‹ Le théâtre à Montréal [microforme]Chapitre 43 sur 57 · LYS LE THEATRE À MONTREAL · texte numérisé non relu

LYS LE THEATRE À MONTREAL

voue Je culte le plus ardent aux choses qui ne meurent pas : il adore a beauté dans Famour, la nature, la philosophie et Part. FE Descartes, Platon, Homère. C'est un grand poele de Fironie el e'est à cause de cela que nous le Trouvons adorable, Son rire cache des abimes d'amertume et d'angoisse et c'est à cause de cela qu'il est d'essence Supérieure. ne sait pas se plaindre. où plutôt a chose ne fur arrivera qu'une seule fois et encore le gémissement S'achève dans un sourire, Pour ceux qui saisissent l'âme des choses, Puniverselle plainte qui S'échappe de la eréa- Gion, qui ont sentile vide autour d'eux et proménent sous un ciel impassible, le fourment de Jeur pensée la douleur est la sœur jumelle de la joie, Elles cheminent côte à côte, elles ne font pas de pas sans S'influencer Faune Fautre, elles S'entrelacent. tels deux rameaux tremblants qui cherchent dans l'obscurité, le filet lumineux qui frôle Finfini des horizons.

Quel jeune homme n'a révé d'être Cyrano? Quel autre jeune homme qui cesse un peu d'être jeune homme et <e sent vieillir quelque part, ne rêve encore d'etre monsieur Cvrano-Savinien-Hereule de Bergerac? Se dresser devant son siècle, lui crier ses infamies, ses complaisances honteuses, pour tout ce qui est laideur morale, ses pactes avilissants avec le mensonge, dégringoler Les statues de neige

et les Crainer dans la boue à la face du ciel,

ee Ce

entrainer la foule vers quelque dégât sublime ; composer un madrigal précieux, alambiqué, suave, hérissé de Voiture el de Scarron, puis aller ensuite le réciter dévolement à la fenétre d'une Amarvilis en larmes : se battre pour une cause noble et vaine, foncer au risque d'\ laisser sa peau, sur la muraille des préjugés étroits. mesquins, qui nous enveloppent non sans V avoir pratiqué une ouverture sur le ciel ; rire, pleurer, vibrer aux cordes de la Ivre, élever dans son âme un autel à la Beauté et en devenir l'esclave fervent. enthousiaste, fidéle, n'être pas insensible à a main qui se tend, fendio Son manteau en quatre et le donner aux malheureux, mépriser tout ce qui est vil, bas, et diminue les forces vives de l'intelligence, être le ravon qui éclaire el console, augmenter par une action courageuse et noble et toute Lendue vers la justice, le capital moral de Fhumanité et puis finir en lancant des anathèmes aux vilenies, à la sottise, aux vendeurs du temple, aux mufles, aux pierrots et aux imbéciles, quel réve ! quel destin !

Avec quel plaisir en présence des forces écrasantes de l'or et ces autres forces immorales qui dominent le monde de la politique et des affaires, aux Valvert bornés, cuistres sans esprit et sans âme, aux « cartes

de mode » de notre temps, ne s'écrierait-on pas :

« Moi, c'est moralement que j'ai mes élésances » , l J «Je ne n'altife pas ainsi qu'un freluquet »,

Mais je suis plus soigné si je suis moins coquel... »

« Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise » ; Empanaché d'indépendance et de franchise ;

« Ce n'est pas une taille avantageuse, c'est

© Mon àme que je cambre ainsi qu'en un corset Et tout couvert d'exXploits qu'en rubans je m'at-

lache,

Retroussant mon esprit ainsi qu'une moustache, Je fais, en traversant les groupes el les ronds Sonner les vérités comme des éperons. »

court dans ce premier acte de C\rano un fleuve de vie, de mots suceulents et vifs, d'images variées et charmantes, C'est de la fine champagne dramalique. On S'v grise, car c'est élourdissant de gailé, dexubérance int a pas un seul mot qui ve retienne votre attention, ne vous cause de la jouissance, on voudrait que cela n'ait pas de fin. EU est moins Liste que les autres qui le sont profondément, Car ceslune comédie Lriste. allais dire que c'est ce qui en fuit sa Valeur profonde et philosophique, car il a de a philosphie dans Cvrano, -— la philosophie amère du <toïcisime,

