‹ Le théâtre (9. série) pendant la guerreChapitre 16 sur 61 · I.V KOMMANDANTUR <il · texte numérisé non relu

I.V KOMMANDANTUR <il

M' montra peu empressée. M. Fonson aurait tort d'athriliuer cette froideur à quelque hostilité préconçue. J'ai is«!ayé ici même d'en démêler les raisons. Notre sensi l)ilité répugne à accepter certains spectacles qui l'iin pressionnent trop vivement. L'auteur allègue l'empressement, exempt d'embarras, que le spectateur anglais lui a témoigné. Mais les Anglais sont plus éloignés que nous ne le sommes des souffrances et des misères de l'invasion ; ils y compatissent d'une façon plus détachée, plus lointaine, par l'imagination et le cœur ; leur sol est inviolé ; ils n'ont pas comme nous un morceau de chair pris et déchiré dans le formidable engrenage de la guerre... M. Fonson fait encore observer que d'excellents Français, d'ardents patriotes, ayant lu son ouvrage, n'y ont rien relevé de répréhensible, et y ont puisé au contraire une réconfortante et salu taire émotion. Ces mêmes personnes, assises coude à coude devant la rampe, n'auraient pas été affectées différemment P La scène imprime aux mots, aux gestes et aux visages un relief inattendu. Le lecteur réfléchit, il analyse et contrôle ses sensations ; l'auditeur s'y abandonne, il ne réagit pas et suit l'irrésistible impulsion du premier mouvement. C'est ainsi que se cons titue autour des ouvrages dramatiques cette atmosphère qui décide de leur sort. L'atmosphère ne fui point favorable à la Kommandantur. Nous éprouvions une gêne indéfinissable : le malaise de contempler, en témoins curieux et non exposés, des misères actuellement subies ; nous avions la petite honte de notre sécurité et de notre amusement ; nous avions enfin le senliment que le réalisme de ces tableaux nous attristai! -ins utilité, sans profit moral, nous remuait sans nous ennoblir. La tentative nous semblait, non pas irrespec- ' Meuse, blessante ou inintéressante, mais prématurée. us rendions pleine justice à M. Fonson. Nous eussions vo'iln lui apporter notre adhésion entière. Tout le monde en cette aventure a été de bonne foi...

Pierre Froxdaie

D'après le livre de Maurice Barres {Comédie-F rança ise'

17 mai igiS.

M Maurice Barrés a publié son roman au début de • l'année 1909. Il en résumait ainsi l'objet et le sens dans une lettre-préface adressée à M. Frédéric Masson : u Colette Baudoche est la sœur de l'Alsacien Ehrmann... J'ai voulu décrire les sentiments des récentes générations d'Alsace-Lorraine à l'égard de? conquérants. J'admire en elles ce qui me paraît le signe d'une humanité supérieure : la volonté de ne pas subir, la volonté de n'accepter que ce qui s'accorde avec leur sentiment intérieur. Ces captifs et ces captives continuent d'ajouter au capital cornélien de la France. J'ai tenté d'incorporer à notre littérature les grands exemples de constance et de Certé qu'ils fournissent là-bas, afin que leur vertu continue de s'exercer au milieu de nous. » Déjà précédemment l'auteur s'était intéressé à Metz et aux Messins. Un pathétique chapitre des Déracinés analysait la sensation de Sturel et de Saint-Phlin au cours de leur pro menade dans la vieille ville aujourd'hui modernisée, (( remplie d'éclats tudesques et de traîneries de sabres » ; il décrivait les vestiges de la vie française, encore visibles sous la main profanatrice et féroce du vainqueur : rues ayant gardé leur aspect d'autrefoi* ;•

