‹ Le théâtre (9. série) pendant la guerreChapitre 22 sur 61 · L IMPROMPTU DU PAQUETAGE S · texte numérisé non relu

L IMPROMPTU DU PAQUETAGE S

enlevé la moitié de la figure. Se voyant à jamais mutilé et hideux, il a fait dire à Berthe qu'il lui restituait sa promesse; il souffrait trop à l'idée d'infliger i'i la jeune fille le contact de sa difformité; il la suppliait de l'oublier, de s'écarter de lui. Un instant — ■ elle l'avoue — elle hésita. Mais aussitôt elle rougit de cette minute de défaillance... Abandonner ce malheureux infirme qui n'a qu'elle sur la terre, ce serait affreux, ce serait lâche. Elle s'est procuré sa photographie, afin de s'habituer au pauvre visage ravagé et d'atténuer le saisissement de la première rencontre. Et ils se sont mariés. Et elle ne regrette rien. Et elle est contente, et elle est fière d'être la compagne d'un héros... La présidente, toute remuée, ne peut retenir ses larmes. « Madame, voulez-vous me donner la main.»* » La comtesse de Béranges se sent désormais l'amie de Berthe Trottro. A ses yeux émerveillés, un univers insoupçonné se découvre. Le S'este de la petite femme s'élargit, s'amplifie, devient l'acte d'amour dont la patrie reconnaissante paye l'abnégation de ses fils. Et voici la conclusion du délicieux ouvrage, où le plus spirituel de nos poètes a versé les f résors de sa générosité souriante, de sa discrète sensibilité :

« Ce qui fait la beauté de cette époque, c'est que l'honneur est partout. »

Mlle Jeanne Granier ne joue pas ses rôles; ce n'elle dit jaillit d'elle sans effort, avec l'abandon, 'a souplesse, la sincérité de la vie... Mmes Margueiite Caron, Marcelle Praince. miss Campton, MM. Cbamerov, Colas et Silvestre méritent d'être applaudis à côté de la savoureuse présidente du « Paqueta<re ».

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