‹ Le théâtrè a la maison. Illustrations d'Amédée LynenChapitre 52 sur 65 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, MADAME VEUVE MAUREL, MADEMOISELLE CLÉMENCE.

JOSÉPHINE, se levant.

Bonsoir, Adélaïde... C'est bien gentil d'être venues.

Bonsoir; Clémence. Approchez du feu : la soirée est froide.

JEANNETTE

Prenez place, madame Maurel. Bonsoir, mademoiselle Clémence. Vous vous portez bien?

CLÉMENCE

Je suis toujours un peu patraque; mais je suis habituée à mes bobos.

MADAME MAUREL

Ah! oui, plains-toi, ma nièce... Regardez-la donc, mademoiselle Joséphine; non, mais regardez-la donc. Bientôt on ne verra plus ses yeux, et ça se croit moribonde...

CLÉMENCE, riant.

Oh ! voilà une jolie exagération, ma tante. Un peu de névralgie ou de rhumatisme, ce n'est pas la mort : est-ce que seulement tu me vois quelquefois de mauvaise humeur? Certainement non. Mais quand on me demande comment je me porte et que j'ai un bobo, je ne puis pourtant pas répondre : — Comme un charme !

MADAME MAUREL

Tu as raison ; je voulais te taquiner.

CLÉMENCE

Je le sais bien. Mais c'est plus fort que moi; quand on m'attaque, je me défends...

JEANNETTE, présentant une chaise.

Asseyez-vous. — Ma cousine, je descends pour le thé.

CLÉMENCE

Je descends avec vous; nous jouerons ménage. Vous permettez, mademoiselle Joséphine. Oui... Et si le thé n'est pas bon, c'est moi que vous gronderez.

JOSÉPHINE

Allez, allez ; et rappelez à Jeannette que pour faire du bon thé l'eau doit avoir bouilli.

(Elles sortent.)

Page 1