LE RÉPERTOIRE
II faut d'abord que le troisième théAtrc de musique que nous voudrions voir s'établir s'appuie sur un (( répertoire ».
ET UN THÉATKE français POPULAIRES. 155
Quel pourrait être ce répertoire? Ici, s'élève une première difficulté.
Il est évident que l'Opéra et l'Opéra-Gomique ne céderont point de gaieté de cœur les ouvrages de premier ordre dont ils ont la possession, par traité, pour tant ou tant d'années. Les éditeurs de musique, qui sont les représentants des intérêts de la plupart des auteurs, ne se montreraient pas plus larges. On ne saurait vraiment leur en vouloir. Il ne faut donc point songer à emporter au troisième théâtre de musique les Huguenots, V Africaine, le PropJièle, (luillaume Tell, la Juive et quelques autres opéras du même ordre (il n'y en a pas tant), pas plus que le Pré aux Clercs, Mignon^, la Dame blanche, Carmen (il n'y en a pas tant non plus).
Mais il est une quantité d'ouvrages que l'on n'entend plus jamais à Paris, que les provinciaux, plus heureux que nous, entendent quelquefois et qui pourraient constituer à bref délai un répertoire considérable pour le troisième théâtre de musique que nous
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rêvons. Les éditeurs de musique, ayant affaire h une direction sérieuse, se montreraient plus conciliants certainement. Aussi bien, il est de ces œuvres qui sont complètement dans le domaine public.
Voici, de mémoire, quelques-unes de ces œuvres délaissées ou dédaignées par nos deux théâtres de musique subventionnés?
Les Deux Ai-arcs^ Zémire et Azor (Grétry).
Joseph (MéhuI).
Les Deux Jou niées (Cherubini).
CendriUon, Jeannot et Colin (Mcolo).
Orphée, Annide (Gluck).
La Vestale, Fernand Corlez (Spontiiii).
Marie, les Rosières (Hérold) .
Fidelio (Beethoven).
L'Enlèvement au sérail (Mozart).
Le Mariage secret (Cimarosa).
Le Calife de Baydad, les Deux Nu ils, la Fête dn villayc voisin (Boïeldieu).
La Pie voleuse, Moïse, le Comte Oru (Rossini).
Euryanthe, Oberon (Weber).
Masaniello (Carafa).
L'Ambassadrice, les Diamants, la Sirène, le Cheval de bronze, la Part du Diable, le Premier Jour de bonheur, le Dieu et la Baijadère, le Philtre (Auber).
VEclair, Charles VI, Gnido ri Ginorra, la Reine do Chypre (Halévy).
Les M/uii/rs, Don P(is(juah\ les Pin-ituins (Donizetti).
NoDua (Bellini).
Si fêtais roi! le Bijou perdu, Giralda, le Poslillon (Ad. Adam).
Gilles le Ravisseur, les Porcherons ((ji-isar).
La Fanchonnette (Clapisson).
Jérusalem, le Trouvère, Don Carlos (Verdi).
Le Songe d'une nuit d'été (Ambroise Thomas).
La Perle du Brésil (Félicien David).
Les Saisons, la Reine Topaze, Paul et Virginie (Victor Massé).
Lara (Maillart).
Quentin Durward (Gevacrt).
La Statue (Reyer).
La Déesse et le Berger (Duprato).
Hérodiade, Don César de Bazan (Massenet).
Le Timbre d'argent, Etienne Marcel (Saint-Saëns).
Cinq-Mars, Polyeucle ((iounod).
Etc., etc.
Notre excellent et érudit confrère M. Pougin, ayant lu cette nomenclature, nous signalait encore les ouvrages suivants :
Gluck : Alcesle, Ijiliigénie en Aulide, Ipliigénie en Tauride.
Saccliini : OEdijie à Colone.
ir>H UN THÉÂTRE LYlligUE
(Irétry : CAmanl jitlo)ix,lc Tahli'iiK jxirhoif, CEiivi'Uvc villageoise, iWiiii de Id imiison, la Fausse Ma(/ie, Colinelte à la Cour.
Boïeklieu : Ma Tante Aurore, les Voitures versées, le Petit Chaperon rouge.
Devienne : Les Visitandines, les Comédiens ambulants.
Monsigny : Félix, le Roi et le Fermier.
Martini : l'Amoureux de quinze ans, Annette et Ijil)in.
Dézèdes : Biaise et Babel, les Trois Fermiers.
Dalayrac : Camille ou le Souterrain, Adolphe et Clara, Maison à vendre, Une Heure de mariage, Nina ou ta Folle par amour.
Méhul : Slratonice, Ariuclane, Clrato, Valentine de Milan.
Cherubini : Médée.
Steibelt : Roméo et Juliette.
Délia Maria : le Prisonnier.
Gaveaux : Monsieur Deschalumeaux, te Bouffe et le Tailleur.
Solié : le Diable à quatre.
Nicolo : les Confidences, Joconde, le Billet de loterie.
('atel : les Aubergistes de qualité.
Berton : Aline, reine de Golconde.
Rossini : le Siège de Corinthe, la Dame du lac, Séniiramis, Tancrède, ritalienne à Alger.
Hérold : la Clochette, le Muletier, f Illusion.
Auber : le Lac des Fées, Gustave III, le Concert à la cour, Actéon, la Neige, Lestocq, Fiorella, ta Fiancée, le Maçon, le Serment.
Ad. Adam : le Roi d'Yvetof, la Reine d'un jour, le Brasseur de Preston, la Poupée de Nuremberg.
Halévy : li> Juif errant, Jafiuarita Vîmlionnr, (a Fée (DIX rosp.s.
Bolliiii : la Somnambule, les Puritains.
Ambroisc Thomas : le Panier fleuri, le Perruquier de la Régence, Gille et Gillotin, la Double Echelle.
Reber : le Père Gaillard, les Papillotes de M. Benoist.
Hippolyte Monpou : les Deux Reines.
Grisai* : les Travestissements, l'Eau mer veilleuse, Donsoir, monsieur Pantalon, le Chien du Jardinier.
Félicien David : Herculanum.
Clapisson : la Promise.
Victor Massé : la Chanteuse voilée, la Fée Carabosse.
Gevaert : le Billet de Marguerite.
Boulanger : le Diable à VEcole, les Sabots de la Marquise.
Semct : la Petite Fadette, Gil Blas, les Nuits d'Espagne.
Duprato : les ,Trovatelles.
Guiruud : Piccolino.
Léo Delibes : Ma'itre Gri/fard, le Jardinier et son seigneur.
F. Poise : Bonsoir Voisin, les Charmeurs.
Paladilhc : Suzanne, le Passant, etc., etc.
M. Arthur Pougiii nous écrivait :
« Quand je vois qu'en 18^7 (je prends une date au hasard), alors que Paris avait 900,000 habitants, l'Opéra donnait treize actes nouveaux, opéra ou ballet, et que l'O-
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péra-Gomique en donnait vingt-deux de son côté, tandis qu'aujourd'hui, ce même Paris comptant près de trois millions d'habitants, ces deux mêmes théâtres ne parviennent pas à représenter chaque année vingt actes à eux deux, je dis que le public est bien sevré de musique, que nos pauvres compositeurs sont bien malheureux et qu'il se ferait temps devenir en aide à tous par la création de la troisième scène musicale que vous avez grand'raison de réclamer. »