enseignes surchargées et repeintes; étroites boutiques OM d'anciennes sympathies, un peu craintives, vous accueillaient; petit café dont la caissière avait « la douceur et la gentillesse de la Moselle dans les yeux ». Une phrase achevait d'évoquer la physionomie désolée, courageuse et charmante de ces lieux : « La tristesse générale du pays asservi fait une magnifique atmosphère aux habitants d'antique origine : elle communique à leur visage la dignité sérieuse de ceux qui, après un deuil, se sentent des responsabilités... » Depuis l'époque de ce premier pèlerinage, Metz dut subir des transformations profondes et rapides. Ce n'était plus « la ville resserrée et basse, cerclée par l'ancien système de ses murailles comme un bijou mérovingien monté sur fer ». L'architecte teuton l'avait bouleversée, saccagée, embellie, ornée d'édifices monstrueux, d'une gare kplossale au toit vert épinard, d'innombrables maisons café au lait, chocolat et pain d'épices, « révélant une singulière prédilection pour les aspects comestibles ». Seuls quelques quartiers étaient, au bout de dix ans, restés intacts ; le Hautdf>-Croix, Mazelle, les bords de la Seille. C'est là, sur 11* quai Félix-Maréchal, que résident Mme Baudoche et sa petite-fille Colette. Elles subsistent d'une modique rente de douze cents francs, occupent un appartement dont elles louent les meilleures chambres pour accroître leurs ressources. Mme Baudoche, fidèle à la religion du souvenir, a nourri en Colette cç même attachement. Leur pauvreté, leur dignité, leur noblesse d'âme inspirent l'amitié et le respect. L'aïeule est charitable et tendre ; l'enfant est simple, modeste, laborieuse. Penchée le jour sur un travail de couture ou bien, le soir, • à l'heure du souper, « rougie par la pleine lumière du fourneau », elle accomplit gaiement ses devoirs. Les deux femmes ne sont pas malheureuses. « La vue de la rivière, l'animation du quai, ses arbres, et les rumeurs des moulins leur font une société agréable. » , Bonnes patriotes, honorées de la confiance des « dames

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de Metz », elles éprouvent d'abord de la répugnance à prendre romme locataire le Prussien Frédéric Asmu?, docteur fraîchement débarqué de Kœnigsberg, char<?é d'inculquer aux jeunes Lorrains les rudiments de la Kultur. Physiquement, ce professeur réalise le type légendaire de l'Allemand, croqué par le crayon spirituel et perspicace de Hansi ; il apparaît massif, énorme, gauche, inélégant, vêtu du complet de drap verdâtre, ou bien, aux minutes solennelles, cuirassé de la rigide redingote universitaire. Moralement, ce n'est pas un méchant diable. Barres ne dissimule point ses défauts, mais il lui prête des qualités qui justifient la future inclination de Colette. Il le montre loyal, débonnaire, un peu naïf, soucieux de s'instruire et de « perfectionner son français », étonné des préventions qu'il excite, désireux d'en triompher et de gagner le cœur de Mme et Mlle Baudoche. Avec l'obséquieuse ténacité qui caractérise les gens de sa race, il les entoure, les assiège, les accable de prévenances et de compliments, sollicite leurs conseils, se fait devant elles docile, sachant que le plus sûr moyen de leur plaire est de se reconnaître leur obligé... En 1909, ce portrait n'était pas inacceptable. Le romancier-psychologue conser vait un fond de méfiance ; cependant il pouvait imaginer qu'à titre exceptionnel, un Allemand fût probe et sincère... Depuis, l'illusion s'est envolée... Donc, Asmus réussit... Il désarme l'hostilité de Colette. Profondément épris de la jeune fille, il panaient à l'émouvoir, et quand il lui propose le mariage, elle ne lui oppose pas un refus catégorique. Hésitante, troublée, elle finit par consentir. C'est à cet instant que se produit le miracle. Elle assiste à la cérémonie commémo rative des victimes de la guerre de 1870. Tandis que le prêtre officie, agenouillée sons les voûtes de la cathédrale, elle écoute la voix des morts. Ceux-ci l'éclairent, la retiennent sur la pente où le vertige d'une erreur passagère l'entraînait. Elle renonce à la sécurité entrevue. Elle repousse l'étranger. Elle restera Française.

