RATES
Une injection des germes de ces maladies dans le torrent circulatoire d'animaux d'expérience ne produira pas d'emblée une septicémie, mais des lésions cutanées, intestinales ou nerveuses. Ce n'est qu’en second lieu, si l'évolution de ces lésions n'est pas enrayée, que la septicémie véritable apparaît, puis, finalement, la généralisation.
L'exemple pris par Bespepka à l'appui de cette théorie est devenu classique. Ii fit des expériences sur la fièvre charbonneuse. Il injecta au cobaye par différentes voies, d'emblée, le deuxième vaccin pasteurien anticharbonneux; la voie intradermique se montra la plus sensible; les doses minima mortelles y étaient moindres que pour les autres voies. Qui mieux est, lorsqu'il voulut injecter la bactéridie par les autres voies, en prenant toutes précautions pour ne pas léser le derme, l'infection générale ne se déclara pas : injection intra-péritonéale, intra-trachéale, intra-veineuse, à l’aide de double canule. De même, l'injection souscutanée réalisée par l'introduction dans le tissu conjonctif sous-cutané d’ampoules brisées seulemen lorsque la plaie est cicatrisée, ne provoque pas la maladie, ainsi que l’a démontré PLrorz.
Donc, la bactéridie charbonneuse a une affinité spéciale pour le derme. BesrEDkA en conclut que, naturellement, le charbon atteint d’abord le derme, par lequel il peut pénétrer, confirmant ainsi les idées de Davaixe et VALLÉE, et contrairement à ce qu'on croyait autrefois, à savoir que le charbon pénétrait uniquement par l’appareil digestif.
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Hypothèse sur le mécanisme de l’immunité locale
Les faits constatés, il fallait les expliquer et en parüculier, le point le plus intéressant pour la pratique: Comment se fait cette résistance locale à l'infection et l’immunité qui s'ensuit ?
Prenons l'agent infectieux au moment de sa pénétration dans l’organisme. Trois cas peuvent se présenter :
1° Ou les germes sont en nombre insuffisant et ils seront phagocytés avant d'atteindre leurs cellules réceptives.
2° Ou ce nombre est un peu plus considérable, et dans ce cas les cellules réceptives sont atteintes et incorporent le microbe.
8° Ou enfin, l’intensité de l'infection est assez grave pour que les cellules réceptives soient sursaturées et débordées et que le surplus microbien triomphe de la résistance leucocytaire et se généralise.
Dans le premier cas, on obtient une infection avortée sans immunité locale. Dans le deuxième cas, l’immunité locale, et dans le troisième, l'infection géné-
rale.
Telle est l'hypothèse de Besrepxa. Elle suppose un nouvel élément de l’immunité, différent de ceux envisagés jusqu'alors. Aux anticorps, à la phagocytose, au bactériophage, bases de l’immunité générale, vient s'ajouter la cellule réceptive, base de l’immunité locale.
L'immunité locaie en thérapeutique
BEsREDKA voulut appliquer sa théorie en thérapeutique. En présence d’une infection : « Demandonsnous, dit-il, si l'animal ne possède pas un organe réceptif et si, en vaccinant cet organe, on arriverait pas à immuniser l'organisme tout entier ? »
Cette immunisation locale de l’organe réceptif devrait en effet, barrer la route à l'infection, puisque créant un obstacle impénétrable sur la voie qui suit habituellement l'infection. Reprenant le cas du charbon, BESREDKA appliqua des pansements de premier vaccin pasteurien sur la peau rasée et scarifiée du cobaye. Après une réaction inflammatoire de quelques jours, disparaissant ensuite, les sujets ainsi traités, résistaient à des injections de virus non atténué, alors que des cobayes témoins succombaïent aux mèêmes doses. Chez le premier, il se produisait seulement une forte réaction inflammatoire.
La théorie de l’immunité locale se vérifiait encore
dans ses applications et celles-ci se révélaient déjà comme très intéressantes par leur simplicité.
