L'ALSACE A LA COMEDIE-FRANÇAISE
II janvier 1910.
C'a été une émouvante et charmante évocation. Cette peinture de la terre et des mœurs alsaciennes empruntait aux circonstances une signification toute neuve, A travers la fraîche idylle, le public entendait et voyait des choses qui retentissaient en lui, prof on dément. Il contemplait le passé. Il pressentait l'ave nir. La représentation s'est déroulée dans une atmo sphère de recueillement et de tendresse.
D'abord, l'ouvrage ne semble pas avoir vieilli .. Voilà bientôt quarante ans qu'on l'applaudit, et sen grâces sont demeurées aussi jeunes qu'au premier jour. Le secret de sa jeunesse provient de son extrême sim plicité. Il y a des états d'àme caractéristiques d'une époque ; il y a d'éphémères élégances de langage. Ces fleurs se fanent vite... La poussière ne s'accroche qu'aux ornements en saillie ; elle glisse sur la nudité des murs. L'Ami Fritz appartient à la catégorie des œuvres « nues », je veux dire exemptes de maniérisme. Des passions fondamentales et éternelles s'y expriment avec sincérité; la forme en est sobre, quoique colorée et savoureuse. Le réalisme terre à terre du détail s'y allie à un vif et délicat amour de la nature. Et c'est ce mélange qui nous séduit. Prêtez l'oreille aux propos de Fritz Kobus, quand, remontant de sa cave,
les bras chargés de vénérables, bouteilles, il considère d'un oeil satisfait les apprêts du festin, le gai scintillement des cristaux et de l'argenterie sur !a nappe éblouissante, témoignages de , la prospérité de sa maison, luxe familial et solide. Il ouvre les fenê très. « Lorsqu'on dîne plantureusement, on a besoin d'air ; autrement, le vin vous monte à la tête. » Cependant, les odeurs du jardin parfument la salle à manger, un rayon de soleil l'illumine.
« Quelle belle journée ! murmure Fritz. Le printemps s'annonce. Ah 1 les excellentes parties qu'on fera I On va tirer le char-à-bancs du hangar, graisser les roues, et clicl clac! eu route pour les fêtes des environs... Ah 1 ah 1 nous allons encore une fois nous en donner... Et les hirondelles sont revenues. Comme elles montent et plongent en l'air avec des petits cris joyeux ! »
Fritz admire l'or liquide de son vieux Riquewhir ; il renifle en connaisseur le fumet de la soupe aux écrevisses que prépare sa servante Catherine; mais aussi il regarde frémir les feuilles des bouleaux ; il songe aux violettes qui poussent le long des haies. Cet épicurien enfoncé dans la matière possède une imagination riante, saturée de relents comestibles ef d'effluves printaniers. Et la pièce lui ressemble ; elle sent bon ; elle respire la santé. Un bien-être en émane, un optimisme qui se communique au spectateur et l'enchante. Ce petit drame campagnard ne met en scène que de braves gens. Néanmoins, la vertu de ses personnages ne les rend pas ennuyeux. Une fine observation psychologique les sauve de la banalité et de la fadeur. Pas l'ombre de convention chez Frit^ et chez Suzel qui auraient pu si aisément tourner à la fausse sentimentalité d'opéra-comique.