Vous ne vous ennuvez pas non plus au deu- Aième acte chez le pâtissier Ragueneau, le Phæbus Robsseur, Ce marmiton doublé d'un poète qui offre

a la goinfrerie des rimeurs : fruits en nougat, flancs,

paons, roinsoles, bœuf en daube, tarte, Lourtre, Ivres, ruinant sa boutique pour la Muse, est un bonhomme que nous aurions fait de nos amis, n'est pas banal, ce Ragueneau et c'est chez lui tout droil qu'un soir, aprés lecture de sa recette de tartelettes amandines, un courmet en mal de pâle et que je connais Crop, serail accouru au heu de réveiller les bonnes gens du quarlier,

Tous ces poètes. amis de Ragueneau — pas les drôles du National qui n'ont pas du tout l'air de poèles, mais ceux de Rostand = on pourrait aisément SV tromper el ce serait donunage — ba-

fouillent des choses exquises, L'un dit :

«Ce pain d'épice suil le rimeur famélique « De ses Feux en amande, aux sourcils d'Angélique L'autre

Ce chou bave <a creme, I rit.

Un troisieme :

« Pour la premiere fois Ia lvre me nourrit, »

Cvrano parait. Roxane lui à donné rendez-vous chez le pâtissier, Vous savez comme moi que Bergerac est épris de sa cousine, Ses prouesses d'hier, son duel poétique ont, sans doute, frappé Finagination de Roxane, Iexiste donc pour elle ! Ah ! c'est trop de

bonheur, Le voila qui se sent la vertu d'un Samson

et c'est une armée entière qu'il voudrait détruire, Mais la cousine à voulu le voir pour lui déclarer l'amour qu'elle porte au beau Christian de Neuvillette qui est entré, ce matin, au régiment des Cadets de Gascogne. Elle supplie son cousin de le protéger. Cyrano mel son dévouement aux pieds de Roxane, J marche sur son cœur, C'est lui qui fournira de l'esprit à cel imbécile de Christian. I sera songénie et de son cœur blessé jailliront des épitres d'amour. La supercherie obtient le plus douloureux succes. Et nous sommes au troisième acte, au baiser de Roxane. Le balcon de Juliette à laissé couler sur le monde moins de poésie que celui de Roxane, C'est le résidu € d'une alchimie exquise ». L'amour à trouvé là de nouvelles formes d'expressions, Jamais il ne s'était condensé de la sorte en des vers qui fussent le miroir fidele des rois derniers siècles de littérature amoureuse, Vous avez lu les dissertations sur Famour de Monsieur Honoré d'Urfé. I 4 a de tout, là-dedans. Et c'est Tour à tour mignard, délicieux, mièvre, enivrant. Platon eutal de vulgarisateur plus <crupuleux que ce paladin de l'amour platonique, orné de la fraise espagnole? Certes non, Le troisième acte en est pénétré d'une effluve capiteuse, Les brises se font infinnnent soupirantes el le rameau de Folivier, lourd de parfums. où jase le rossignol sublime, effectue

dans cette atmosphère de réve la méme agitation

originelle, Ces branches, ce jasmin, se sont détachés, en leur ramure nerveuse, éloquente sur le ciel d'Ar- ‘adie : ils créent une apothéose de nuit. de soupirs et d'idéalité. C'est là que Fon voudrait vivre et mourir, en chantant dans la nuit succombante de douceur le eantique éternel des cœurs qui se soulévent au passage du printemps. Ecoutez:

« Ah!siloin des carquois, des lorches et des fleches

« On se sauvail vers des choses... plis fraiches Lo « Au lieu de boire goutte à goutte, en un mignon

« Dé à coudre d'or fin, Feau fraiche du Lignon », « Si l'on tentait de Voir comment Fame S'abreuve « En buvant largement à méme le grand fleuve, s

Écoutez encore : Roxane demande à C\rano quels sont les mots qu'il va lui dire.

