L'AMAZONE
(Théâtre de la Porte-Samt-Martin)
ao novembre 191
LA représentation de l'Amazone a suscité dans la presse des remarques généralement peu obligeantes. Elles ont eu leur répercussion dans le public ; elles alimentent depuis quinze jours les conversations. Pressentant les objections qui allaient lui être faites, M. Henry Bataille a pris les devants ; il n'a pas attendu que le rideau se levât ; dès la veille, il s'est défendu contre ces attaques présumées ; il a placé le débat sur le terrain des principes, revendiqué pour la littérature dramatique le droit de s'inspirer des choses de la guerre et d'en parler librement.
Entendons-nous bien. Il ne s'agit pas ici des œuvres purement patriotiques — amplifications dialoguées et lyriques de la Marseillaise ou du Chant du départ ; — ni des tableaux guerriers propres à stimuler l'enthousiasme du spectateur en lui présentant l'image des soldats victorieux. Ces sortes de productions, dont l'intention est louable et le caractère inoffensif, ne sauraient éveiller des scrupules. Nul ne songe à les proscrire. Les pièces moins superficielles, les vraies pièces, celles qui se proposent l'examen de cas de conscience difficiles qui scrutent les âmes, sondent les