Telle est l'histoire que l'art et la sensibilité rie M. Barrés parèrent de grâces touchariles et imposèrent ;i l'universelle admiration. Comme il l'a fait observer hii-mème, elle présente, actuellement, surtout un intévC'\ rétrospectif et documentaire. Ce chef-d'œuvre porte ^a date, correspond à un état d'esprit momentané, vise une situation et des choses abolies. Si l'opinion que nous nous formons de l'héroïne n'est point allérée, le héros nous suggère des pensées toutes nouvelles. Nous le considérons à travers des événements qui le transfigurent. Des certitudes que l'on n'avait pas il y a six ans sont acquises et cjiangent, en ce qui le concerne, les dispositions de la foule. Les spectateurs s'aban donnent à l'impression immédiate : ils sont incapables d'un effort de raisonnement et de réflexion. Pour que le personnage fût agréé d'eux, il eût fallu modifier sa physionomie. Ce travail de mise au point était assez facile à exécuter. Quelques retouches, quelques allusions suffisaient. L'adaptateur n'avait tout bonnement qu'à faire de cet homme simple un homme double, de cet amoureux candide un être sournois, de ce Prussien faussement converti un Barbare irréductible ; même sans aller si loin, sans opérer une métamorphose radicale, il pouvait marquer chez Asmus un fond de « bocherie » inconscient, indiquer que l'Allemand le mieux intentionné, à l'instant où il se croit le plus honnête, le moins égoïste, lorsqu'il cède à l'impulsion sentimentale ou sensuelle de la passion ou du désir, lorsqu'il semble se donner vraiment à la femme aimée, ne se donne qu'à demi et cache, sous une apparente bonhomie, des instincts d'animal de proie... Un trait, un jeu de scène, un geste, deux ou trois mots jetés dans le dialogue eussent assuré ce résultat... (Oh ! la magie du mot au théâtre !... C'est le mot, non pas l'idée, qui déchaîne et apaise les orages. Toujours à un mot imprudent s'accroche la petite révolte qu'un mot circonspect eût prévenue)... Placé devant un \smus hypocrite, brutal et perfide, l'auditeur aurait

pu le haïr tout à son aise ; il n'aurait pas eu l'agacement d'être contraint de lui accorder un minimum d'estime et de sympathie. Il se fût davantage apitoyé sur Colette, plus vivement ému du péril auquel l'exposait son aveuglement, et plus franchement réjoui de sa délivrance. C'eût été un autre drame, moins fin, moins nuancé, mieux approprié aux circonstances. M. Pierre Frondaie pouvait l'écrire avec l'assentiment du romancier. Cette permission, je ne pense pas qu'il la Itii ait demandée. Il a préféré (et comment blâmerions-nous son scrupule. »>) suivre pas à pas le livre, n'en dénaturer ni le plan, ni les péripéties, ni la conclusion. Tout au plus a-t-il légèrement travesti le caractère, ou plutôt l'allure du docteur de Kœnigsberg, en accentuant sa lourdeur, en le tournant au comique. Il s'est dit sans doute que cette pointe 'd'enjouement adoucirait l'humeur irascible du public — à supposer que le public jugeât à propos de se cabrer. On ne sait jamais. Et puis, s'est-il dit encore, quel inconvénient y a-t-il à ce que le parterre se gausse de la pesanteur, de la pédanterie, de l'infatuation germaines ?...

