HISTOIRE NATURELLE DU THÉ
Avant que nos Botanistes eussent parcouru l’Asie méridionale , on croyait qu’il y avait autant d’espèces de thé qu’il y en a de variétés dans le commerce j mais on sait aujourd’hui que toutes les sortes de thé que l’on vend en Europe viennent du même arbrisseau îJf'riÆA J que Linné a placé dans sa Polyandrie monogynie , et Ventenat dans la famille des hespéridées (i).
Son nom vient de celui de theh que lui donnent les Chinois, ou de tsjaa y que lui donnent les Japonais.
fl) T/;ei2j arbrisseau. Fleurs solitaires , axillaires, calice persistant, 5-6 par tête , pétales 5-6 , étamines nombreuses; stigmates 3 , capsule coriace, tantôt simplement globuleuse, tantôt formée de 2-3 lobes adhérens , 3 loculaires , 3 valves ; joges oUgospermes ( monospermes dans la maturité ) ; semences globuleuses-anguleuses , recouvertes d’une tuni^e dure et solide , insérées à l’angle central des loges.
Linné reconnaît une seconde espèce de tlié qu’il appelle thea hohea ( thé-bout ) ; mais Cels et Jussieu ne le regardent que comme une variété du thé verd (s).
Loureiro admet trois variétés qu’on peut ajouter à celle-ci.
La première estle thé delà Cochinchine.
La deuxième , le thé de Canton, nommé su-choug dans le commerce.
La troisième , le thé à l’huile, parce que ses semences exprimées fournissent une grande quantité d’huile jaunâtre qu’on brûle dans le midi de la Chine.
Dans la province de Fokien les Chinois emploient cette huile en aliment, et dans les peintures siccatives.
Ces variétés diffèrent par le calice de la fleur , le nombre des pétales et la disposition des feuilles.
C’est la feuille seule que l’on conserve pour nos usages domestiques : cette feuille
(2) M. Desjantames est du nièiTie ayis , aiusi ijue le bolaniste Zettson.
ae s’emploie pas telle que la nature la donne ; son usage serait dangereux, et Kœmpfer y qui a le mieux déciût cette pi’oduction , assui’e {^Amœn. exot., pag.
606 ) que le thé frais pris en forte infusion donne des vertiges , des convulsions nerveuses. On lui fait donc subir une dessication complète et une légère torréfacfaction. C^est dans le degré de cette préparation, dans l’âge de la plante, dans la saison où elle a été récoltée, dans le sol où elle a été cultivée, qu’il faut chercher les causes des légères différences que présentent les dix sortes de thé qu’on trouve chez les marchands et dont voici les noms ;