‹ Le théâtrè a Namur au 18e sìecleChapitre 2 sur 5 · XXI · texte numérisé non relu

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l'époque précédente; le niagislrat entreprit de remettre de l'ordre dans les finances qui, depuis de nombreuses années, étaient dans une situation fort peu brillante. Les comptes communaux de ce temps trahissent de la part des administrateurs de Namur la louable préoccupation de ramener la prospérité dans leur ville : des subsides, entre autres, furent alloués aux habitants qui voulaient transformer leurs maisons faites en bois. C'est dans ces documents que l'on constate aussi que la fête annuelle n'eut pas lieu pendant plusieurs années, paisuite de la conjoncture des temps. Aussi ne faut-il pas s'étonner si les troupes de comédiens s'éloignèrent pendant dix ans de notre ville qui ne leur offrait pas de ressources suffisantes. Ce n'est qu'en 1723, qu'un directeur d'acteurs italiens et de danseurs de corde, Antoine Fonprez, sollicita l'autorisation de donner quelques représentations : cette permission lui fut accordée, à la condition que son répertoire ne contînt rien de contraire aux bonnes mœurs.

Le goût des spectacles dramatiques était entré dans les habitudes de la société namuroise; si les bourgeois de Namur s'intéressaient à ces représentations, celles-ci étaient surtout fréquentées par les familles nobles et les fonctionnaires civils et militaires, établis dans notre ville. Les officiers de la garnison, particulièrement, devaient constituer une clientèle fidèle pour les comédiens en tournée. Aussi un Namurois, nommé Braconnier, entrepril-il d'élever un théâtre bien agencé et qui serait mis à la disposition des troupes de passage. Cette nouvelle salle de spectacle fut érigée en la Neuve-ville en 1723. Deux ans plus tard, elle fut occupée par un groupe de

comédiens italiens, dirigé par les sieurs Sainl-Louis et Nie. Bienfait : ce fut l'occasion d'un grave conilit entre le niayeur de Namur et le comte de Lannoy de Clervaux, gouverneur de la province.

Au début du mois de septembre 1725, les directeurs de la troupe italienne s'adressèrent au gouverneur pour obtenir l'autorisation de donner quelques soirées théâtrales. A la suite de la permission qui leur fut accordée, ils firent afficher aux carrefours de la ville des billets annonçant la représentation pour le 46 septembre. Le mayeur ^ et les échevins intervinrent et voulurent interdire le spectacle annoncé, faisant valoir qu'à eux seuls appartenait le droit d'accepter ou de refuser les troupes de comédiens dans leur ville ;, ils intimèrent aux acteurs l'ordre de quitter Namur dans les vingt-quatre heures. Le jour de la représentation, le lieutenant-mayeur se présenta au théâtre avec ses sergents et procéda à l'arrestation des deux directeurs; ceux-ci s'empressèrent de porter plainte contre le magistrat au Conseil provincial. A son tour, le comte de Lannoy-Clervaux intervint d'une manière non moins énergique : il se rendit, avec ses douze gardes et accompagné de deux échevins, aux prisons où avaient été conduits les comédiens, et les fit mettre en liberté, malgré les protestations du magistrat. La déposition de ce dernier affirme même que le gouverneur alla jusqu'à maltraiter les geôliers de la prison et donner l'ordre d'arrêter les sergents qui voudraient s'opposer au départ des sieurs Saint-Louis et

1 C'élail alors Jeaii-Krançois il'llinsliii.

Bienlait. Le mayeur et les échevins s'adressèrent alors à l'Empereur, le suppliant d'interdire au Conseil provincial de s'occuper de cette affaire et de donner les ordres au gouverneur pour (jue les coupables fussent remis en prison. La plainte fut portée au grand Conseil de Malines, des enquêtes et des contre-enquêtes eurent lieu, pour aboutir en tin de compte à autoriser, après des excuses faites au magistrat, les comédiens à rester à Namur. Voici l'affiche qui annonçait le spectacle pour le 30 septembre :

Pai^ Permission la Troupe des Comédiens Italiens

représenteront aujoiirdliui dimanche ^o septembre

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