« Tous ceux, Lous ceux, tous ceux

« Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe, «Je l'aime, je suis fou, je n'en peux plus, c'est trop. « Ton nom est dans mon cœur comme dans un grelot « El comme lout le temps, Roxane, je frissonne, « Tout le Lemps le grelot S'agite, el le nom sonne ! « De Toi, je me souviens de tout, j'ai tout aimé.

«J'ai tellement pris pour elarté La chevelure,

« Que comme lorsqu'on a trop tixé le soleil,

On voil sur foule chose ensuite un rond vermeil,

« Sur tout, quand j'ai quitté les feux dont tu niinondes,

e Mon rewurd ébloui pose des taches blondes,

« C'esCtrop! Dane mon espoir méme le moins modeste »

«Je n'ai jamais espéré Lant ! I ne me reste »

« Qu'à mourir maintenant ! C'est à cause des mots »

« Que je dis qu'elle tremble entre les bleus rameaux »

€ Car Vous tremblez comme une feuille entre les feuilles ! »

Elces vers que je voudrais avoir faits :

Certes, ce sentiment

« Qui m'envahit, Lerrible et jaloux, c'est vraiment che ‘amour, il en a loute la fureur... triste ! » «De l'amour, - et pourtant il n'est pas égoiste ! » « Ah! que pour lon bonheur je donnerais le mien » ZQuand mémejlu devrais n'en savoir jamais rien »,

S'il se pouvait, parfois, que de loin, j'entendisse »

Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice, »

« Où vraiment, ce soir, c’est trop beau, c'est trop doux ! 7

€ Car Lu trembles ! car j'ai senti, que tu le veuilies :

« OÙ non, le tremblement adoré de ta main »

© l'escendre Tout le long des branches du jasmin »

it nous en passons, Mais il faut finir, Christian mourt au siège d'Arras, dans les bras de Roxane désespérée, La cousine de Cyrano éternise son veuvage inconsolable chez les Dames de la Croix, à Paris. Cyrano vient la voir : il est une gazette vivante Les bruits de la ville et de la Cour sont transmis à la recluse volontaire, par son ironique cousin. La peur

= ee n du ridicule a scellé le secret d'smour sur ses lèvres, Il

DE

est changé un peu d'aspect phisique, el ce soir il semble souffrir pour la prennere fois.

Pauvre Cyrano IE porte des blessures à la téle qu'un laquais soudové par ses ennemis lui 4 infligées, en lui jelant une bûche par une fenétre, Pâle et brisé, il demande à Roxane la permission de lire la dermére lettre de Christian et malgré l'ombre de la nuit, qui se répand sur le jardin mélancolique, il la hit avec toute son âme, Roxane reconnait Fauteur de la lettre elle supplie de vivre, Etdans un sourire triste, non sans avoir ferraillé contre les fantômes des Lâchelés. des Compromis, du Mensonge, il expire debout, fier, drapé d'orgueil, comme un empereur romain,

Les Cyrano, Les Paillasse, tous ces fous du cœur el de Fesprit, constituentQune humanité spéciale, Hs sont les bouffons sublimes qui tranchent sur le tableau de la civilisation. HS ont jeté quelques cris déchirants el profonds dont le retentissement se prolongera dans les siécles futurs. Dans notre siècle d'égoïsme et de pruderie, ils détonnent un peu, On n'a pas méme le temps d'essaver de les comprendre et méme dans cel étonnement amusé qu'on leur prodigue, il n'est pas bien sûr qu'il n'v entre pas du mépris. Is ont cet honneur, eux, d'étre de vrais

incompris. Le romanesque ne les tue pas. Hs en sont

l'âme méme et vous savez qu'on ne l'a pas encore tuée.

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En marge d'Œdipe roi

A Madame AÀ. Pezzoli.

