‹ Le Tétanos: Etude ExpérimentaleChapitre 6 sur 10 · DE VELAY À · texte numérisé non relu

DE VELAY À

se —

tuées pour la retrouver dans l’urine et les excréments sont restées vaines.

Roux et BorreL ont injecté la toxine tétanique dans la substance cérébrale chez le lapin et le cobaye, ils ont vu apparaître des excitations, des crises convulsives intermittentes, troubles moteurs, après une incubation de 8 à 12 heures.

Plus près de nous, en 1910, Nicorre Césarr et Jouax élargissent encore le champ de l’étude expérimentale.

Par la voie viscérale, ils obtiennent un tétanos généralisé d'emblée.

Par inoculation de toxine dans la moëlle, entre celleci et le ganglion spinal, ils déterminent un tétanos douloureux, d’un genre particulier, le tétanos dit : de Meyer et Ransom. Il est caractérisé par une incubation brève et par des manifestations curieuses qui se traduisent par un prurit intense et une douleur intolérable.

Par le système circulatoire, la voie veineuse en particulier, ces auteurs ont obtenu, comme pour l’inoculation intra-viscérale, un tétanos généralisé en tous points analogue.

De l'infection et de l’immunité locale

Principe

Dans le chapitre précédent, nous avons passé successivement en revue les diverses voies d'introduction expérimentale de la toxine tétanique et, à l’occasion de chacune d'elles, nous avons noté les réactions particulières de l'organisme. Cependant, il nous semble que dans cette étude, une lacune persiste. La peau, dans sa sensibilité vis-à-vis de la toxine tétanique, ne paraît pas avoir fait l’objet de recherches particulières.

Or, en ces dernières années, sous l'influence des nombreux travaux de BESREDKA, la peau à acquis, en bactériologie, une importance primordiale. On a démontré le rôle prépondérant qu'elle joue dans l’immunité de l'organisme vis-à-vis de certaines maladies infectieuses.

Dans les quelques paragraphes qui vont suivre, nous allons exposer brièvement ces notions toutes modernes de l’immunité locale et leurs applications thérapeutiques.

Il est des maladies infectieuses, strictement locales, c’est-à-dire, dont l'agent causal se trouve confiné à

un même tissu ou un ensemble de tissus appartenant à un territoire limité de l'organisme.

Mais, la plupart des maladies contagieuses sont générales, c'est-à-dire que les organes sont tous affectés, à un moment variable de l’évolution de la maladie. Leur atteinte est plus ou moins marquée, selon l’affinité plus ou moins grande qu’a pour eux le germe en cause.

La connaissance de cette distinction est déjà relativement ancienne, mais c'est beaucoup plus récemment, en 1918, que BESREDKA a pensé que très souvent ces maladies générales étaient localisées dans une première phase à un tissu de prédilection et que ce n'était que dans une seconde phase que les germes se généralhsaient, à condition d’avoir une virulence suffisante pour triompher dans le premier temps de la résistance de l’organisme.

Si, au contraire, dans la première phase, l'infection est jugulée, l’immunité locale est obtenue et, de cette immunité locale, créant une barrière à la voie suivie par l'infection, résultait une immunité générale.

Telle est la théorie des cellules réceptives de Bes- REDKA. Selon que ces cellules sont celles du derme, de l'intestin, ou du système nerveux, on à pu distinguer trois groupes parmi les infections générales :

1° Des cuti-infections, type charbon, variole, streptococcies et staphylococcies.

2° Des antéro-infections, type dysenterie, typhoïde, paratyphoiïde, choléra.

3° Des neuro-infections, type rage, ete.

Page 1