‹ Le théâtre (9. série) pendant la guerreChapitre 14 sur 61 · ZAÏRE » A LA COMEDIE 4O · texte numérisé non relu

ZAÏRE » A LA COMEDIE 4O

Ma fille, tendre objet de mes dernières peines,

Songe au moins, songe au sang qui coule dans tes veines.

C'est le sang de vingt rois, tous chrétiens comme moi.

C'est le sang des héros défenseurs de ma loi...

Je te vois dans mes bras et pleurer et frémir...

Je vois la vérité dans ton cœur descendue.

Je retrouve ma fille après l'avoir perdue.

Ce discours, prononcé d'une voix emphatique, serait insupportable ; la simplicité du tragédien élimine le (( ronron » et ne laisse subsister que le fond des sentiments qui sont touchants et vrais. Nous sommes tellement accoutumés à n'applaudir M. Grand que dans le répertoire moderne, que nous tremblons pour lui, quand il aborde un rôle classique. Il éprouve probablement cette même crainte. L'accueil du public l'a rassuré. C'est un Nérestan mâle et sincère. Les autres personnages sont fort décemment rendus par MM. Delaunay, Henry Mayer, Polac, Mme Garay-Myriel. .Je veux n'oublier personne, à une heure où tous les artistes de la Comédie-Française, depuis le doyen et la doyenne jusqu'au plus humble comparse, remplissent allègrement leur devoir et consacrent ce qu'ils ont de génie, de talent ou de zèle aux intérêts et à la gloire de la chère Maison.

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