‹ Le théâtre (9. série) pendant la guerreChapitre 19 sur 61 · A PROPOS DE « L'ASSOMMOIR · texte numérisé non relu

A PROPOS DE « L'ASSOMMOIR

Le réalisme et ie romantisme d'Emile Zola

4 octobre igiS.

POUR les hommes de ma génération, VAssomnioir évoque des émotions chères et lointaines. Notre jeunesse admira ardemment cette œuvre. Si la pièce ne vaut pas le roman, ses qualités justifient le favorable accueil qu'elle obtint de la foule. Elle méri- Lait à tous égards d'être applaudie. Elle a les naïvetés et les grâces du drame populaire. Elle est saine, bienfaisante. On ne peut guère concevoir pour quelles raisons elle fut jadis jugée immorale. Il faut se reporter à l'époque, se rappeler les sentiments qu'excitaient dans la bourgeoisie française aux environs de 1880 la personnalité de Zola, le caractère de ses productions, le bruit un peu scandaleux qui se faisait autour d'elles. Chaque manifestation du chef de l'école naturaliste soulevait des discussions passsionnées; la plupart des innombrables lecteurs de ses livres ne les admiraient pas sans réserve; ils en subissaient la force, ils en blâmaient les tendances; ils goûtaient à les lire un plaisir qu'ils n'avouaient point; ils les dévoraient en prenant des airs offensés. L'ancien journal « thicriste », le Bien public, donna en feuilleton l'Assommoir. Devant l'insurrection générale

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