De cette tâche, M. Frondaie s'est acquitté avec adresse, avec tact. Pour rendre ce qui, scéniquement, était presque intraduisible — la mélancolie pénétrante du récit, la justesse précise et colorée des descriptions, l'enveloppement d'un style où la sobriété classique s'allie à la flamme du lyrisme intérieur — il a trouvé des artifices, des « équivalents )> ingénieux. Au premier acte, nous écoulons les confidences échangées entre la petite-fille et la grand'mère. Mme Baudoche songe à l'avenir, à l'établissement de Colette, et c'est ^■ifin de procurer à l'enfant un bonheur tranquillt' (;u'elle essaye d'élargir leur mince budget, qu'elle affiff sous son toit un hôte de passage. « Tu épouseras un bon Lorrain comme nous. Je vous donnerai ces deux chambres. Nous vivrons heureux tous les trois. » L'hôte se présente. Mme Baudoche le reçoit sans plai-

sir. Elle eût mieux aimé ouvrir sa maison à un compalriole. Mais elle n'a pas le choix ; et d'ailleurs, l'embonpoint jovial, la grosse face sereine, le courtois empressement du nouveau venu la rassurent. Frédéri'^ Asmus se déclare ravi du logement et des habitantes. D'avance il les remercie des fructueuses leçons de français qu'il attend d'elles : (( .Te vous brie de me corricher, de me reb rendre ; j'ai peaugoup de ponne folonté. » Il s'installe; il apporte sa nourriture : de la hure, du saucisson, des tranches de jambon, achetés chez le charcutier voisin. Il réclame à boire. Tl a toujours soif. Maurice Barres, raconte que le professeur, convié à venir entendre un conférencier parisien à l'hôtel du Nord, s'inquiétait de savoir si cette causerie serait copieusement arrosée. Ici, l'inquiétude d 'Asmus est mise en action comme il convient. « — Avez-vous de la bière.»* demande-t-il à ces dames. — Il nous reste deux bouteilles. — Deux bouteilles seulement.»* Enfin! je boirai peu, ce soir. J'ai déjà vidé quelques chopes au buffet... » Tout de suite, il devient familier; il exhibe le portrait de son père, de sa mère, de sa fiancée, gigantesque Wurtembergeoise au poil blond, aux robustes appas — une (( Walkyrie »... L'abandon de ces confidences qu'on ne sollicite point n'exclut pas la vanité. M. Asmus* traite en égales Mme et Mlle Baudoche. Mais il est orgueilleux de ses titres, il exige qu'elles l'appellent « Monsieur le Docteur ». Il le leur signifie poliment.

Quand le rideau se relève sur la salle à manger du [if'tit appartement, nous constatons que l'intimité de ceux qu'il abrite s'est accfue. Asmus offre des fleurs à ses aimables logeuses en remerciement des six mois d'attentive sollicitude qu'il leur doit. Elles l'invitent à dîner, voulant reconnaître sa civilité et ne pas demeurer ses débitrices. Le repas commence cérémonieusement et finit par s'animer. La goinfrerie, le

bavardage, l'entrain balourd du professeur s'y étalent. Il déguste le vieux cru bordelais, qui délie les langues. « Vous verrez que tout à l'heure j'aurai de l'esprit. » Il s'efforce d'en avoir et de parler finement, galamment — à la française... « Vous êtes une ampoule, déclare-t-il à Colette, c'est-à-dire vous jetez, comme une lampe électrique, des lueurs éblouissantes. Vous m'illuminez. » Elle s'amuse de ces impropriétés de termes, source d'innocentes plaisanteries. Mais en même temps qu'elle se moque du jeune savant, elle apprécie son courage; elle lui sait gré d'avoir osé protester contre la suppression de l'enseignement du français, d'avoir en pleine classe défendu la gloire de Napoléon que calomnient de stupides manuels scolaires; elle ne désespère pas de l'imprégner des vertus de l'âme lorraine. Très habilement il flatte cet espoir : a Cultivez-moi; arrachez les mauvaises herbes; arrangez-moi comme un jardin; mettez-moi des roses de France. » Elle ne se fâche pas. Il s'émancipe; il lui prend un baiser. Et lorsque, radieux et confus de son audace, il implore la faveur d'épouser la délicieuse jeune fille qu'il vient d'offenser, il emporte la promesse d'un prochain consentement.