Thèbes est ravagée par la peste, Le peuple, répan-

dant des larmes et des prières, S'amasse autour du palais roval et demande assistance au roi. Pour ealmer ses sujets accablés par le fléau, Œdipe à délégué à l'oracle de Delphes, Créon, le frère de son épouse,

Mais le courroux céleste S'appesantira sur la cité tant que le meurtre de Laïus, l'ancien roi thébain, ne sera pas vengé, C'est l'arrél formel que Créon à rapporté de la bouche des dieux eux-mêmes,

Il existait alors un devin chargé d'ans et de sagesse et qui possédait les secrets du passé et°de Favenir, On l'amène, le presse de quesS'ions el alors devant linsistance passionnée du peuple jui veut Lout savoir il déclare que Fassasin de Laïus, est Œdipe, coupable

d'inceste et de meurtre, Le roi se cabre de révolte :1l

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lait chasser Tirésias en qui il voit un ennemi CONspiant à la destruction de son autorité, Tout lui est suspect. EL ceux qui partagent sa puissance, il les voudrait briser entre ses mains, Créon est exilé. Œdipe ne peut se souffrir coupable de tant de hontes. Il a hesoin de croire que cela est faux et afin de donner à cette fragile croyance un simulacre de vérité il estinjuste, il prête aux autres des mobiles qui sont étrangers à leurs actes, à leurs pensées, C'est vainement que son imagination en délire lui ouvre des échappées vers la région sereine des devoirs accomplis et de la consciencesans tache, Lui, qui avait vaincu le sphvnx en lui arrachant la clef de l'énigme, le voilà devenu un mystère vivant qui s'acharne à se découvrir, Son état d'âme mi-inconscient, mi-livré aux morsures du doute le tient suspendu dans l'angoisse, Le désespoir grandit peu à peu en son âme. Il ouvre toutes grandes les portes à sa mémoire pour aller y chercher des souvenirs, des légendes entendues jadis autour de son berceau et qui, peut-être, apaiseront sa torture en le sauvant. Il se rappelle qu'un soir à Corinthe, au milieu d'un festin, on lui a dit qu'il était un enfant trouvé sur le chemin. Œdipe alors, voulant se libérer de ses doutes, était allé consulter l'oracle de Delphes qui lui révéla son passé, lui prédit qu'il épouserait sa mère et que d'elle, sortiraient des

enfants, fruits üe l'inceste. Afin d'échapper à son

EN MARGE D'ŒEDIPE-ROI [SJ

desUin, il prit la fuite et sur sa route S'étant querellé avec un vieillard, ille tua,

L'épouse Jécaste, de son côté, croyant démontrer la fausseté de la prophétie du devin, raconte que Laius, suivant une prédiction, devait être tué par son fils, Mais, pour mpécher ce parricide, au palais de Thèbes, aussitôt qu'un enfant naissait, on lui pereail les pieds el un berger allait Je porter dans la montagne, EU d'ailleurs, on aurait tort d'ajouter une loi insensée à cette hisboire d'assassinat de Laïu: par Œdipe, C'est à l'embranchement des trois chemins, entre Thébes et Daulis, que l'ancien roi a péri. Ces efforts mutuels en vue d'écarter les images sinistres apportent un calme momentané... Un messager de Corinthe vient annoncer que Polvhe étant mort, Œdipe à été désigné, par le suffrage unanime, comme SON sUCCesseUr,

Œdipe bouleversé, rfuse, I craint que la prédie- Uon fatale ne S'accomplisse à Corinthe, Mais, il n'est pas longtemps dupe des faits accomplis, un berger de Laïus vient témoigner de la vérité déjà mille fois prouvée, Jocaste, folle de douleur, court se pendre elle pauvre Œdipe s'étant crevé les veux, s'achemine sur les routes de l'exil, après avoir pressé surson âme

ses enfants adorés,

Voilà le drame réduit à ses traits essen'” s, C'est un sommet de l'art théâtral... Je n'ai rien vu d'aussi

fort, de plus musclé, de plus tendu vers la perfection. C'est l’exallation des lignes pures, des lumières fortes et dominatrices et qui, tout de même, renferment assez de mystère pour effleurer les parties profondes de l'être humain.

