‹ Le théâtrè a la maison. Illustrations d'Amédée LynenChapitre 11 sur 65 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

AMÉLIE, son enfant dans les bras.

Là!... te voilà bien beau, maintenant, mon amour. Te voilà tout blanc, comme un lis, et ta figure est rose au milieu de cette blancheur : on dirait une fleur dans une collerette de neige. Et tu ris, mon bijou; tu ris comme un homme déjà ! et tes yeux sont brillants, plus brillants et plus beaux que des diamants. Oh ! je te mangerais... Et tu serais bien bon à manger, mon amour, bien tendre, bien délicat. (Elle l'embrasse doucement

et longuement, avec un murmure de plaisir.) Que tu es aimable,

mon chéri ! Comme tes petites menottes sont fines, et

potelées, et rosées ! Quel plaisir de sentir tes griffes sur mon visage, et d'entendre tes petits cris d'oiseau, plus doux à mon oreille que la plus douce musique ! Comment ne te pousse- t-il pas des ailes, amour que tu es? Tu serais si charmant, suspendu dans l'air bleu, avec des ailes blanches qui feraient en battant un bruit joyeux ! Et moi, debout à mon balcon, je te tendrais les bras, où tu viendrais tomber en riant, petit coquin. (Nouveaux baisers.) Ah ! oui, je le vois bien : tu aimes que je te parle, que je te dise des choses caressantes, que je fasse une voix bien douce; cela t'anime, tu ris encore, tes yeux brillent de nouveau. Tu aimes déjà les louanges, petit homme de rien du tout. (Baisers.) C'est bon, c'est bon ! Attends seulement une année, mon ami; je me garderai bien de te dire que tu es beau : tu le saurais trop, tu deviendrais insupportable. Tu ne me comprends pas, heureusement, mon bijou, et je puis tout à mon aise m'extasier sur le rose de tes chairs et le bleu de tes yeux, et te manger de caresses. (Baisers.) Que je suis donc heureuse, heureuse, heureuse, avec mon chéri dans mes bras ! Non, il n'y a pas de bonheur comparable au mien...

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