‹ Le théâtre (9. série) pendant la guerreChapitre 26 sur 61 · I.cs Boches tout voisins, près des fils barbelés · texte numérisé non relu

I.cs Boches tout voisins, près des fils barbelés

i' - plus doux noms d'oiseau par nous sont appelés ;

A icur gueule béate, on rigole ; — on s'amuse

A leur jouer Guignol, on taquine la muse.

Nous avons nos journaux, nos five o'clock, nos thés.

Le bridge et tous les arts y sont des mieux portés,

Et quand parfois à l'âme on sent venir du vague.

Pour sa petite amie on cisèle une bague.

Enfin Gavroche adore son pays comme la plus séduisante des maîtresses ; il l'admire comme le chef d'œuvre de la création. Tl le loue en termes délicieux. Oh ! que Marguerite Moreno a •bien dit ces jolis vers. A\ec quelle ferveur [)ieuse et tendre !

La terre, la mer et le ciel.

Toutes les douceurs infinies,

IIO LE THÉÂTRE

Tout le parfum et tout le miel. Splendeurs en elle réunies, Peuples, chez nous, vous les avez. Aimez- vous montagnes ou plaines, Roses d'un jour, neiges hautaines, Fraîches ou brûlantes haleines ?

Elle a tout ce que vous rêvez.

Son histoire, en toutes ses pages, A ce qui fait les pays grands.

Lorsque défaillent leurs courages, Les patients de tous servages Regardent du côté des Francs.

Elle est le bras des justes haines, Et, gloire des heures prochaines.

Ce n'est que pour briser des chaînes Qu'elle dresse des conquérants.

Le dialogue s'achève par la réconciliation de Gavroche et de Flambeau. Aucun malentendu ne peut séparer ces êtres, attachés aux mêmes cultes, issus du même sang, nourris de la même sève. La France d'hier, la France de demain sont une seule France. Telle est, je suppose, la signification du monument que le bon poète Georges Trouillot a érigé en l'honneur de r (( union sacrée »...

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