Notons qu'un avantage de cette méthode, sur l’immunisation générale, consiste dans la suppression du temps d’errement du vaccin dans l’organisme. Ce qui a pour conséquence de l’affaiblir dans son activité. Ici donc, on vaccine directement le tissu réceptif par la voie la plus courte. On est sûr que rien ne peut détourner le vaccin de son attraction pour le tissu électif, puisqu'il est mis directement en contact avec lui.
Autres avantages importants : BESREDKA avance que par vaccination locale, l’immunité est immédiate et semble se faire en dehors de la présente d'anticorps.
Pour cet auteur, les cellules réceptives spécifiquement atractives pour l'infection, le seraient aussi pour le vaccin et l’immunisation s’expliquerait par une diminution de la sensibilité de ces cellules lorsqu'on les sursature de vaccin. Si une infection se produit, les cellules réceptives ayant perdu toute sensibilité visà-vis du germe pathogène, ne fixent plus les microbes et ceux-ci se heurtent à l’état réfractaire des autres organes; d’où résistance générale de l'organisme, d'où immunité générale.
Vaccination locale dans la pratique
La méthode est surtout intéressante, et surtout utilisée pour les cuti-infections et pour les entéro-infecions.
Dans le premier cas, le plus souvent on procède par application de pansements imbibés de vaccins sur la peau scarifiée (staphylococcies, streptococcies, cutivaccination par les anti-virus) ou par injections intradermiques.
Tel est le cas de la vaccination locale contre le charbon en un seul temps (VELU).
Dans le cas des entéro-infections, le vaccin est porté directement au contact des cellules réceptives à l’aide de vaccins biliés, administrés per os (dysenterie, fièvre typhoïde, affection parathyphoïde, entérocolites polymicrobiennes).
FéLzuTi étudie les modifications histologiques produites par la vaccination intra-dermique. Il a constaté que dans les régions du derme vacciné, la réaction inflammatoire à une nouvelle injection et la guérison se développent plus rapidement que dans les régions témoins.
Les modifications pathologiques sont strictement limitées dans le premier cas, alors qu’elles diffusent dans le second (généralisation de l’infection).
Immunisation locale passive
BESREDKA a réuni, en ces dernières années, un nombre important d'observations, semblant montrer que l’immunisation locale passive était aussi bien réalisable que l’immunisation locale active. Cette méthode
Lo —
présenterait des avantages importants sur les méthodes habituelles d'utilisation du sérum sous la peau ou dans la veine.
Le sérum, appliqué localement au niveau de l’infection, agirait beaucoup plus efficacement. Des doses moindres suffiraient. 1 cc. au lieu de 3, par exemple. Dans ces cas, où l'injection sous-cutanée reste inactive, l'application locale pourrait agir. Les anticorps du sérum ne sont plus dilués dans l’économie, mais utilisés en totalité. Les accident anaphylactiques sériques ne seraient plus à redouter.
Toutefois, une restriction s'impose. Le sérum ne peut agir que dans la première phase de la maladie, au moment de l'infection locale.
Le sérum peut être appliqué sur la peau, en pansement (sérum antitétanique) ou en pommade (sérums antivaccinal, antidiphtérique).
L'action est surtout curative (sérothérapie locale) et le sérum agit localement surtout.
BesreDKA a encore étudié le cas du sérum anticharbonneux et antivenimeux.
Recherches personnelles
1. — Evolution comparée du tétanos chez le cobaye après inoculation intradermique et sous-cutanée de toxine :
1° Evolution comparée du tétanos chez le cobaye après inoculation intradermique et sous-cutanée de toxine :
Dans les expériences qui vont suivre, nous avons recherché quelle était la sensibilité de la peau du cobaye vis-à-vis de la toxine tétanique.
Nous avons pratiqué chez cet animal des iroculations hypodermiques et intradermiques de toxine, dans le but de voir l’évolution comparée de la maladie après injection par l’une et l’autre voie.