Je pense qu'il n'existe pas une figure plus juvénilement pure que Suzel. Et ce n'est point l'ingénue bè lante et artificielle. Ses qualités innées, l'ordre, l'in-
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lelligence, l'activité, feront d'elle plus tard une femme accomplie : « Vous supposez, dit Kobus, que le père et la mère Christel dirigent la ferme ? Nullement ; c'est Suzel. Avec sa petite voix, en frappant dans ses petites mains, elle fait galoper tous les autres, » En effet, Suzel réalise l'idéal de la bonne ménagère. ''Pour coudre, c'est une fée ; elle tient la caisse et les livres ; elle a l'esprit inventif. Mais cette personne résolue, en présence de son maître reste intimidée, parce qu'elle l'aime ; et n'osant s'abandonner à des rêves sans espoir, elle lui prouve son humble affection par les moyens dont elle dispose, en flattant la sensualité de ce gourmet, en lui battant ,du beurre, en lui servant des œufs frais pondus, en lui cueillant des cerises, en déposant des roses sur la table du dîner, en mettant tout son cœur dans la poêle à frire avec les beignets vanillés, ou bien en étouffant les cocoricos sonores qui gênent le somme matinal du dormeur. Et cette petite Suzel — sœur de la Victorine de Sedaine, — cette enfant sans culture n'est pas vulgaire; elle a d'instinct le sens de la beauté; elle chante d'une voix harmonieuse de jolies chansons; elle sait ce que dit le rossignol; et lorsqu'un violon gémit sous l'ar- I het du bohémien Josef, de douces larmes gonflent ses paupières.
Kobus ne la vaut pas... Son égoïsme s'épanouit entre la pipe et la chope, qu'il fume et qu'il tarit -cha (]ue soir à la brasserie de l'Homme-Sauvage. Il a reçu d'héritage une honnête aisance ; il dépense sagement ses revenus ; il en distribue une part aux pauvres. I ar il est compatissant. Mais il prétend s'affranchir de toute responsabilité, de toute contrainte ; il jure de ne pas quitter l'état de célibataire, le plus avantageux qui soit au monde... Le charme de Suzel triomphe de son serment. Et c'est là lo sujet de la comédie : le récit d'une amourette, l'histoire nuancée de deux âmes moyennes, attirées l'une vers l'autre, lentes
LE THEATKE
à se rejoindre. L'action, réduite à ce seul développe ment, serait un peu- frêle, un peu vide. Erckmann- Chatrian y ont introduit avec le personnage de David Sichel un souffle biblique qui l'amplifie et l'élève.
Le rebbe David est le patriarche des Ecritures ; il prêche la bonté, l'indulgence... et la repopulation. Son éloquence, enveloppée de malice et de cordialité, revêt à l'heure actuelle un caractère prophétique. Elle nous a vivement impressionnés. Le vieux David pro nonce les paroles que nous eûmes le tort de ne pas entendre ; il prescrit des obligations trop longtemps négligées. Il combat avec une énergie singulière ]^^ doctrines qu'invoque Fritz comme excuse à ses no chalances. Chacun de leurs entretiens est un assat , dirigé par la volonté contre la mollesse, par l'esprit de sacrifice contre la théorie du « droit au bonheur » La bataille s'engage dès le premier acte. « — Puis que tout est vanité ici-bas, déclare Kobus, le plus pru dent est de ne rien faire, pour n'avoir rien à se reprocher, et de vivre gaiement en attendant le reste. — Halte-là, répond David, je ne souffrirai point que tu abrites sous l'autorité des livres saints ta paresse et ta gourmandise. » L'intervention lourdaude de Fré déric l'arpenteur, du percepteur Hanezo, complices i« l'ami Fritz, achèvent de l'exaspérer. Il les invective, il les foudroie, ne s'apercevant pas que les compères rient sous cape et se moquent de lui. 11 proclame la nécessité d'avoir beaucoup d'enfants, futurs protec teurs du sol menacé...