 ces deux actes de comédie succède l'acte tragique, l'acte de la crise, dont la saisissante et mâle beauté a réveillé soudain notre attention un peu languissante et énervée. Il était impossible de faire célébrer sur les planches d'un théâtre la messe des morts. M. Frondaie, par un moyen très simple, en suscite la grave et poignante vision. Il imagine que le vieux patriote Christian Tarrail a accompagné Colette à la pieuse cérémonie, a été témoin de son émoi, du bouleversement qu'elle a subi, du coup de foudre qui brusquement a tué en elle le doute et l'erreur. Dans la bouche du Lorrain, survivant de l'ancienne guerre, cette scène prend une ampleur grandiose. Paul Mou-

net l'élargit encore; il échauffe le récit du feu concentré de son regard, de l'accent de sa voix magniiique et profonde.

« Colette, agenouillée, priait. Tout à coup elle s'interrompit; je la vis si pâle qu'elle me fit peur; elle allait s'évanouir; je la soutins; je l'entraînai au dehors; elle dit, en levant vers moi ses yeux résolus : (( 11 est inutile de retourner dans l'église. Ce que je » venais y faire est fait. »

Effectivement elle accomplit le sacrifice, sans une défaillance, sans un regret. Compatissante à la douleur, mais insensible aux reproches de l'infortuné .\smus, elle le congédie avec des paroles cornéliennes. « — Je serais le bonheur de votre vie, gémit-il. — Il n'est pas de bonheur, si la conscience ne l'approuve. » Le professeur, humilié, déçu, ne peut réprimer un mouvement de colère :

— Oh! ces Français! On croit qu'on les a. On ne les a pas. Jamais leur conquête n'est achevée!

De toutes les phrases de l'ouvrage, ce fut la plus applaudie, car elle exprimait tout haut ce que chacun dans la salle pensait tout bas. Quelle que soit l'œuvre qu'il écoute, le spectateur d'aujourd'hui la ramène à son souci, à ses espérances. 11 a besoin qu'on lui dise des paroles d'optimisme et de réconfort, qu'on entretienne en lui les amours et les haines salutaires, qu'on le transporte dans les idéales régions de l'énergie, de l'action, de l'héroïsme, de la foi, ou bien alors qu'on attise sa fureur, sa rancune, en vouant au mépris du monde l'ennemi le plus atroce et le plus abject. Colette Baudoche n'est pas une œuvre violemment agressive et satirique; c'est l'œuvre d'un poètephilosophe ardemment patriote, mais cependant mesuré, et qui, sans cesser d'aviver chez le vaincu la flamme du souvenir, s'attachait à observer d'un œil calme le vainqueur.... En 1909, l'heure du tocsin s'annonçait mais ne sonnait pas. Cette modération était la noblesse du livre et sa leçon. En effet, Colette avait

d'autant plus de mérite à rester Française, ses sentiments éclataient avec d'autant plus de force que le hasard venait de placer sur sa route le meilleur des Allemands... La pièce de M. Frondaie parcourt ces mêmes étapes, conduit par les mêmes voies paisibles au même dénouement libérateur. Voilà pourquoi ses dernières scènes furent acclamées et ses premières scènes accueillies avec un peu de contrainte... . Une interprétation merveilleuse les fait vivre. J'ai dit la grandeur de M. Paul Mounet dans un rôle épisodique. M. de Féraudy met au service d'Asmus son expérience, son art raffiné, son doigté, la malice de son esprit caricatural; il louvoie parmi les écueils, arrondit les angles, contourne les précipices, « savonne » les mots dangereux; et pourtant ces précautions ne nuisent pas à la vérité du personnage. Toutes les tendresses, toutes les fiertés de la vieille grand' mère, Mme Pierson les exprime délicatement, profondément. Et quant à la petite-fille, c'est Mlle Marie Leconte, c'est la franchise, la bonté, la gaie vaillance, la fermeté sensible des femmes de chez nous; c'est le cri haut et clair de l'alouette gauloise. Sa voix chante, son cœur parle. M. Mayer, Mlle Kolb, pour de moindres tâches, ont droit aussi à des compliments.

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