‹ Le thé, est-til plus nuisible qu'utile?Chapitre 7 sur 8 · PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DU THE · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DU THE

L’eau versée sur le thé se charge des principes solubles de ce végétal, en raison de la température qu’on emploie ; ainsi l’eau froide en dissout moins que l’eau tiède, et celle-ci moins que l’eau bouillante. Comme l’infusion de thé à 70 ou 80 degrés est la plus usitée , c’est elle que nous allons examiner d’abord.

Elle ne rougit pas la teinture de tournesol.

Les acides minéraux avivent sa couleur etla détruisent ensuite s’ils sont concentrés.

Les alhalls là brunissent. '

Elle précipite en noir la dissolution de sulfate de. fer.

Elle coagule la dissolution de colle.

La décoction de thé a les mêmes propriétés, et y joint celles de laisser précipiter du mucilage par l’addition de l’alcohol.

Lorsque la décoction est très-concentrée elle dépose son principe extractif sur la laine , et forme , à l’aide d’un mordant, une couleur nankin assez solide.

Le thé mis en digestion avec de l’alcohol fournit une teinture qui a, comme l’infusion aqueuse, la propriété de faire de l’encre avec du sulfate de fer, et qui de plus contient une grande quantité de résine mêlée d’extractif. Une demi-once de thé m’a fourni un gros et demi d’extrait résineux. La teinture alcoholique de thé peut colorer en fauve la soie. Plusieurs expériences analogues aux précédentes m’ont prouvé que le thé contenait :

1°. De l’extractif j 2°. Du mucilage j 5 °. Beaucoup de résine j 4 °. De l’acide gallique ;

5 °. Du tannin. ^

Ces deux derniers principes expliquent la propriété fébrifuge que quelques médecins ont reconnue dans le thé , puisqu’on les trouve également dans plusieurs quinquina.

Je ne croyais point utile d’examiner les principes fixes du thé j mais l’expérience suivante m’a déterminé à analyser les cendres de cette plante épuisée par l’eau. Après avoir fait sécher des feuilles de thé qui avaleiat servi à une infusion, j’en pris quelques-unes et je les fis brûler à la flamme d’une bougie ; j’ai vu avec étonnement que le bord de la flamme , en se communiquant à la feuille , prenait une teinte verte ; je soupçonnai sur le champ la présence du cuivre -, je pensai qu’il se formait du gallate de ce métal sur les platines qu’on emploie pour sécher les feuilles.

Comme la preuve d’un pareil fait devenait très-importante, j’examinai le thé sous ce rapport j mais il me fut impossible de découvrir par les réactifs les plus sensibles

aucune trace de cuivre, soit dans les feuilles entières, soit dans le thé incinéré ; je n’j trouvai que du charbon, du fer, du inuriate d’alurnine et point de potasse. Je n’assurerai pas cependant qu’il n’j ait point de cuivre j mais s’il j est, c’est en si petite proportion que sa présence ne peut être nuisible.

Comme le sol, le climat, l’âge des plantes , font varier les produits de la végétation , il me parut curieux d’examiner comparativement les dix variétés de thé que nous fournit le commerce , afin de déterminer les proportions relatives des principes que chacune contient. Je n’entrerai pas dans le détail minutieux des expériences que i’ai faites à cet égard , onprendi’a une idée des l’ésultats par le tableau suivant, dont nous tirerons ensuite quelques conséquences.

^cide galllque.

Tamnn.

Résine,

Mucilage.

Exiractjf.

Heysven supér, i.

Perlé, .... 2.

Pouchoug , . . 3.

Saot-chaou, . 4.

Impérial, ... 5.

Heysven-Sekin, 6.

Vert,. 7.

Toukai , . . . 8.

Pecko, . . . . g.

Bout , .... 10.

Nota. Le N" I indique le thé qpi contient le plus stances , 2 ensuite , 3 moins , 4 encore moins, etc. (*) Ceux restés en blanc n’en ont point fourni.

(**) Ceux restés que le Toukai.

n blanc en

contiennent à peu prés autant

Il paraît d’après ce tableau que le thé contient d’autant plus de principes asti-ingent et résineux, qu’il est préparé avec plus de soins , et comme cette préparation consiste dans une torréfaction ménagée, je

pense que c’est elle qui développe le tannin dans les espèces les plus précieuses, tandis que ce principe n’est pas sensible dans les autres. Je remarque aussi que le thé-bout et le thé pecho, qui ne sont récoltés qu’en Mai, et qui probablement ont subi une infusion avant d’ètre séchés et roulés , contiennent très-peu de principes asti’ingens. Ce dernier est si abondant en mucilage , que sa décoction est filante et ressemble par sa consistance à celle de la graine de lin.

Il est facile avec cette échelle de comparaison de choisir le thé qui est propre aux indications que l’on veut remplir. Si l’on désire une boisson styptique et astringente , il faut choisir le thé Heysven supérieur ou le thé perlé. Si l’on veut un thé légèrement tonique, sans astriction, on prendra le thé vert ou le toukai. Si l’on souhaite enfin une liqueur émolliente et détersive, on préférera le thé-bout ou le thé pecko. Mais avant d’en choisir aucun, voyons ce que les médecins pensent de l’effet du thé sur l’économie animale.

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