« La patrie esl quelque chose de plus sérieux que le bon vin et la bonne chère ; c'est lé legs de la race à laquelle on appartient, le fruit du travail, des lut tes, des souffrances,* des misères de tous les aïeux depuis des siècles. Ceux qui profitent de ce patrimoine et ne se préoccupent pas de le défendre sont de détestables citoyens. Vous devriez pourtant le savoir aussi 'bien que moi, puisque vous avez été -au collège ; les
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peuples qui cessent de croître marchent à la décadence. Au contraire, ceux qui multiplient ne périssent point. Voyez les Juifs. Voyez les Anglais, les Américains. Pourquoi tiennent-ils sous leur domination la moitié du ^rlobe .'' Parce que, chez eux, il n'y a pas de figuiers stériles... L'univers appartiendra aux races fécondes ; celles qui placent l'amusement avant les devoirs de la famille seront conquises et s'éteindront dans la servitude. C'est l'histoire de toutes les nations disparues depuis. le commencement du monde. Ce serait bientôt la nôtre, si tous les Français parlaient ( omme vous. »
Cette idée, dont il est superflu de démontrer, la justesse (Texpériehce, hélas ! nous a instruits), Erckmann-Chatrian ne se lassent pas de l'exposer ; Ils l'enfoncent à coups redoublés dans le cerveau de l'auditeur ; ils la ressassent... A l'origine, elle inspirait au vieux rebbe un copieux discours qui fut supprimé durant les répétitions. Sans doute, alors, le trouvaiton inutile, ou même dans-ereux et trop direct. Tl pourrait maintenant être rétabli ; l'allusion ne blesserait plus personne : « Jadis, s'écriait le rebbè, vivait un peuple généreux, léger, spirituel, enclin à l'ironie. Tl habitait une contrée comblée des bénédictions du ciel. Or, ce peuple étant devenu riche, il rechercha le luxe et les plaisirs. Les plaisirs coûtent cher et ne rapportent rien. Ils font oublier les devoirs, sur tout ceux de la famille, qui sont lourds. Aussi la plaie hideuse du célibat ne tarda-t-elle pas h s'étendre dans ce beau pays. Nnl ne voulait plus d'enfants... » David Siebel poursuivait son homélie ; il montrait ce pays, jalousé, exécré par les hordes accourues du nord dans le dessein de l'anéantir ; il décrivait les tentatives réitérées des barbares, l'agression d'hier, celle de demain. « Les hommes roux n'ont point changé ; ils ont le même robuste appétit ; ils méprisent toujours le célibat et se font gloire d'avoir une vaste progéniture,
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tandis que nous... « — Tais-toi, interrompait Fritz : avec tes discours tu serais capable de me marier tout de suite... » Il ne se marie que plus tard — au troisième acte — après avoir essuyé maint sermon. Et l'éloquence du sermonneur ennoblit l'ouvrage. Lorsque le bonhomme, assis sur la margelle du puits, boit l'eau de la cruche que Suzel incline vers lui et, pensif, recueille gravement des lèvres de la jeune vierge l'épisode de Rebecca et d'Eliezer, la petite comédie sentimentale, la paysannerie florianesque s'imprègne de grandeur, s'auréole d'une sorte de majesté. Le tableau se transfigure. Le dialogue ne se solennise pas et pourtant il s'élargit. « Nous lisons tous les soirs la Sainte Bible, dit Suzel. C'est moi qui lis ; le père, la mère et les domestiques écoutent. » En quelques mots la scène est évoquée, ce milieu pastoral est peint d'une touche si lumineuse, si franche que la vision en reste immor tellement gravée. Ici Erckmann-Chatrian se révèlent poètes ; ils le sont sans qu'ils aient voulu l'être expressément. L'ardeur patriotique, le désir des légitimes représailles, l'attachement au terroir sont en eux autant de sources d'où l'émotion jaillit.
