay, de Ham). — Société de ch. 1880, p. 5935:

Père syphilitique se marie six à huit mois après l'accident primitif.

Six semaines après son premier accouchement, on trouve la mère, qui est mariée depuis, quatorze mois, syphilitique. (roséole, céphalée, adénopathies) — Trois semaines plus tard, l'enfant présente des lésions syphilitiques, sur la peau et à l’anus. Bel enfant cependant. Jusqu'à 16 ans 1/2 pas d’autres accidents; hypertrophie des amygdales, descente tardive d’un testicule — A 16 ans 1/2 osteopériostite des tibias — Guérison par l'iodure de potassium.

Obs. 462. — (M. le Prof’ Fournrer) Polyclinique, 1898, n° 184.

Ler..., àgé de 29 ans. — Sgphilis héréditaire probable — Cicatrices multiples sur les jambes — Lupus indéniable du visage — Cicatrices strumeuses du cou — Traces de névrite optique — Taie de la cornée — Ectopie inguinale double ; testicules petits.

Teis sont les arrêts de développement et de migration du testicule que réalise si souvent l'hérédité syphilitique Est-ce à dire que les maladies acquises de l'enfance soient incapables d'aboutir aux mêmes résultats ? Certes non. L’expérimentation réalise chez les jeunes animaux contaminés après leur naissance de véritables arrèts dans la croissance générale ; (4) et, en’ clinique, « lorsque ces enfants, au lieu de recevoir les toxines de leur mère, les reçoivent directement, par le fait d’une infection qui permet le développe: ment d’un agent pathogène, ces enfants subissent les mêmes effets que dans l’hérédité morbide ; ils ne continuent pas à croître. »

(4) M. le profr Hutinel a, de son côté, attiré notre attention dans ‘son service sur la fréquence de la syphilis chez les enfants pe issus de grossesse gémellaire. !

(4) M. le Dr Cnarrix. Voir Archives de physiologie. 1895.

— Al —

La syphilis acquise, chez les tout jeunes enfants, peut donc réaliser, au même titre que l’'hérédité, de véritables arrêts de développement général y compris l’arrêt de développement testiculaire. En voici deux exemples : RER

Obs. 163 (M. le D' Danros) Annales de D.et S. 1896, p. 368. Résumée.

Enfant de 15 ans qui a été contaminé à l’âge de 4 an par sa mère ; elle avait contracté la syphilis en allaitant un autre nourrisson. L’enfant est physiquement très mal développé ; l'intelligence est nulle.

Les organes génitaux sont ceux d’un enfant de 6 à 8 ans. Les testicules ont le volume d’un gros pois — Absence complète de poils sous les aisselles et au pubis.

Obs 16%. — (MM. Barasca et Eupzrrz). Annales de D et S. — Avril 1896.

Sujet de 24 ans, suivi dès la première enfance par M. Fournier. Il avait été contaminé à l’âge de 2 mois par sa mère qui, elle-même, avait été infectée par un nourrisson. — Il est de petite taille; ses organes génitaux sont complètement atrophiés ; la verge est celle d’un jeune enfant ; les testicules ont le volume d’un petit haricot. -- Il n'a absolument aucun poil ni à la face. ni aux aisselles, ni à la région pubienne.

Ces faits montrent que « d’une part la syphilis exerce sur l'organisme humain une action éminemment puissante, qui n’est même pas de la dénutrition, mais quelque chose de supérieur à cela, ce. t. d. un arrêt de développement, une dystrophie, e. t. d. un abâtardissement de l'individu, une dégénérescence de la race. Et d'autre part, ces faits établissent que la syphilis ne produit pas que de la syphilis. Elle exerce sur l'être vivant et sur la race une influence d'ensemble, au titre de maladie, apportant dans l'organisme une perturbation générale, et cette influence se traduit souvent par des modifications organiques diverses qui n’ont plus rien de spécifique. » (1)

En présence de l’enfance, on devra donc toujours attribuer aux antécédents organiques de date endo-utérine un rôle de premier ordre « sans eux, dit M. Hanot (Bulletin médical, janvier 1895)

(4) M. le Prof” Fournier. Syphilis héréditaire tardive.

toute étiologie, toute pathogénie reste obscure et tronquée. L'individu naît avec un dossier pathologique chargé des incidents de la vie embryonnaire et fœtale. Le compte morbide, à la naissance, est déjà ouvert. La partie de notre évolution à laquelle nous donnons exclusivement le nom de vie, parce que c’est d’elle seule que nous avons conscience, notre évolution extra-utérine ne fait que continuer la série physiologique ou pathologique. Les causes morbides que nous pouvons distinguer et analyser s'ajoutent aux transformations déjà produites ab ovo et subissent d’ailleurs, du fait même de leur succession, des aggravations ou atténuations subordonnées à l’état préalable. »

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