‹ Le Tétanos Utérin Post-AbortifChapitre 31 sur 38 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

COURTELLEMONT.

Tétanos utérin à forme chronique.

Femme de 28 ans, pas d'antécédents pathologiques, habite la campagne, son mari est berger. Elle eut quatre enfants. Le dernier naquit, il y a trois semaines, à terme. Accouchement, normal, la délivrance paraissait complète, pas d'écoulement pathologique. L'accouchement fut fait par les matrones du village.

Le septième jour, elle se levait se considérant comme rétablie. |

Le 1% mai, onze jours après l'accouchement, le télanos commence. La malade éprouve une douleur dans le côté droit du dos,

quelques heures après, des douleurs dans le cou gênant les mouvements de la colone vertébrale. La malade prit cette douleug, pour de l’angine.

Le 4 mai, le docteur Osso constate de la contracture musculaire de la nuque. Pas d'angine, pas de fièvre.

: Le 10 mai, le trismus apparait léger, ainsi que quelques accès de contractures -généralisés rares et courts.

Le 11 mai, trismus permanent invincible, mais incomplet.{la langue peut sortir de la bouche et la parole est possible).

IL existe aussi une contracture permanente de la nuque, des muscles postérieurs du tronc (opisthotonos) et des membres inférieurs.

Les membres supérieurs et les muscles du visage ne sont contracturés. Sur cet état de contracture permanente presque généralisé se

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greffent des accès de côntractures douloureuses d'intensité variable. Il en est qui sont violents avec opisthotonos très accusé, participation complète des membres inférieurs et des bras (les avant-bras restent souples).

Accès fréquents.

Pas de troubles sphinctériens. Température 3704.

Pas de sucre, pas d'albumine. Pas de délire, pas de céphalée, pas de vomissements, tendance à la constipation.

Nulle part on ne trouve, dans les antécédents ou à l'examen, trace d'une plaie sur le corps. Seule la plaie utérine, d'origine puerpérale, peut être incriminée comme porte d'entrée de ce tétanos.

Pas de douleurs abdominales, mais il persiste depuis l'accouchement un écoulement vaginal rougeâtre, peu abondant, qui n'a aucune fétidité. |

Avec le docteur Osso, nous pratiquons une injection épidurale de 10 cc. de sérum antitélanique et une injection sous-cutanée de 10 cc. de ce sérum. On donne 6 grammes de chloral par vingt-quatre heures en ingestion, trois injections vaginales d'eau oxygénée au quart par jour.

Dans la nuit du 11 au 12, les crises paroxystiques sont nombreuses et généralisées. Elles s'accompagnent de douleurs à la région épigastrique. Ces douleurs sont associées à de la gêne respiratoire et paraissent dues à la contraction des muscles thoraciques.

Le 12, la malade se sent mieux, elle ne souffre presque plus du cou, la raideur de la nuque a diminué. Les accès généralisés sont moins nombreux.

Le 139 les accès sont moins fréquents, ils sont prédominants à la région lombo-sacrée.

Par le toucher vaginal, on trouve un col gros, encore mou, ayant un orifice assez large. On injecte 14 ce. de sérum antitélanique dans l'espace épidural et 6 cc. sous la peau. | ;

Terminaison : L'amélioration continue à se produire les jours suivants.

Le 98, la malade peut se lever. Elle marche avec une certaine difficulté due à la raideur des membres inférieurs. Quelques accès de contractures douloureuses, légers, et limités'aux deux membres inférieurs, au bas-ventre et à la région lombo;sacrée. L'écoulement

utéro-vaginal a cessé. Nouvelle injection de 20 cc. de sérum dans l'espace épidural. La guérison est complète et définitive au bout de quelques jours.

Pas de recherche du bacille de Nicolaïer dans les sécrétions vaginales, pas d'exploration des réactions électriques.

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