Comment la portée de ces leçons hautes et saines, comment la virile intention des auteurs furent-elles méconnues ?... Les contemporains n'ont pas oublié l'orage qui se déchaîna en 1876 contre l'œuvre innocente et faillit la submerger. Certains critiques, amis de l'Empire, visaient, à travers les dramaturges inoffensifs et bienfaisants, les romanciers du Conscrit de ^8 13 Paul de Saint-Victor se montra féroce. Son feuilleton, brillant et laborieux, est une merveille d'injustice ; il refuse à l'ouvrage tout mérite, tout intérêt, affecte de n'y voir qu'un monument érigé à la goinfrerie et de n'user, pour en extraire le suc, que de métaphores culinaires. La foule cassa cet arrêt inique. Elle est de bonne foi ; elle cède à l'impulsion de sa sensibilité ; elle applaudit ce qui la touche et ne s'embarrasse point du reste. Ses erreurs — et je ne nie pas qu'elle en
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puisse commettre — durent peu. L'œuvre cpii subit sans se faner l'épreuve du temps, n'est pas loin d'être un chef-d'œuvre. Près d'un demi-siècle a passé sur cet Ami Fritz, encore tout embaumé de la flore alsacienne.
L'interprétation est remarquable. Mlle Marie Leronte. délicieuse Suzel, n'idéalise pas outre mesure le rôle : elle le rapproche de la vie ; elle fait de la petite fermière une fille avisée, courageuse, aimante, et nous comprenons que, quand elle s'appellera Mme Kobus, son ingénuité deviendra promptement de l'autorité. Il manque à M. Grand la bonhomie d'un peu d'embonpoint. Kobus, heureux, prendra du ventre. Et déjà cela se devine. Mais l'excellent comédien traduit en perfection les mouvements successifs du personnage. M. de Féraudy est un rebbe pittoresque, cordial et puissant ; Mme Kolb une Catherine tendrement maternelle ; M. Siblot et M. Denis d'Inès esquissent plaisamment les silhouettes du percepteur et de l'arpenteur, les deux pique-assiette ; M. Dehelly porte galamment la redingote de Josef le tzigane ; M. Joliet charge légèrement la physionomie du fermier Christel ; il se souvient d'avoir joué Géronte et Pancrace.
Dans un ingénieux épilogue imaginé, ordonné, ré glé avec art par Jules Truffîer, les plus célèbres icteurs de la maison sont venus fêter les « Fiançailles le l'ami Fritz »... .Tulia Bartet. Segond-Weber, Silvain; \lbert Lambert ont lu des poèmes ; Blanche Pierson, Marie-Thérèse Piérat ont chanté des romances, accom pagnées par Benée du Minil au clavecin ; Georges Berr, diseur incomparable, a dû bisser les couplets de la (' Chanson du dimanche ». Enfin M. le doyen a offert à Suzel des fleurs du pays, fleurs de France, fleurs de Lorraine et d'Alsace, pressées ensemble, à jamais Lunies...
Nous sommes partis réconfortés... Les strophes cha
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1 eu reuses de Charles et Paul Léser, dédiées an Rhin, nous avaient émus.
Les oiseaux désertent ses rives, On n'y voit plus, comme autrefois, Les merles pourchassant les grives, Les rossignols n'ont plus de voix...
Pourquoi cette fuite soudaine.
Ces nids vides sous les taillis ?
. Enfant des monts, roi de la plaine. Réponds, fleuve de mon pays ?
Le drapeau noir qui se déploie Des deux côtés du pont de Kehl Chasse nos fils et notre joie Et les petits oiseaux du ciel ; L'amour pâlit devant la haine, Nos morts dorment sens les taillis... Enfant des monts, roi de la plaine.
Gronde, fleuve de mon pays !
Au Rhin ! Au Rhin !... La vieille Gaule En connaît le plus court chemin ; Nous voulons, l'arme sur l'épaule, Nous mettre en route, dès demain.
Au Rhin ! Roule tes flots, déchaîne L'orage au sein des verts taillis. Les drapeaux qui couvrent la plaine Portent le coq de mon pays.
Quelle espérance ! Mais quelle tristesse ! Cette victoire, de quel prix sera-t-elle payée ! Combien de jeunes forces brisées, de clartés éteintes ! Que de regrets, que de pleurs ! Et la plainte de Suzel sonnait en nous comme un glas :
Beau soldat qui viens de la guerre
N'as-tu pas vu mon bon ami ?
