‹ Le théâtre (9. série) pendant la guerreChapitre 57 sur 61 · LA TRIOMPHATRICE · texte numérisé non relu

LA TRIOMPHATRICE

Comédie-Française

a8 janvier 1918.

LE public a écouté avec respect la Triomphatrice. II connaissait le nom de l'auteur, sa réputation, l'histoire de sa première oeuvre, les Affranchis, signalée, imposée par l'enthousiasme de Catulle Mendès aux sympathies et à l'admiration de la foule. Il savait aussi que Mlle Marie Lenéru se meut dans le monde des idées, se voue de préférence à l'analyse de la vie intérieure et qu'il n'avait pas à attendre d'elle un frivole amusement. Au surplus, le sujet de l'ouvrage l'intéressait. L'émancipation de la femme libérée de l'antique servitude, l'inquiétude de l'homme peu à peu dépossédé, l'esprit d'émulation qui les met aux prises, les crises inévitables nées de cette rivalité et de ces conflits : ce sont là des questions à l'ordre du jour et dont l'examen se lie aux plus graves problèmes de l'avenir. N'était-il pas piquant qu'une littératrice célèbre abordât cette étude, y versât son expérience, l'éclairât des lumières de son intelligence intuitive et originale ? Le spectateur, très bien disposé, ne demandait qu'à comprendre et qu'à applaudir. A mesure que la pièce se déroulait, il éprouvait des impressions assez

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