OBSERVATION XII
Professeur SaBRazÈks et LAPAUzE.
Femme de 25 ans ayant eu ses dernières règles le 22 mars.
Le lundi matin, 6 mai, elle dit s'être introduit dans le col de l'utérus une aiguille à tricoter qu'elle aurait préalablement fait bouillir. | |
L'instrument était humide de sang à sa sortie. Cette manœuvre fut suivie d'une injection d'eau bouillie dans le col utérin.à l'aide d'une sonde en caoutchouc. Dans la soirée, un écoulement vaginal sanguin se produisit. Les perles continuèrent assez abondantes pendant les jours suivants mélangées de caillots et de débris. La malade n'interrompit pas ses occupations et fit son ménage comme d’habi-
tude.
Le 12 mai, de très bonne heure, elle commença à se plaindre de
vertiges et souffrait tout particulièrement de la région lombaire. Une sage-femme est appelée, elle formule une potion. La malade présente, dès 8 heures du matin, de la raideur dans tout le corps ainsi que le confirme le mari.
Dans la nuit du 12 au 13 mai, elle éprouve de la difficulté pour ouvrir la bouche et souffre de plus en plus de la région lombaire. Un médecin, appelé le 13 au matin, conseille l'évacuation de la malade sur l'Isolement de Pellegrin où elle entre, le même jour, avec le diagnostic de méningite cérébro-spinale probable.
À son arrivée, elle présente une raideur généralisée avec opisthotonos. La tête est rejetée en arrière, le tronc est ea arc de cercle, les membres inférieurs étendus et raidis, les bras en flexion. Le facies est vultueux, le corps est couvert de sueurs profuses. Trismus intense, mais non complet. La malade raconte elle-même l'histoire de sa
maladie,