‹ Le théâtre à côté;Chapitre 6 sur 36 · LE TIILATHE A CUTÉ · texte numérisé non relu

LE TIILATHE A CUTÉ

conditions qu'on vient de lire, vers l'an VIII ou l'an IX de la République, en 1799 ou 1800, en la rue qui porte aujourd'hui le nom de rue Dauphine, sur un emplacement où s'élevait une salle qui servait à la fois de salle de vente, de club patriotique et de corps de garde, un sieur de Metzinger fit construire une petite salle de théâtre : elle contenait seulement deux rangs de loges, un orchestre, des baignoires, un petit parterre et deux loges d'avant-scène.

Un comédien nommé Belfort ouvrit le spectacle sous le nom de théâtre des Jeunes- Élèves ; les artistes qu'il engagea avaient, en effet, de six à seize ans. On représentait sur ce théâtre tous les genres, depuis la tragédie jusqu'au ballet-pantomime; on y donnait beaucoup des ouvrages du vieux répertoire, surtout des opéras comiques. Parmi les ouvrages nouveaux qui y furent représentés, on cite le Piifisiui perverti, Tous les niais de Paris, l'Aiiiuur à l'aiif/laise, de de Rougemont, le Concert aux Champs-Elysées^ de

Dumersan. Le théâtre des Jeunes-Élèves connut la gène ; les acteurs se mirent en société.

En 1807, le théâtre fut fermé. La salle fut utilisée pendant quelques années pour des représentations, des concerts, des bals. En 1826, elle disparut pour faire place à une grande maison.

Brazier nous donne les noms de quelquesuns des auteurs qui travaillèrent pour les Jeunes-Élèves : c'étaient Félix Nogaret, un des censeurs du gouvernement impérial, le chevalier de Gubière-Palmézeau, ce qui eut le courage de refaire Uippolijte après Racine », Pelletier de Yolmeranges, faiseur de drames larmoyants , aux longues tirades.

C'est à ce dernier qu'un jeune enfant répondit un jour : « Vous vous plaignez que je ne sache pas votre rôle en huit jours ; vous qui l'avez écrit, je vous en donne quinze pour le savoir à peu près. » Mme de Beauharnais donna aussi plusieurs ouvrages.

C'est sur le théâtre des Jeunes-Élèves que

li LE TIIÉAtHE a côté.

t'iit représenté pour la première t'ois un ouvrage intitulé C,ihral((u\ de M. Charles Maurice, rédacteur propriétaire du Courrier des théâtres. Cette pièce en cinq actes était ainsi composée : premier acte, tragédie; tieuxième, opéra comique; troisième, mélodrame; qtiatrième, comédie en vers libres ; et cinquième, en vaudeville. C'était toujours la même action, toujours les mômes personnages. « C'est, dit Brazier, le premier ouvrage de ce genre d'originalité qui ait été joué. )> Nous ne voyons pas que l'exemple de Maurice ait été beaucoup suivi.

Au théâtre des Jeunes-Élèves débutèrent les acteurs Firmin, Fontenay, Desprez, Lemonnier, Guénée, « un enfant qu'on appelait ïourin et qui jouait le Chaudronnier de Saint- Flour comme l'acteur le plus exercé ».

Mme Rose Dupuis commença sa carrière sur la petite scène. Une enfant, qui jouait les duègnes et qui avait douze ans, fut connue au théâtre sous le nom de Mme Régnier. Une autre, qui jouait également les duègnes.

Virginie Déjaze'

LE THÉÂTRE A CÔTÉ. ir.

s'appelait la petite Bardoux. « Presque tons ces enfants demandaient à faire les vieux, c'était vraiment original de les voir se grimer la figure avec des épingles noires et du charbon. » Il paraît que cette petite Bardoux était impayable dans Mme Pernelle, quand elle disait : « Marchons, gaupe, marchons ! » Il y avait encore Aldegondo, qui joua aussi au théâtre des Variétés-Étrangères et qu'on appela la petite Mars du quartier Saint-Martin; une petite Pauline, qui était « une charmante laitière suisse, une suave rosière ».

Il y avait enfin Virginie Déjazet. « Je la vois encore, écritnotre chroniqueur, dans Faiichoh toute seule. C'était déjà une actrice. Elle n'était guère plus grande que sa vielle. Après la pièce, on se la passait de mains en mains dans les loges pour lui donner des bonbons. Quand elle entrait en scène, son œil d'aigle mesurait l'espace qui la séparait du public avec cette assurance que donne uu grand courage. » L'enthousiasme de Brazier pour Déjazet ne connaît point de bornes. « Je l'ai

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\w\ nous dit-il, dans la mênie soirée, porter la capote de Napoléon et la veste du gamin ; je lui ai entendu dire: « Soldats, votre empereur est content de vous! » et l'instant d'après s'écrier : ce Ah ! c'te tête î » Elle était sublime des deux côtés. » Et il ajoute : (< Il y eut un César, un Capitole, un Alexandre, une Colonne, un Bonaparte et une Virginie Déjazet. )>

Nous pourrions nous occuper ici encore du second théâtre des Jeunes-Elèves, ouvert en 1799 sur le boulevard du Temple, qui vécut quelques années en concurrence avec le premier; du théâtre Mareux, situé rue Saint- Antoine, en face de la rue de Jouy, qui fut, avant la Révolution, un pimpant et coquet théâtre d'amateurs, eut, après 1789, diverses destinées, s'appela un moment « Spectacle des Élèves dramatiques et lyriques )> et disparut au décret de 1807; des théâtres des Enfants de Thalie, des Élèves de l'Opéra- Comique, des Enfants-Comiques, des Petits Comédiens français, etc., dont l'existence fut

de courte durée et dont quelques-uns disparurent l'année même de leur apparition. La salle du nommé Doyen, rue Transnonain, a été une véritable pépinière d'illustrations dramatiques; la célèbre Mme Arnould Plessy a commencé à la salle Gérard, rue de Lancry. Le théâtre Comte aussi a porté ses fruits.

Mais nous ne voulons point faire une étude rétrospective: nous avons hâte d'arriver à des temps plus rapprochés de nous.

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La Tour-d'Auvergnc. — MM. Baron et lipitrand. — JIme df; Lissac, Vive la mère Vénus ! — Une lettre de M. Jean Piicliepin. — Les Matinées Talbot.

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