^ Ton bon ami dort sous la terre...
LA COMÉDlE-FIiANÇAISE FÊTE MOLIÈRE
i8 janvier igiB.
IL y a quarante-quatre ans, le i5 janvier 1871, le Théâtre-Français voulut fêter comme de coutumt l'anniversaire du grand patron du log'is. Et la fidélité à cette tradition, en des circonstances aussi cruelles, avait un je ne sais quoi d'héroïque et d'ingénu. Toui les moliéristes présents dans Paris assiégé, tous les familiers de la Maison, tous les amis des lettres étaiem accourus. Comment exprimer ce qu'ils ressentirent '>■ Cela est intraduisible. Imaginez le lieu, le décor, l'ai mosphère. La salle est mal éclairée, mal chauffée. On y grelotte... Dans le foyer transformé en ambulance^ agonisent des blessés, amputés depui's le matin. Pai les portes qui s'entr'ouvrent, on aperçoit la cornette des sœurs penchées sur le chevet des malades. Der rière Tavant-scène impériale, dans le salon où naguère la souveraine donnait ses doigts à baiser aux ambassa deurs, est installée la chambre des morts. C'est là, à deux pas de la scène où la soubrette et le valet échan gent des mots joyeux, que dorment, séparés de l'au ditoire par un rideau, entourés de cierges, les cada vres que vient chercher chaque jour le fourgon de Ihôpital... Contraste shakespearien ! Mais les spec tateurs oublient ce voisinage funèbre. Ils s'abandon nent à l'impression du moment. La gaieté de Molière est la plus forte. Et ils rient. Ils se dérident aux propos de Marinette et de Gros René. Lorsque Gros René jette
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au loin le morceau de fromage qu'il tient de la munificence de sa commère, un cri de protestation s'élève, les mains se tendent comme pour l'attraper au vol. Jeter du fromage, en ce moment. Gros René n'est-il pas fou ? Et l'on se pâme et l'on s'amuse. L'insou ciance française a repris le dessus. Cependant, Coque lin s'avance. Ce n'est pas Coquelin, c'est un soldat qui a quitté son poste, une heure, et va le regagner. Il ôte son képi. 11 salue le buste de Molière, puis darde sur le public des yeux de feu. Puis, de son clairon formidable... Voici ce qu'il dit. Ce sont des vers, improvisés par un aimable auteur, Edmond Gondinet, qui n'a encore fait que de petites comédies et ne se pique pas d'être un grand poète. Mais à de certaines minu tes, tout le monde est poète et Gondinet s'élève au-dessus de lui-même. L'aile divine l'a frôlé. Ses vers ne manquent pas de souffle... Même médiocres, ce soir-îà ils eussent paru sublimes.
En quel temps sérions-nous plus jaloux de nos gloires ? Il semble que jamais ton nom n'avait jeté Tant d'éclat, ô poète ! Et leurs sombres victoires Nous font plus grande encor ton immortalité.
Mais ce n'est plus Paris souriant et sceptique Qui va fêter Agnès, Alceste ou Scapin. Non, C'est Paris prisonnier, meurtri, blessé, stoïque. Qui fête le génie au bruit de leur canon.
En s 'élevant à toi, l'âme se rassérène.
Jamais l'esprit français n'a résonné si fort.
Et dans le doux pays oii ton rêve nous mène.
Nous nous sentons plus loin de ces hordes du Nord.
Nous cherchions la bataille audacieuse et fîère. Mais eux, patiemment, sourdement, par les bois, Ils ont versé sur nous leur Allemagne entière, Pous nous vaincre sans gloire, écrasés sous leur poids.
Ils brûlent nos palais ; ils campent à Versailles,
Ce Versailles, Molière, où tout parle de toi,
Plein de notre passé, vivant de nos batailles.
Ils croient que nos splendeurs peuvent grandir leur roi.