La réalité v coudoie le divin : deux mondes se mélangent pour nous donner, en une synthèse vigoureuse et nette, la vision d'un art harmonieux et rare. De cette ascension vers les sources originaires de Ja pensée humaine, il nous reste un éblouissement, une espèce d’adoration devant les règles éternelles du vrai.

Involontairement, vous surprenez à vos lèvres ces vers d'Alfred de Musset : | « Regrettez-vous le temps où le ciel sur la terre »

« Marchait et respirait dans un peuple de Dieux » « Où Vénus Astarté, fille de l'onde amère, »

« Secouail, vierge encore, les larmes de sa mére, »

« Et fécondait le monde en tordant ses cheveux ? «

….. Sons roses nnr en nnen e non essen ess ssesssssessssosossse

On se sent reporté vers les lointains des races et ce «primitif » si plein d’élan, de trépidation vierge à l’aube des civilisations, garde une vertu rafraichissansante. Dessin tout clair des paysages qui virent des peuple nombreux, ignorant les virtualités de l’ave-

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nir, mais fiers d’attester qu'ils avaient la vie et de la communiquer à la matière environnante, Nation rieuse sur des lits de roses, que l'idée du sacrilice arrachait, pourtant, à la frénésie de vivre et de créer, Frémissement impalpable de l'âme d'Tphigénie, envolée dans le rovaume des ombres. et qui, sur le bord du néant, lançait à la vie, le rire perlé de sa bouche fine.

Ce qui se dégage de ce chef-d'œuvre, c'est une impression violente, colorée, de la douleur, meurtrissant jusqu'aux racines de l'âme, L'idée du mal pénètre avec une telle force, qu'elle ébranle les fondements de la vie d'Œdipe.

’auvre grand roi, qui se forge ses chaines ! Crovant chercher le coupable, il se cherche lui-même. À son insu, c’est contre lui qu'il appelle la colère des dieux et d’un geste terrible de colère, il règle l'avenir de sa propre existence. Il + à quelque chose de poignant dans cette enquête du crime commis par ce juste coupable, À mesure qu'il avance vers l’affreuse vérité, et qu'un mot, tel un éclair, illumine ce qui l'entoure, il a l'âpreté de savoir jusqu'au bout, dût cette lumière crue et totale le foudrover là, devant son peuple qu’il adore.

Mot à mot, il arrache du vieillard tremblant qui est à ses pieds, le secret de l'énigme. Il exhale en cris son désespoir. Dans sa rage douloureuse, il voudrait

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effacer avec le revers de sa manche cette obsession incrustée dans les membranes de son cerveat, L'ébrile, laissant tomber de ses lèvres des paroles de révolte, il serre dans des mains crispées, son front battu par la fièvre. [se prosterne devant l'autel des dieux et de sa poitrine en feu, sortent, wémissantes, élouffées. des lamentations infinies, Un moment, il se ravise, L'espoir fou d'échapper aux lois funestes l'incite à promener un regard autour de Jui, un de ces regards qui cherchent la paix, avec la physionomie coutumière des choses. IE a juste le temps d'envelopper d'un dernier regard d'adieu son palais somptueux, ses richesses el ses trésors. Condamné par le destin, il presse en sa prunelle dilatée, la minute éblouie qui lui reste. Demain, ce sera la nuit, l'irréparable vu, touché, senti.

Ses imprécations suivies d'exteutions inutiles et barbares ont éludé, un moment, la question précise, lancinante. Elle renaît d'elle-même ; elle est charriée par son sang qui lui bat aux tempes. Chaque essai de protestation enfonce en lui la vérité, qui sortant du passé, l'assiège el le torture, F = marche sur lui, écrasante et pleine d’insolent : omphe.

Comme dans Purne qu'un poison subtil remplit et nuance de diverses couleurs, le feu de la vérité s'empare de ce front couvert de honte, de ces joues

tirées et livides, de cette bouche convulsée en un

et ise, rive ssal ant lui,

pht rite ues

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